Conflit Israël-Hamas: Pourquoi l’Égypte est-elle réticente à accueillir les Gazaouis?
TVA Nouvelles
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Bien que sa population soit propalestinienne, elle ne serait pas nécessairement ouverte, tout comme son gouvernement, à accueillir des réfugiés en provenance de Gaza pour des raisons liées à l’immigration, à la sécurité et à l’économie.
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C’est ce qu’explique la correspondante en Égypte pour le journal Les Échos, Justine Babin, en entrevue au TVA Nouvelles.
«La population égyptienne est foncièrement propalestinienne depuis le début du conflit, affirme la journaliste. Elle ne justifie pas les actes du Hamas, mais fait preuve d’un très fort soutien envers la population palestinienne.»
«Paradoxalement, les autorités égyptiennes, mais aussi la population, ne sont pas en faveur du fait d’ouvrir les portes et de permettre un afflux massif éventuellement de réfugiés vers la péninsule du Sinaï et l’Égypte en général», ajoute-t-elle.
Le peuple et l’État ne souhaitent pas les milliers de Gazaouis que le pays accueillerait et y demeurent de façon permanente.
«Les Égyptiens et les autorités égyptiennes ont peur qu’en ouvrant les frontières, ça donne lieu à une immigration définitive des Palestiniens qui ne pourraient plus retourner à Gaza», soutient-elle.
«Ensuite, pour des raisons sécuritaires, parce que la péninsule du Sinaï est une région ultra militarisée, où passe un pipeline, une région où il y a eu ces dernières années des affrontements important entre l’armée et des groupes islamistes», continue Mme Babin.
À l’aube d’élections prévues en décembre, pas question pour le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi d’aller à l’encontre de l’avis de la population.
«Pour le moment, le président qui est candidat pour un troisième mandat n’est pas affecté du point de vue politique pour le moment puisque l’Égypte et sa population sont plus ou moins d’accord sur le fait d’ouvrir la frontière pour la population Gazaoui, mais à l’inverse de laisser passer quand même de l’aide humanitaire», mentionne la correspondante au Caire.
Il existe également des liens économiques importants entre Israël et l’Égypte.
«L’Égypte et Israël collaborent dans différents domaines, sécuritaires et économiques, avance Mme Babin. Donc dans les deux sens, il y a des liens importants et je pense que ni l’Égypte ni Israël n’ont envie de mettre un terme à cette collaboration.»
L’Égypte a tout de même accepté de faciliter l’évacuation d’environ «7000 étrangers» de Gaza par le point de passage de Rafah.
Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus