Connor Hughes chez le Rocket de Laval: «voleur de job» professionnel
Débarqué de Suisse, le gardien n’a pas l’intention de rester auxiliaire bien longtemps


François-David Rouleau
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En débarquant à Laval après sept saisons en Ligue nationale suisse, Connor Hughes ne venait pas jouer les touristes et le second violon derrière le gardien Jakub Dobes chez le Rocket. Non, il tente de saisir possiblement l’unique chance qu’il aura dans sa carrière en Amérique du Nord, celle de s’établir comme gardien titulaire et faire son chemin jusqu’à la Ligue nationale de hockey (LNH). Et comme il l’a fait en Europe, il doit prendre sa place et saisir le filet.
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«Il a souvent été l’auxiliaire dans sa carrière et il a volé des jobs de gardien numéro un à cause de ses performances», lâche d’entrée de jeu l’entraîneur-chef Pascal Vincent à propos de son portier de 28 ans qui se signale depuis le début de la saison dans la ligue américaine.
«Il n’est pas venu ici pour rester l’auxiliaire toute sa vie», ajoute-t-il, disant apprécier son travail, son attitude et sa hargne devant le filet. «Il a un objectif en tête et on aime ça. On a une bonne compétition interne. Dans sa tête, il s’en vient voler des jobs et il le fait de la bonne façon. Je suis bien d’accord avec ça.»

Par là, Vincent illustre la réalité du hockey professionnel. Peu importe les contrats et les statuts, les performances priment.
Avec Dobes sur le carreau chez le Rocket, Hughes obtient une chance en or de se signaler comme il le fait depuis son arrivée à Laval.
En restant respectueux envers son coéquipier, Hughes convient que le hockey professionnel est un sport d’occasion en temps et lieu. Il se trouve à Laval pour exceller devant le filet. Et pendant que Dobes soigne une blessure qui ne le tiendrait pas hors circuit trop longtemps, il prend son poste.
Chemin en Suisse
«Dans ce sport, si tu obtiens une bonne occasion, tu es mieux d’en retirer le maximum, car certains ne l’obtiennent pas et ne l’obtiendront peut-être jamais, soutient-il.
«J’ai été chanceux dans ma carrière et j’en suis très reconnaissant. J’ai obtenu des chances, je me suis signalé et jusqu’à présent, ça fonctionne.»

Retour en arrière quand Hughes a quitté les ligues mineures de l’Ontario et posé ses pénates en terres helvètes à l’aube de la campagne 2017-2018 dans la pire équipe de la ligue suisse, appelée auparavant Ligue nationale B. Il a survécu à Tessin avant de déménager à Langenthal, où il a offert de bonnes performances.
Assez pour attirer l’attention du HC Fribourg-Gottéron et devenir l’auxiliaire de Reto Berra, l’ancien des Ducks d’Anaheim et de l’Avalanche du Colorado.
Il y a fait sa niche durant deux saisons avant de prendre la relève de Berra, blessé en 2022-2023. Il en a ainsi profité pour afficher un excellent rendement de 2,32 buts alloués par match et une efficacité de ,907, ce qui l’a placé parmi les meneurs du meilleur circuit helvète.
Vers la finale
Et le Lausanne HC l’a ensuite invité, en 2023-2024, à partager le filet avec Kevin Pasche, qu’il a surpassé à ses 19 matchs de saison et en séries éliminatoires. Il y a amené son club jusqu’au septième et ultime match en finale face aux Lions de Zurich. Sans toutefois lever la coupe, il a affiché une efficacité de ,920.

Sous de chaudes recommandations de ses dépisteurs, de ses conseillers et entraîneurs spécialisés, comme le rapportait en juin le collègue Marc Antoine Godin, de Radio-Canada, le CH lui a donc accordé une chance en l’amenant à Laval avec un contrat d’un an. Il formerait ainsi un bon duo avec Dobes.
En fait, jusqu’à ce qu’il le surpasse au fil de ses bonnes sorties et qu’il avance ainsi dans sa mission à s’établir comme gardien numéro un venu de nulle part.
«C’est sûr qu’avant, les gens connaissaient Dobes et ne connaissaient pas Connor, indique Vincent. Mais là, il est en train de se sortir de l’ombre.»