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Contrat de Slafkovsky: les indicateurs sont au jaune foncé

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-11-26T23:30:56Z

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La Ligue nationale de hockey (LNH) compte trop peu de gestionnaires révolutionnaires, des têtes de hockey qui réinventent la façon de construire une équipe, qui n’entendent pas le bruit extérieur.

Il y a trop de directeurs généraux dans cette ligue qui regardent continuellement ce qui se passe chez leurs voisins et qui essaient de reproduire le modèle à succès de leurs opposants, dont une tendance que je m’explique très mal.

Celle de couvrir d’or un kid de moins de 22 ans qui est au cœur de son contrat d’entrée. Un kid habituellement issu de la première ronde du repêchage, mais qui n’est pas un joueur franchise, encore moins générationnel.

Offrir une pluie de millions $ à Connor McDavid ou Connor Bedard, parfait. Mais offrir 60 millions $ et plus à des gars de 20 ans qui demeurent encore des énigmes, je ne comprends pas.

L’an dernier, en dépit de ses succès en deuxième moitié de saison, le débat a fait rage sur ce plateau concernant Juraj Slafkovsky. Mon point était simple: le clan Slafkovsky et le clan Kent Hughes-Jeff Gorton avaient tout intérêt à consentir le plus long contrat-pont possible au jeune attaquant.

«Slaf» avait encore une année à écouler à son contrat d’entrée. Il venait de marquer 20 buts et d’amasser 50 points, mais il n’avait eu qu’une seule séquence productive de 35 matchs en deux campagnes.

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Le Canadien lui a consenti 7,6 millions $ par saison pendant huit ans, entente qui va commencer la saison prochaine. Actuellement, on peut dire que Slafkovsky ne vaut pas autant d’argent. Il lui reste heureusement beaucoup de temps pour justifier cette rétribution, mais, pour l’heure, les indicateurs sont au jaune foncé.

Dans le passé, les Sénateurs d’Ottawa ont commis la même erreur. Pierre Dorion a consenti 64 millions $ pour huit ans à Thomas Chabot alors qu’il restait une année à son contrat d’entrée. Il venait d’amasser 55 points, mais depuis sa meilleure campagne en six ans a été de... 41 points.

Pas rassasié, le bon Pierre a répété sa gaffe avec Jake Sanderson à qui il a consenti 64,4 millions $ sur 8 ans en septembre 2023 alors qu’il restait aussi une saison à son contrat d’entrée. Sanderson venait d’amasser 32 points. Il a grimpé à... 38 l’an dernier.

Je comprends que Hughes et Gorton soient 100% derrière la toute première sélection de leur règne à la direction hockey du Canadien.

Mais je pense que la question est légitime. Est-ce qu’ils n’auraient pas dû s’entendre sur un contrat-pont avec le géant Slafkovsky? Exactement comme ils l’ont fait avec Kirby Dach, un autre haut choix qu’ils ont acquis via transaction?

Le CH a trainé avant de s’entendre avec Dach. Résultat, contrat pont de quatre ans à moins de 3,4 millions $ par saison. Avec ce que l’on voit actuellement, difficile de dire que Hughes et Gorton n’ont pas agi avec brio.

Comme Marc Bergevin l’avait fait lors du contrat de 4,5 millions $ par année pendant six saisons consenti à Max Pacioretty après un contrat pont de deux ans suivant son contrat d’entrée. Comme il l’avait fait avec Brendan Gallagher et son entente de 3,75 millions $ par saison pendant six ans à l’issue de son contrat d’entrée, travail gâché par une entente bonbon à 6,5 millions $ par saison par la suite.

Je suis sous impression que Hughes et Gorton ont misé loin devant avec Slafkovsky en se disant qu’après seulement deux saisons sur huit de son contrat le plafond salarial allait atteindre 100 millions $. Voir loin devant est une qualité essentielle à un architecte hockey, mais payer d’avance pour services loin d’être rendus et pour lesquels on a peu de garanties me semble hasardeux.

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