Contrat à court ou à long terme pour Slafkovsky?: on a tenté d’évaluer ce qu’il pourrait coûter


Kevin Dubé
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Tout le monde s’entend pour dire que la progression de Juraj Slafkovsky est plus que positive. La question maintenant est de savoir si l’échantillon est assez grand pour que Kent Hughes tente de s’entendre tout de suite avec le grand Slovaque sur un contrat à long terme. La réponse, elle, est un peu plus complexe et on a tenté de répondre du mieux qu’on peut.
Une chose qu’il faut mettre au clair pour commencer: il n’y a pas de presse. «Slaf» a écoulé les deux premières années de son contrat d’entrée dans la LNH et la saison 2024-2025 sera la dernière, à un salaire qui comptera pour 950 000$ sur la masse salariale de l’équipe.
Le Canadien a donc l’option d’attendre et de laisser le grand ailier slovaque disputer une troisième saison dans la LNH et pour avoir l’assurance qu’il est en mesure de produire au même rythme qu’il l’a fait lors de la deuxième moitié de la saison 2023-2024.
Mais il existe un «danger»: celui que Slafkovsky explose en 2024-2025 et commande ensuite un salaire plus élevé que celui qu’il exigerait présentement. Parce que le CH peut s’entendre avec Slaf présentement, mais ce pacte ne débutera quand même qu’à la fin de son contrat de recrue, donc au début de la saison 2025-2026.
Combien ça coûterait, s’entendre à long terme avec lui, en ce moment? On a utilisé quelques-unes des comparaisons les plus récentes de joueurs présentant le profil de Slaf et qui ont signé une entente à long terme après la deuxième année de leur contrat de recrue: Jack Hughes, Nico Hischier et Tim Stützle. Voici tout d’abord ce que ça donne.
Jack Hughes

Repêché au premier rang au total en 2019, Hughes a mis un peu de temps avant de sortir de sa coquille... comme Slafkovsky. Même qu’après ses deux premières saisons avec les Devils, le joueur de centre affichait une moyenne de points par match inférieure à celle de «Slaf» (0,46 c. 0,5). Croyant en son potentiel, les Devils lui ont tout de même consenti un contrat de huit ans à 8 M$ par année, au tout début de la troisième année de son contrat de recrue. Avec du recul, les Devils ont eu la main heureuse puisqu’à 8 M$, il s’agit maintenant d’une aubaine pour celui qui fait partie des jeunes super vedettes de la LNH.
Nico Hischier

Les Devils avaient utilisé la même stratégie avec Hischier, qu’ils avaient aussi réclamé au tout premier rang deux ans avant Hughes, en 2017. Le centre suisse avait toutefois produit plus offensivement que Hughes et Slafkovsky (0,65 point par match après deux saisons complètes) et, en octobre 2019, soit au tout début de la troisième année de son contrat d’entrée, ils lui ont accordé un contrat de sept saisons qui lui rapporte 7,25 M$ par saison. Une autre bonne affaire puisque Hischier avoisine le point par match depuis deux ans en plus d’être efficace dans toutes les situations et d’être le capitaine de la formation.
Tim Stützle

Troisième choix au total en 2020, Stützle a réussi des saisons de 29 points en 53 matchs, puis 58 en 79 parties à ses deux premières saisons dans la LNH. Les Sénateurs ont ensuite cru bon lui offrir un contrat de huit ans et 8,35 M$ en septembre 2022, avant qu’il n’entame la troisième année de son contrat d’entrée. Depuis, le dynamique Allemand a enchaîné des saisons de 90 et 70 points, en 78 et 75 matchs respectivement. Certains diront que c’était beaucoup d’argent, mais les Sens se sont surtout assurés de conserver ses droits, quelque chose qui était devenu difficile avec les joueurs vedettes pour les Sénateurs depuis quelques années (Erik Karlsson, Mark Stone, etc.).
Le mieux est-il d’attendre?
On peut donc se douter qu’une signature à long terme pour Slafkovsky, présentement, tournerait autour des 8 M$ par saison, semblable aux contrats de Nick Suzuki et Cole Caufield, qui ont paraphé des ententes identiques de 8 ans à 7,875 M$ par année. Kent Hughes doit toutefois se demander s’il est raisonnable de faire de Slafkovsky le joueur le mieux payé de l’équipe, devant le capitaine, avec l’échantillon dont il dispose.
Et si l’équipe attendait de voir ce qu’il fera à sa troisième année professionnelle avant de prendre une décision?
Ça peut fonctionner.
Les Sénateurs ont attendu trois ans dans le cas de Brady Tkachuk (qui a finalement signé pour sept ans et 8,2 M$), tout comme les Hurricanes avec Andrei Svechnikov (huit ans, 7,75M$) et les Sabres avec Dylan Cozens (sept ans, 7,1M$), et ça n’a pas coûté beaucoup plus cher. Les Sénateurs avaient aussi attendu trois ans avec Josh Norris, qui avait passé la majorité de sa première saison dans la Ligue américaine de hockey, avant de lui offrir huit ans et 7,95 M$. Un contrat qui vieillit mal, présentement, en raison des nombreuses blessures de Norris.
Ce qu’on note, quand même, c’est que le salaire annuel demeure toujours aux alentours de 8 M$.
Et si l’équipe décidait d’y aller d’un contrat à court terme?
Cette option du contrat «pont» ou «transitoire» a été utilisée au cours des dernières années avec des joueurs au profil et au potentiel de Slafkovsky:
- Elias Pettersson en 2021 (0,93 point par match à ses trois premières saisons)
Contrat pont: 3 ans, 7,35 M$
Contrat suivant: 8 ans, 11,6 M$ - Mat Barzal en 2021 (0,88 ppm)
Contrat pont: 3 ans, 7 M$
Contrat suivant: 8 ans, 9,15 M$ - Patrik Laine en 2019 (0,78 ppm)
Contrat pont: 2 ans, 6,75 M$
Contrat suivant: un an, 7,5M$ puis 4 ans, 8,7 M$ - Trevor Zegras en 2023 (0,77 ppm)
Contrat pont: 3 ans, 5,75 M$
Contrat suivant: à suivre - Pierre-Luc Dubois en 2020 (0,68 ppm)
Contrat pont: 2 ans, 5 M$
Contrat suivant: un an, 6 M$ et 8 ans, 8,5 M$
Difficile présentement d’évaluer quel scénario est le plus comparable au cas de Slafkovsky puisqu’il n’a toujours pas disputé sa troisième saison dans la LNH. Dans la plupart des cas énumérés ci-dessus, la production des joueurs était supérieure à celle de Slafkovsky après deux saisons. Tout dépendra donc de ce que le grand Slovaque fera en 2024-2025.
Plusieurs options s’offrent donc à Kent Hughes et il a encore du temps devant lui, puisqu’une prolongation de contrat ne sera pas possible avant le 1er juillet prochain.
Il s’agit maintenant de choisir la meilleure.