«Construire plus et plus rapidement»: la ministre Duranceau dévoile sa stratégie en habitation
Agence QMI
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La ministre responsable de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, a annoncé jeudi, à Trois-Rivières, son plan pour accélérer la construction de dizaines de milliers de logements à travers le Québec et contrer la crise du logement.
Le but de sa stratégie reste assez simple: «construire plus et plus rapidement».
«La crise est importante depuis plusieurs années, l’offre est insuffisante», a noté la ministre.
Avec cette stratégie, il n’y a pas d’argent frais annoncé par Québec, mais la promesse de construire 560 000 nouvelles unités d’ici 10 ans.
«En ce moment avec le rythme des mises en chantier, il va falloir quintupler les mises en chantier d’ici 2030 pour atteindre les chiffres établis par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), donc c’est majeur», a rappelé Fabrice Fortin, directeur des relations gouvernementales et affaires publiques pour l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).
Mme Duranceau a d’ailleurs révélé 25 mesures et une soixantaine d’initiatives qui ont déjà été réalisées, qui sont en cours ou qui sont à venir.
«Il faut absolument travailler plus efficacement pour que les résultats soient au rendez-vous», a-t-elle mentionné lors de la mêlée de presse.
Parmi les solutions proposées, elle compte avoir recours à des matériaux préfabriqués ou encore à la construction modulaire pour accélérer la production.
La ministre a aussi précisé qu’elle aurait en main une centaine d’endroits appartenant au gouvernement qui pourraient être transformés en logements.
En collaboration avec les municipalités
En ce qui concerne la collaboration avec les municipalités, elle affirme que l’État poursuivra ses investissements, mais de manière plus souple. Elle a notamment évoqué le projet de philanthropie Unitaînés, qui permet la réalisation de logements pour les personnes aînées.
«Je veux m’assurer que les sommes d’argent vont aller vers les municipalités ou les choses vont se produire, vont arriver», a-t-elle précisé.
L’Union des municipalités du Québec, de son côté, promet l’ouverture des villes, tout en ajoutant que «la plus grosse réalité présentement, ce sont les taux d’intérêt avec les promoteurs. Ça, on en entend peu parler dans la stratégie. On s’attendait à avoir plus d’audace à cet égard-là», a indiqué le premier vice-président à l’UMQ, Guillaume Tremblay.
Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, a pour sa part déploré que les pouvoirs spéciaux octroyés par la ministre ne s’appliquent pas pour les villes comptant moins de 10 000 habitants. «On oublie 90% des municipalités au Québec.»
Finalement, Mme Duranceau a promis de construire plus de 23 000 appartements sociaux ou abordables pour les ménages qui éprouvent de la difficulté à joindre les deux bouts. Elle n’a pas effectué de distinction claire entre ces deux types de logements, mais elle réitère qu’elle veut aider les familles avec d’autres programmes.
Toutefois, la ministre n’a pas annoncé d’argent supplémentaire lié à sa stratégie. Elle soutient que le gouvernement a déjà investi 6,3 milliards $ en habitation, «dont 3,7 milliards qui seront déployés dans les prochaines années».
«Si on n’a pas de cible claire sur des logements réellement abordables, sans but lucratif, on risque malheureusement de demeurer dans cette crise de logements, on aura de plus en plus de familles qui doivent aller à la banque alimentaire après avoir payé le loyer», a toutefois fait remarquer la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme.
Québec promet de faire d’autres annonces plus spécifiques liées à cette stratégie au cours des prochaines semaines.
– Avec les informations d’Anne-Marie Lemay