Connor Bedard: d'un bambin malhabile sur la glace à un prodige du hockey

Kevin Dubé
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Connor Bedard n’a pas eu une enfance bien différente de celles de la majorité des jeunes canadiens qui grandissent dans un pays où le hockey est roi. Même que ce ne fut pas le coup de foudre instantané lorsqu’il a mis des patins pour la première fois.
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«On l’a amené, sa sœur et lui, patiner pour la première fois lors de séances de patinage libre et il tombait sans arrêt, rigole son père, Thomas, lors d’un long entretien avec Le Journal. Je ne suis pas certain qu’il aimait ça tant que ça au départ. Il a vraiment commencé à apprécier ça à quatre ans quand il a arrêté de tomber et qu’il a pu commencer à patiner avec de l’équipement de hockey. À partir de là, même quand il tombait, ça faisait moins mal. Et son intérêt s’est développé quand il a pu jouer avec un bâton et une rondelle et qu’il pouvait faire autre chose que tourner en rond.»

Surdoué
Il faut dire qu’avant même de commencer à patiner, Bedard avait déjà un intérêt pour ce sport.

«Je regarde beaucoup de hockey alors ç’a peut-être permis de piquer sa curiosité. Par contre, même avant de patiner, il avait toujours un bâton et une balle dans la maison.»

Bedard commence donc son parcours de hockey et, dès ses débuts, démontre des aptitudes au-dessus de la moyenne.

«Après sa première année, qu’on appelle Hockey 1 ici, les responsables ont pris la décision de lui faire sauter une étape et de passer directement à Hockey 3 la saison suivante. Par la suite, ç’a toujours été comme ça, il a toujours joué un niveau de plus que son âge», rappelle son père.

Et même s’il affronte des joueurs plus vieux, année après année, et qu’il est presque toujours le plus petit joueur de son équipe, Bedard continue de dominer.
«On savait qu’il était bon dans le moment présent parce qu’il faisait bien contre des joueurs de son âge, mais on n’a jamais pensé au futur, à la LNH ou au repêchage, assure Thomas Bedard. Il y avait beaucoup de gens qui venaient nous voir en nous disant que Connor était bon, mais qu’un jour, il serait rattrapé par les autres joueurs de son groupe d’âge. On a toujours vécu dans le moment présent.»

Éclosion
La saison 2018-2019 aura probablement été celle où Thomas Bedard a réalisé que ce qu’on disait de son fils n’était peut-être pas exagéré. Après une première année dominante dans les rangs pee-wee, on offre à la famille Bedard de faire le saut directement au niveau bantam la saison suivante, plutôt que de rejouer avec le même groupe d’âge.

Certes, Bedard avait déjà vécu l’expérience de jouer contre des joueurs plus vieux et s’en était toujours bien sorti. Cette fois, par contre, c’est un peu différent.
«Le niveau bantam est celui où on introduit la mise en échec et Connor n’avait jamais plaqué ni été plaqué par personne. Il devait peser 115 lb et on lui demandait d’aller jouer contre des joueurs plus vieux, dont certains frôlaient les 180 lb. On savait que de retourner pee-wee ne serait pas un gros défi pour lui, mais il y a une ligne entre être en sécurité dans un calibre inférieur ou être testé, mais que quelque chose puisse t’arriver. Au final, Connor voulait monter au niveau supérieur et on a accepté.»

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce fut la bonne décision. À 13 ans seulement, Bedard conclut l’année avec les Warriors de l’Académie West Van avec une récolte de 64 buts et 88 points en 30 matchs, ce qui lui permet de terminer au premier rang des pointeurs du circuit, 12 points devant son plus proche rival.

À ce moment, une graine est semée. Connor Bedard a peut-être l’opportunité de réaliser quelque chose qu’aucun joueur dans l’Ouest n’a réussi avant lui : obtenir le statut de joueur exceptionnel.