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Conflit à Postes Canada: pourquoi Purolator et FedEx demandent 45$ et 60$ pour envoyer une lettre?

Photo d’archives Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo portrait de Anne-Sophie Poiré
2024-12-11T13:29:59Z

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Alors que le conflit entre Postes Canada et ses employés persiste, plusieurs citoyens se plaignent du prix que demandent les entreprises privées pour la livraison d’une lettre. Comment expliquer que ces dernières facturent jusqu’à 50 fois plus cher que le service fédéral?

«Une lettre, d’habitude, ça coûte à peu près 2$ avec un timbre chez Postes Canada. Là, combien ça m’a coûté? 35,55$ pour envoyer une crisse de lettre avec Purolator. J’en revenais pas! En plus le gars m’a dit que j’étais chanceux parce qu’il m’avait mis la promo des fêtes», s’est insurgé Samuel Simard sur TikTok.

Il n’est pas le seul usager à dénoncer les tarifs des autres services d’expédition depuis le début de la grève des employés de Postes Canada, il y a près de quatre semaines.

Les Canadiens risquent toutefois de devoir s’y faire et continuer à utiliser les autres services d’expédition: le conflit ne risque pas de se terminer de sitôt.

La société d’État a rejeté mardi la dernière liste de propositions du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), qui comprend des augmentations salariales et des protections d’emploi.

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Jusqu’à 50 fois plus cher

Le prix de livraison d’une lettre standard par Postes Canada varie entre 1,15$ et 5,89$, selon la taille et le poids de l’enveloppe.

Et à combien doit-on s’attendre à payer avec une entreprise privée pour envoyer une lettre de moins d’une livre de Montréal à Québec, sans «service express» et dont le contenu est d’une valeur déclarée d’un dollar?

Des recherches rapides ont permis de constater qu’il en coûterait près de 23$ avec le service d’expédition UPS, entre 25$ et 30$ avec Delivro et 45$ avec Purolator, qui assure à 24 heures ne pas avoir «ajusté ses tarifs à la suite de l’interruption de travail à Postes Canada».

Avec FedEx, il faudrait débourser un peu plus de 60$ pour que cette même lettre se rende à destination.

Comment expliquer cet important écart de tarif?

Moins de lettres, plus d’adresses

«Postes Canada n’est pas une entreprise privée. C’est une corporation qui appartient à l’État et dont l’accès au service doit demeurer universel tant sur le plan territorial que financier», précise le professeur au département des sciences économiques de l’UQAM, Philippe Goulet-Coulombe.

Il faut dire que Postes Canada détient le monopole de la livraison de lettres au pays. Cette position lui permet de couper dans les coûts, selon l’expert.

La livraison de courrier coûte cher en ressources aux entreprises qui doivent se déplacer dans un secteur parfois pour une seule lettre.

«Le seul moyen d’offrir des prix aussi bas est d’être le seul joueur sur le marché du courrier», résume le professeur Goulet-Coulombe.

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«Le monopole naturel est dans l’intérêt du consommateur pour ce service, notamment en contexte de numérisation. Il y a moins de lettres à livrer, mais il faut aller à plus d’endroits étant donné la hausse de la population», explique-t-il.

En 2006, Postes Canada a livré 5,5 milliards de lettres partout au pays. Ce nombre a chuté à 2,2 milliards en 2023, indique le plus récent rapport annuel. Malgré la baisse de la demande, la société d’État doit continuer de distribuer du courrier à un nombre croissant d’adresses chaque année.

Les ménages canadiens recevaient en moyenne sept lettres par semaine en 2006, comparativement à deux l’an dernier.

Le juste prix

Il est difficile d’établir «le juste prix» pour la livraison d’une lettre, selon l’économiste Philippe Goulet-Coulombe.

Celui offert par Postes Canada semble plus aligné avec ce que les consommateurs devraient payer, estime-t-il.

«Quand on utilise FedEx, on bénéficie d’un service premium. L’entreprise n’a pas intérêt à entrer en compétition avec le marché de Postes Canada. Son intérêt est plutôt d’aller chercher des gens qui veulent payer plus cher, pour que ça aille plus vite et qu’ils aient un meilleur suivi», détaille le professeur.

«Si la grève se poursuivait pour plusieurs mois encore, il serait cependant dans l’intérêt des autres entreprises d’offrir des prix moins élevés pour la livraison du courrier», ajoute-t-il.

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