La représentante spéciale chargée par le gouvernement Trudeau de lutter contre l’islamophobie au Canada a déploré, mercredi, que la guerre entre le Hamas et Israël risque d’entraîner «une résurgence de l’islamophobie» au pays.
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Amira Elghawaby a publié, 10 jours après le déclenchement du conflit, une déclaration dans laquelle elle affirme avoir été «personnellement touchée» par les événements des jours, «en particulier la dernière attaque contre l’hôpital de Gaza et la tragédie humanitaire évitable qui est en train de se dérouler».

Mme Elghawaby a établi un parallèle entre le conflit actuel et les attentats du 11 septembre 2001. «Les musulmans, les Arabes et les personnes perçues comme appartenant à ces groupes se sont sentis collectivement blâmés, stéréotypés et victimes de profilage racial. Nous avons dû démontrer notre loyauté et nous avons subi des pressions pour condamner des actions sans rapport avec nos communautés», a affirmé la représentante spéciale qui craint que le même phénomène ne se reproduise.
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Pas un mot sur les victimes israéliennes
La déclaration diffusée par le bureau de Mme Elghawaby ne comporte aucune mention de l’attaque-surprise du Hamas qui a fait des centaines de victimes israéliennes et mené au déclenchement de la guerre, le 7 octobre.
Tout au plus, la représentante spéciale a évoqué, sans le nommer, l’antisémitisme en s’engageant à travailler avec le gouvernement du Canada pour «faire face au danger de la montée de l’islamophobie et de toutes les autres formes de haine.»
La nomination d’Amira Elghawaby, l’hiver dernier, avait fait controverse, particulièrement au Québec où le gouvernement de François Legault était allé jusqu’à réclamer sa démission.
Mme Elghawaby a, à plusieurs reprises par le passé, eu des propos controversés sur le Québec. Elle avait notamment réagi à un article d’opinion paru dans le Globe and Mail qui s’intéressait à la victimisation des Canadiens français par le colonialisme britannique en affirmant «je vais vomir». Elle a aussi critiqué vertement la Loi 21 sur la laïcité de l’État et l’ancienne charte des valeurs du gouvernement péquiste de Pauline Marois.
Invitée à s’expliquer après sa nomination, elle avait assuré qu’elle ne croit pas que les Québécois sont islamophobes et avait tempéré ses commentaires passés.