Controverse: Radio-Canada met en pause les nouveaux abonnements à ICI RDI sur Prime Video

Guillaume Picard
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Radio-Canada, qui avait soulevé un tollé en ratifiant une entente rendant ICI RDI disponible sur Prime Video, recule.
Se disant « sensible aux préoccupations du public », le diffuseur public a annoncé vendredi avoir « demandé à Prime Video de mettre en pause le signal de la chaîne pour de nouveaux abonnements ».
Radio-Canada affirme qu’il pourra ainsi « finaliser les discussions avec les distributeurs canadiens afin que le signal d’ICI RDI soit disponible par abonnement sur ICI TOU.TV », sa propre plateforme.
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Ainsi, d’ici la fin de la journée de vendredi, le signal d’ICI RDI ne sera pas disponible pour de nouveaux abonnements sur Prime Video, et ce, « tant que l’abonnement au signal d’ICI RDI ne sera pas aussi disponible sur ICI TOU.TV », a-t-on expliqué dans un communiqué.
« Il n’était pas acceptable pour le Bloc Québécois que le diffuseur public priorise la diffusion en ligne de RDI chez un géant du Web [Amazon] hostile aux mesures de protection de notre écosystème médiatique et culturel et proche de l’administration américaine de Donald Trump », a souligné vendre Martin Champoux, porte-parole du Bloc Québécois en matière de Patrimoine.

Le gouvernement Carney préfère se tenir loin de cette controverse. Comme la semaine dernière, le bureau du ministre de la Culture et de l’Identité canadienne, Marc Miller, dit être « au courant de la décision d’affaires » de CBC/Radio-Canada et invite les médias à contacter le diffuseur public plutôt que le gouvernement fédéral.
D’anciens journalistes et patrons de Radio-Canada ont dénoncé collectivement cette décision dans le contexte où l’industrie canadienne se bat à armes inégales contre les GAFAM, que sont Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Dans une lettre publiée dans les médias, les six cosignataires parlaient d’un partenariat « extrêmement regrettable », « irréfléchi » et « irresponsable », demandant à Radio-Canada de reculer.
Alain Saulnier, ancien directeur général de l’information de Radio-Canada et auteur des essais Les barbares numériques : Résister à l’invasion des GAFAM et Tenir tête aux géants du Web, avait aussi condamné cette entente.
« Ça illustre le fait que tout le système qui avait été développé, qui se basait sur la câblodistribution et la câblodiffusion, est en train de s’écrouler complètement », avait-il dit à l’Agence QMI.
« Pour Radio-Canada, c’est une belle option à court terme d’aller sur Prime Video, mais tout ce que ça fait, c’est nourrir encore plus la bête, qui est un géant américain du Web, et on nourrit davantage notre propre dépendance à l’égard de ces mêmes géants du Web américains », avait-il ajouté.
Depuis l’annonce de l’entente entre Radio-Canada et Prime Video, la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada, Marie-Philippe Bouchard, a été convoquée au Comité du patrimoine pour expliquer ce qui a incité le diffuseur public à signer une telle entente.
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