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Confrontation des 4 nations: un plaidoyer pour Caufield

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-11-21T23:22:33Z

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Mon collègue et ami Kevin Dubé a jeté un pavé dans la mare jeudi avec un texte sur ses choix concernant l’équipe américaine en vue de la Confrontation des 4 nations de février prochain. J’ai été abasourdi de lire Kevin, qui suggère que Cole Caufield pourrait rater la coupure...

Je me suis dit: «Mais comment les décideurs américains pourraient se passer d’un marqueur naturel comme Caufield? Et surtout, à la faveur de qui?»

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Avec la sélection d’emblée de six joueurs, le choix des trois attaquants américains est indiscutable: Austin Matthews, Jack Eichel et Matthew Tkachuk seront des meneurs incontestés pour les États-Unis.

Kevin voit Matthews et Eichel réunis sur un premier trio et ajoute que Jack Hughes, au centre des frères Tkachuk, serait formidable sur une deuxième unité. Je suis assez d’accord avec cette proposition. Toutefois, je sursaute en lisant que Kev choisirait Jake Guentzel pour compléter Matthews et Eichel.

Je me dois ici de m’inscrire en faux avec rapidité autant qu’avec véhémence. Jake Guentzel au détriment de Cole Caufield? Je suis en désaccord complet.

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Guentzel est un excellent joueur de hockey, qui cumule d’excellentes statistiques en carrière. Son actuelle saison tient la route avec un point par match jusqu’ici à Tampa Bay.

Mes arguments dans le cas de Guentzel ne sont pas statistiques. Lorsque l’on doit faire une sélection nationale, il est impératif de composer une recette à partir de tous les ingrédients que l’on juge nécessaires pour faire lever le gâteau, rendu aux fourneaux.

En ce sens, lorsque Kevin suggère d’entourer Jack Hughes des frères Tkachuk, je crie au génie. C’est un fit absolument parfait, un naturel qui assure à Hughes un tournoi de rêve et aux sélectionneurs des États-Unis un deuxième trio qui, dans les faits, pourrait fort bien devenir leur trio le plus stable et dominant.

Matthews et Eichel sont des joueurs exceptionnels. Matthews est générationnel et Eichel est dans une phase de sa carrière où il répond au-delà des attentes placées en lui par les Sabres de Buffalo au moment de sa sélection.

Ce sont toutefois deux gars qui peuvent tomber au neutre à tout moment. Si ça arrive aux deux en même temps, le tournoi des Américains pourrait dérailler. Les chances sont de faibles à très faibles, mais ça pousse quand même à réfléchir à qui est le meilleur fit pour compléter les deux sensations.

La suggestion de Guentzel n’est pas dénudée de sens. Guentzel est un métronome. Ces chiffres de saison et de séries sont quasi identiques, mais voilà ce qui m’agace: il n’élève pas son jeu dans les grands rendez-vous.

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Peu importe la situation, c’est un gars d’un point par match en saison si on arrondit, un peu moins en séries. C’est surtout un gars qui a cumulé ses chiffres en œuvrant avec un Sidney Crosby au zénith et cette saison avec Brayden Point et Nikita Kucherov.

Il y a fort à parier que Guentzel ne sera pas un facteur négatif s'il est utilisé avec Matthews et Eichel en février, et c’est là qu’intervient ma plus grande objection.

Pourquoi ne pas prendre la chance de voir ce trio exploser avec un gars comme Caufield? J’imagine très bien les vétérans Matthews et Eichel agir en grands frères avec le diminutif Cole, qui est leur cadet de quatre et cinq ans respectivement.

L’énergie contagieuse de Caufield, sa fougue en valeur ajoutée, son sourire légendaire, son plaisir de performer sur la glace sont autant de qualités qui ne peuvent que tenir Matthews et Eichel sur la pointe des pieds.

Si Cole Caufield ne perce pas le top 6 des Américains, je pense qu’il va rater ce tournoi, qui présentera pourtant plusieurs matchs ici à Montréal, et je pense, indépendamment de la vente de billets, que ce serait une grave erreur.

La présence de Bill Guerin comme patron des États-Unis m’inquiète un brin. L’ADN de Guerin pointe vers Guentzel plus que vers Caufield. Guerin voudra sur ses troisième et quatrième trios des gars aux physiques imposants et très responsables sur 200 pieds, ce qui n’est pas la force de Caufield.

Guentzel lui est supérieur défensivement, ce qui n’est pas nécessairement un argument en faveur de Caufield qui se doit d’être du top 6, sans quoi il regardera le tournoi depuis son salon ou dans un tout inclus.

Est-ce que Guentzel peut faire partie du bottom six? Certainement! À la place d’un Jason Robertson, qui n’a pas une bonne saison jusqu’ici? Si ça va au mérite, pourquoi pas. D’ailleurs, si ça va vraiment au mérite, Guerin doit loger Caufield à la gauche de Matthews et Eichel.

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