Confrontation des 4 nations: le match des matchs

Jean-Nicolas Blanchet
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C’est beaucoup plus qu’un duel entre deux équipes de hockey samedi soir au Centre Bell.
C’est de savoir quel pays est la plus grande puissance de hockey masculin dans le monde.
C’est de savoir quel pays enseigne le mieux le hockey.
C’est de savoir quel pays développe le mieux le hockey.
Ce sont deux pays plongés dans une guerre commerciale ridicule et méprisante.
C’est le capitaine des Maple Leafs qui veut nous battre, chez nous, avec le chandail d’une autre équipe.
C’est Sidney Crosby qui veut prouver qu’il peut encore dompter les jeunes talents exceptionnels.
C’est Connor McDavid contre Auston Matthews.
C’est une partie de la foule qui dénonce qu’une autre partie hue les Américains, pendant que l’autre partie dénonce que l’autre ne manifeste pas de colère.
C’est de la politique qui s’invite. Et tout le monde peut bien répéter 1000 fois que la politique ne doit pas se mêler à tout ça, mais c’est impossible.
C’est un avant-goût pour la finale de ce tournoi, probablement.
C’est un avant-goût des Jeux olympiques de Milan, dans un an.
Bref, c’est beaucoup de choses, ce match-là.
Où en est le Canada?
La dernière fois qu’il y avait une confrontation «meilleurs contre meilleurs» entre les deux pays, c’était en 2016 à la Coupe du monde de hockey. Le Canada avait gagné 4-2.
Je continue tout de même de douter de la valeur de cette Coupe du monde. D’abord, c’était en septembre, quand les joueurs sont loin d’être au sommet de leur forme.
Deuxièmement, car les joueurs de 23 ans et moins ne jouaient pas pour leur pays. Par exemple, Johnny Gaudreau aurait dû faire partie de l’équipe des États-Unis.
Il faut donc remonter à Sotchi, en 2014, pour ce que j’appellerais le dernier vrai affrontement «meilleurs contre meilleurs» entre le Canada et les États-Unis. Carey Price avait été brillant et les Canadiens l’avaient emporté 1-0, avant de battre la Suède beaucoup plus facilement pour remporter la médaille d’or.

Le Canada avait une équipe de rêve. Les États-Unis aussi. Mais ce n’était pas comparable.
Oui, ils avaient Patrick Kane et un Phil Kessel au sommet de son art. Mais ils avaient aussi des Paul Martin, Paul Stastny et Brooks Orpik. Ou de jeunes Derek Stepan et James van Riemsdyk.
Ce n’était pas un mauvais club. Mais le Canada avait Crosby, Toews, Weber, Bergeron, St-Louis, Perry, Getzlaf, Keith, Doughty... On est quand même ailleurs.
Le tout-puissant
Ça fait 11 ans. Et en 11 ans, il s’en est passé des choses dans le développement du hockey, tant aux États-Unis qu’au Canada. Il n’y aura pas de Paul Martin pour les États-Unis samedi soir. Même pas proche.
Les meilleurs joueurs américains se comparent maintenant beaucoup plus aux meilleurs joueurs canadiens.
Samedi soir, nous pourrons donc voir si les États-Unis nous ont rejoints ou même dépassés comme puissance mondiale du hockey.
La différence est facilement attribuable au programme national de développement américain des 18 et 17 ans et moins, comme l’a raconté mon collègue Dave Lévesque.
Sur les 23 joueurs de l’équipe américaine, 18 ont fait partie de ce programme.
Mais ça ne doit pas impressionner tant que ça Sidney Crosby, Nathan Mackinnon et Connor McDavid, tout ça. Chacun d’entre eux a souvent été qualifié de meilleur joueur de hockey au monde. Ils vont tout faire pour que personne ne change d’idée.
Petite anecdote: j’héberge des pee-wee de l’Avalanche du Colorado cette année. Et je regardais le match Canada-Suède mercredi avec l’un d’eux. Il est convaincu que le Canada va gagner le tournoi. Il n’y a même pas de doute dans son esprit.
Je trouvais ça comique de l’écouter, alors qu’ici, j’entends tellement de gens dire complètement l’inverse. Après le premier match, les maisons de paris favorisent maintenant les États-Unis, par une faible marge, devant le Canada.
Bon match!