Contre-tarifs: des contrecoups pour les consommateurs québécois, selon l’Institut du Québec
Gabriel Côté
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Le plan de riposte d’Ottawa aux tarifs de Donald Trump affectera directement le portefeuille des Québécois en provoquant une hausse des prix à l’épicerie et lors de l’achat d’électroménagers.
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«Cet impact touchera les consommateurs de l’ensemble du Québec», conclut une note d’analyse réalisée par l’Institut du Québec publiée lundi.
L’étude porte sur les impacts des mesures de riposte annoncées par le gouvernement fédéral au début du mois de février. Ce plan prévoit l’instauration de contre-tarifs sur quelque 1200 produits américains, dont des aliments, des vêtements, des meubles et des alcools, advenant le cas où l’administration Trump met bel et bien sa menace à exécution.
Ainsi, des contre-tarifs de 25% s’appliqueront dès le 4 mars sur 30 milliards $ d’importations de produits américains, suivis d’une éventuelle deuxième vague touchant 125 milliards $ supplémentaires.
«Les consommateurs québécois seront directement touchés par les hausses de prix sur les biens de consommation comme les électroménagers, les meubles, les vêtements et les produits alimentaires», écrivent les auteurs de la note d’analyse.
«On va le sentir»
Les effets de la guerre tarifaire seraient particulièrement importants dans les allées de l’épicerie, opine l’expert en agroalimentaire Sylvain Charlebois.
«Si les tarifs et les contre-tarifs sont de 25%, on pourrait voir une différence de 5% en quelques jours seulement dans le prix des produits frais et des produits surgelés et plus encore si le dollar faiblit davantage», explique-t-il en entrevue avec Le Journal. «Mais déjà 5%, c’est considérable. On va le sentir.»
Cela fera d’autant plus mal que les Québécois disposent de peu de solutions de rechange pour certaines catégories de produits, comme les tomates, dont les États-Unis sont notre principal fournisseur.
«Les consommateurs peuvent continuer d’éviter les produits américains», renchérit M. Charlebois. «Mais ce n’est pas toujours facile, car certains produits qui viennent de l’international sont distribués par des compagnies américaines et seront donc touchés par les contre-tarifs.»
Et le prix de l’essence?
Quant au prix de l’essence, tout porte à croire qu’il demeurera stable malgré les tarifs de part et d’autre de la frontière, selon l’analyste Dan McTeague.
«Les tarifs feront diminuer le prix du brut, mais la baisse de la valeur du dollar canadien fera en sorte que l’impact sera neutre pour les consommateurs», prévoit-il.
«Il reste à voir ce que Donald Trump va décider de faire. S’il repousse encore de quelques semaines les tarifs comme il l’a fait le mois dernier, un moment donné les marchés ne le croiront plus, comme le garçon qui criait au loup», ajoute M. McTeague.
Rappelons à ce propos que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a affirmé dimanche que les États-Unis imposeront des droits de douane au Canada et au Mexique, mais que ceux-ci pourraient ne pas atteindre la barre des 25%.
Quelques produits visés par la riposte d’Ottawa
– Jus d’orange
– Beurre d’arachide
– Vin, bière, café
– Appareils électroménagers
– Vêtements et chaussures
– Cosmétiques
Une occasion?
Dans son étude, l’Institut du Québec soutient également que les contre-tarifs éventuellement mis en place par Ottawa pourraient «créer [les mêmes occasions] que Trump cherche à générer aux États-Unis». Les auteurs donnent l’exemple du bois d’œuvre, un secteur où la riposte canadienne pourrait inciter des entreprises québécoises qui s’approvisionnent aux États-Unis à le faire après de fournisseurs locaux et ainsi ouvrir un nouveau marché aux producteurs québécois.
«Cependant, dans cette guerre de tarifs sur le bois, le Québec serait bien plus touché par les tarifs américains sur ses exportations que par des contre-tarifs sur ses importations», puisque le Québec «exporte plus de bois d’œuvre vers les États-Unis qu’il n’en importe», rappelle la note d’analyse.