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Italie 2026: Laurent Dubreuil, le papa lévisien qui chauffe les jeunes monstres du patin

«Je crois que je peux les battre une journée donnée et ça représente de beaux défis.»

Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2026-02-01T05:00:00Z

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Même si les victoires sont beaucoup plus difficiles à obtenir, Laurent Dubreuil se sent choyé de rivaliser avec des patineurs qui compteront parmi les meilleurs de l’histoire quand ils accrocheront leurs longues lames.

Vainqueur du classement cumulatif de la Coupe du monde en 2022 et 2023, Dubreuil croise le fer depuis trois ans avec le phénomène américain Jordan Stolz, que plusieurs considèrent déjà comme le meilleur patineur de l’histoire même s’il n’est âgé que de 21 ans.

Le Néerlandais Jenning De Boo brille également de tous ses feux à seulement 22 ans.

PHOTO D'ARCHIVES, DIDIER DEBUSSCHÈRE
PHOTO D'ARCHIVES, DIDIER DEBUSSCHÈRE

« Si je prétendais que Stolz et De Boo ne sont pas de meilleurs patineurs que moi, ça serait mentir, mentionne Dubreuil d’entrée de jeu. Je crois néanmoins que je peux les battre une journée donnée et ça représente de beaux défis. »

Stolz multiplie les triplés au 500 m, 1000 m et 1500 m au championnat mondial depuis 2023 et il sera évidemment le grand favori à Milan-Cortina, lui qui a fait ses débuts olympiques à l’âge de 17 ans en 2022 à Pékin.

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Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

« Ça ne me dérange pas du tout d’affirmer que Jordan Stolz est le meilleur patineur de l’histoire. Oui, Eric Heiden a été exceptionnel, mais Stolz a réussi plusieurs triplés au championnat mondial à une époque où les patineurs se spécialisent. Ses succès ont mis le patinage de vitesse sur la mappe aux États-Unis. »

« Pendant 15 ans, il n’y a pas eu de grandes vedettes en longue piste et l’or était plus accessible, de poursuivre le médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Pékin sur 1000 m. En deux ans, Stolz et De Boo sont arrivés. Ça réduit mes chances de médailles, mais c’est super bon pour notre sport. »

Heiden a notamment remporté cinq médailles d’or individuelles (500 m, 1000 m, 1500 m, 5000 m et 10 000 m) aux Jeux de Lake Placid en 1980 avant de se consacrer à ses études en médecine.

« Une génération qui a poussé le sport plus loin »

Dubreuil se dit choyé de patiner à une époque où le sprint a le vent dans les voiles. « C’est valorisant de faire partie d’une génération qui a poussé le sport plus loin, souligne-t-il. Nous sommes des patineurs d’exception. C’est valorisant de réussir un temps phénoménal, même si ça ne suffit pas pour que je remporte une médaille. À 33 ans, je ne suis pas vieux dans la vie, mais c’est vieux en patinage de vitesse. »

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Dubreuil accueille ce défi de rivaliser avec Stolz et De Boo avec enthousiasme. « À la retraite, la poursuite de l’excellence est ce dont je vais m’ennuyer le plus, raconte-t-il. Je veux être le meilleur au monde. C’est tellement ambitieux, mais c’est la raison pour laquelle je m’investis autant et que je porte attention à chaque détail. »

« Ça peut sembler terrible comme approche, d’ajouter Dubreuil, mais j’aime ça. C’est la passion que je vais garder jusqu’à mon dernier tour de piste à 80 ans. »

La vitesse allume au plus haut point le père de deux jeunes enfants. « Contrairement au ski où la gravité fait le travail, c’est notre effort qui procure ce sentiment de vitesse en patinage, (...) un sport où le mouvement ne semble pas naturel. On patine penché et le dos rond. Quand tu patines bien, tu ressens la même chose que lorsque tu réussis un bon coup au golf. »

Un coup de pouce financier complètement inattendu du pays ennemi

Photo DIDIER DEBUSSCHERE
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Laurent Dubreuil a reçu un coup de main complètement inattendu d’une grande fan de patinage de vitesse sur longue piste qui est à la tête d’une des plus grandes entreprises aux Pays-Bas.

Après le championnat mondial sprint en Norvège en mars 2024, Dubreuil a pris la direction des Pays-Bas avec le triple médaillé olympique Kjeld Nuis pour rencontrer Inge Wessels, propriétaire de l’empire familial VolkerWessels en compagnie de sa sœur Gérita.

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Si elle est à la tête d’une entreprise qui compte plus de 16 000 employés répartis au sein de 130 entreprises dans quatre pays, dont le Canada, la femme d’affaires est aussi une grande adepte de patinage de vitesse et est derrière l’équipe professionnelle Reggeborgh, du nom d’une de ses filiales.

« Kjeld me disait que Inge était une grande fan de moi parce qu’elle aimait mon attitude et ma façon de célébrer mes bonnes courses. Je capotais ben raide parce qu’il y a plein de champions aux Pays-Bas. »

Photo DIDIER DEBUSSCHERE
Photo DIDIER DEBUSSCHERE

Des vacances qui débutent bien

Après une rencontre au siège social de l’entreprise avec les hauts dirigeants, Dubreuil est revenu au Québec sans aucune attente. En voyage pendant la saison estivale en Estonie avec sa famille, il a reçu un appel.

« C’était notre première journée en Europe et je me suis retrouvé assis sur un banc de parc pendant une heure à discuter avec la propriétaire alors que ma femme et les enfants visitaient la ville, raconte le médaillé olympique de Pékin sur 1000m. Nous avons convenu [lors] d’une entente verbale que l’entreprise allait m’appuyer financièrement pour les deux prochaines années. Ça débutait bien les vacances. »

Au printemps 2025, Dubreuil a rencontré les employés de VolkerWessels basés à Calgary alors que la Coupe du monde s’arrêtait en Alberta.

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« Ma commandite représente des peanuts comparativement au salaire que reçoit Kjeld, souligne Dubreuil. C’est tout à fait normal parce que ma valeur marchande n’est pas la même. Lors des essais nationaux aux Pays-Bas, les patineurs portent les couleurs de leur équipe professionnelle et non de l’équipe nationale comme c’est le cas aux Jeux olympiques. Les meilleurs gagnent des centaines de milliers d’euros. »

Un lien spécial avec les Pays-Bas

Dubreuil n’a jamais caché son souhait d’intégrer une équipe professionnelle néerlandaise pour vivre une expérience unique dans un pays qui est la Mecque du patinage de vitesse sur longue piste.

Si le contexte est moins favorable qu’il y a quatre ou cinq ans parce qu’il est maintenant père de deux jeunes enfants et que les règles encadrant les patineurs étrangers dans les équipes néerlandaises risquent de se resserrer à court terme, Dubreuil est très heureux de cette entente. « C’est un plaisir de collaborer parce que c’est une fan de sport et de patin et qu’on partage la même passion ainsi que des valeurs communes. Ça m’aide financièrement, mais c’est surtout une belle histoire avec des gens qui ont des valeurs familiales. Depuis toutes les années que je patine et les amitiés nouées, j’ai aussi un lien spécial avec le pays. »

Des souvenirs d’il y a 20 ans ont remonté à la surface quand Dubreuil a officialisé son entente avec l’entreprise néerlandaise. « Je me suis souvenu de la première bourse que j’ai reçue à l’âge de 13 ou 14 ans. Nous étions en voiture et mon père a reçu un appel de la Fondation de l’athlète d’excellence [maintenant ALEO]. J’étais ému parce que quelqu’un croyait en moi dans la poursuite de mon rêve. Le montant n’avait pas d’importance. »

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