Continue comme tu le fais, Félix!


Marc de Foy
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Félix l’a dit lui-même après sa victoire contre Alex de Minaur. « Ce n’est pas fini. Les gros défis sont devant moi. » C’est vrai et si ça peut le stimuler encore plus, je lui dis qu’il n’a aucune chance de gagner.
Il est beaucoup question du caractère du tennisman de 25 ans depuis qu’il est sorti de sa coquille à Flushing Meadows. On dit qu’il joue avec plus de hargne et qu’il est enfin animé de l’instinct du tueur.
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Félix, lui attribue ses succès à ses efforts à l’entraînement, à une plus grande maturité et à une meilleure écoute des gens faisant partie de son équipe. On le ne contredira pas là-dessus.
Mais il n’y a pas que ça.
Félix joue en ce moment avec l’assurance qui distingue les grands joueurs. Il dit à son adversaire : « Ce n’est pas toi qui vas me battre! »
Le tennis a beau être considéré un sport noble, il faut avoir du chien pour dominer. Bjorn Borg et Ivan Lendl sont peut-être les joueurs de tennis les plus zens que j’ai vus, mais il y en a eu plusieurs autres qui étaient moins tranquilles.
Jimmy Connors était un grand gueulard à ses heures. John McEnroe rendait les arbitres fous. Ilie Nastase n’était pas du monde.
Novak Djokovic a ses écarts de conduite.
Une chance que Roger Federer et Rafael Nadal étaient là pour remonter la moyenne.
Tous les joueurs que je nomme ici ont gagné. Qu’on les ait aimés ou pas, qu’on les adule ou qu’on les déteste, ils ont marqué leur sport.
La différence entre les grands et les bons
Au tennis, que vous soyez un homme ou une femme, vous faites face à deux adversaires sur le court. Votre rival et vous-même. Et un troisième si vous passez votre temps à blâmer les arbitres.
Sans dépasser les bornes, Félix Auger-Alliasime aura tout à gagner s’il demeure le joueur intense que l’on voit actuellement après le US Open. C’est ce qui différencie les grands des bons joueurs.
Patrick Roy était à son mieux quand on le défiait. J’étais à ses côtés dans le garage du Forum, quand il a déclaré en 1993 à une poignée de journalistes qui avaient eu la patience de l’attendre après un entraînement en fin de journée, que le temps était venu d’arrêter de respecter les Nordiques.
Mario Roberge s’est mis sur le cas de Ron Hextall le soir suivant et Patrick a recommencé à jouer avec grandeur.
La suite est passée à l’histoire.
Vendredi, je serai encore devant mon téléviseur, pour voir Félix jouer. Et j’espère qu’il jouera encore dimanche.
S’il fallait que...