Considérés comme trop petits: des recruteurs de la LNH «n’ont même pas le droit» de regarder les défenseurs de moins de 6 pi, 2 po


Kevin Dubé
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SHERBROOKE | «C’est rendu qu’on se fait dire par les recruteurs de la moitié des équipes que si un défenseur mesure 6 pi, 1 po, et même des fois 6 pi, 2 po, ils n’ont même pas le droit de les regarder.»
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Cette phrase nous a été lancée dans une discussion informelle avec un agent de joueur, récemment. Et il n’exagère pas. Des recruteurs nous ont confirmé que plusieurs dirigeants préfèrent se tenir loin des défenseurs de petit gabarit.
«En arrivant au repêchage, on sait que la moitié des clubs ne repêcheront pas de Russes et qu’une autre moitié ne touchera pas aux petits défenseurs», mentionne l’un d’eux, qui assure ne pas avoir de directive de la part de ces patrons à cet effet.
Qu’on le veuille ou non, la tendance dans la LNH est en train de revenir aux défenseurs plus imposants physiquement. Lors du dernier repêchage du circuit Bettman à Los Angeles, en juin dernier, aucun défenseur repêché dans les sept rondes du repêchage ne mesurait moins de six pieds.
Et c’est là qu’entre en jeu Xavier Villeneuve.
Le défenseur de l’Armada de Blainville-Boisbriand est le meilleur espoir québécois de la cuvée 2026. Lundi, la Centrale de recrutement de la LNH lui apposait la cote d’espoir «A», signifiant qu’il est considéré comme un espoir de premier tour.
Il est le seul Québécois à avoir obtenu ce statut et l’un des deux seuls représentants de la LHJMQ avec le Russe Egor Shilov, des Tigres de Victoriaville.
Tout ça, alors qu’il mesure 5 pi, 11 po et pèse 157 lb.
Pas dérangé
Le sujet était donc inévitable dans les couloirs du Palais des sports Léopold-Drolet, lundi matin.
Villeneuve venait de finir de s’entraîner en vue du match des meilleurs espoirs que la LHJMQ organise pour la première fois cette année afin de donner plus de visibilité à ses talents, et qui aura lieu mardi soir à Sherbrooke.
Et c’est Villeneuve qui en sera la tête d’affiche, mais à la lumière des tendances exprimées par les agents et les recruteurs, même si Villeneuve terminait ce match avec 7 buts et 12 passes, des recruteurs préféreraient passer.
«Rendu là, les équipes ont leurs préférences et décident ce qu’elles veulent faire avec ça. De mon côté, je joue ma game et je sais que l’équipe qui va me prendre va être très satisfaite», a-t-il assuré lorsqu’un collègue, qui visiblement entend les mêmes choses que l’auteur de ces lignes, lui racontait qu’un recruteur-chef d’une équipe de la LNH lui avait confié qu’une vingtaine de clubs de la LNH ne le regarderaient pas parce qu’ils ne cherchent pas ce genre de défenseur.
Excité «au boutte»
À un certain point dans la mêlée de presse, on a senti le besoin de lui poser une question qui nous brûlait les lèvres.
«Sur une échelle de 0 à 10, à quel point t’es écœuré de te faire poser des questions sur ton gabarit?»
Après avoir souri, le jeune défenseur y est allé d’une réponse qui nous a un peu surpris.
«Honnêtement, je sais que je n’ai pas fini d’en entendre parler, mais j’aime ça, a-t-il assuré. Quand les gens me disent ça, ça me donne une autre occasion de prouver à ceux qui ne croient pas en moi qu’ils ont tort. Je suis excité au boutte!»