Contrats «morts» : la LNH exorcisera-t-elle ses fantômes?


Nicolas Cloutier
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Pavel Datsyuk. Marian Hossa. Shea Weber, deux fois. Ces joueurs ont été échangés alors qu’ils avaient officieusement pris leur retraite, dans l’unique but d’équilibre des colonnes dans les fichiers Excel des équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH). Les contrats «morts» ou contrats «fantômes» illustrent la dérive d’une LNH devenue plus que jamais une ligue comptable dans la dernière décennie.
Pour le réputé agent Allain Roy, il est temps de se pencher une fois pour toutes sur ces cadavres de contrats.
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«Des équipes achètent des contrats morts pour se rendre au plancher, expose-t-il au bout du fil. Ça va prendre des règlements plus détaillés dans la prochaine convention. Il faut des solutions, parce que ça affecte le produit sur la glace.»
Dès qu’il était question de ces contrats «fantômes», les feus Coyotes de l’Arizona avaient le nez fourré dans l’affaire. Cette formation pauvre ne voulait pas dépenser de l’argent et préférait gonfler artificiellement sa masse salariale en obtenant les contrats de joueurs qui passeraient la saison allongés sur le canapé.
N’ayons pas peur des mots, les contrats fantômes sont un peu gênants pour la LNH. C’est un angle mort de la convention collective que l’on exploite au lieu d’utiliser cet argent pour offrir un meilleur produit aux partisans. Si on se met dans les souliers d'un agent comme Allain Roy, aussi, c'est de l'argent qui ne va pas dans les poches d'un joueur actif.
Le danger qui nous guette, c’est que la situation pourrait empirer avec un plafond salarial beaucoup plus élevé dans les trois prochaines années; on s'attend à ce qu'il passe de 88 millions $ aujourd'hui à 113,5 millions $ en 2027-2028.
«Je pense qu’il y a des équipes qui auront un budget interne, craint notre intervenant. Ça pourrait être un problème, si elles prennent la décision consciente de ne pas se rendre au plafond.»

Les équipes moins fortunées n’auront pas forcément envie de sortir 113,5 millions $ des coffres, particulièrement en pleine reconstruction.
«Je pense que ça fait peur à tout le monde un peu, s’inquiète Roy, qui représente entre autres Kaiden Guhle, Jakub Dobes et Dylan Cozens. Si tout d’un coup, les équipes décident : "Bon, on ne va pas plus haut que 90 millions $", eh bien là, ça pose problème pour la Ligue, parce que la compétition ne sera pas la même.»
Une solution assez simple : rapprocher le plancher salarial du plafond. En ce moment, le plancher est établi à 65 millions $, soit à 23 millions $ du plafond actuel de 88 millions $. En resserrant l’écart, les équipes se voient forcées de délier les cordons de la bourse.
«Si j’étais dans le syndicat, moi, je pousserais pour un plancher plus élevé, mentionne Roy, qui précise que la Ligue n’a pas encore fait circuler des projections pour le plancher dans les prochaines années. Je m’attends à ce que le plancher, oui, soit plus élevé, mais il faut qu’il soit plus élevé ET plus proche du plafond.»
Et, bon Dieu, légiférons sur les contrats morts. Exorcisons les fantômes.
Parce que Weber n'a aucunement l'intention de revenir au jeu.