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Confiné à un fauteuil roulant à cause d'un triste accident, ce talentueux joueur de baseball est maintenant entraîneur à 14 ans

Édouard Tremblay, avec son père, Sébastien, est désormais l'un des entraîneurs des Athlétiques d'Alma.
Édouard Tremblay, avec son père, Sébastien, est désormais l'un des entraîneurs des Athlétiques d'Alma. Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-07-19T04:00:00Z

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Édouard Tremblay était un talentueux joueur de baseball. À 12 ans, un malheureux accident l'a toutefois privé de son merveilleux coup de bâton, le confinant à un fauteuil roulant, paralysé des jambes et très faible des bras. Mais il en aurait fallu plus pour dépouiller de sa passion l'adolescent résilient: deux ans plus tard, Édouard est désormais instructeur des frappeurs de son ancienne équipe.

La vie peut parfois changer en quelques secondes. En juillet 2022, le jeune athlète s'amusait chez un ami, près d'une piscine, dans laquelle il a malencontreusement chuté, allant se cogner la tête contre le fond. 

Les dommages ont été lourds. Trois vertèbres fracturées, qui l'ont paralysé jusqu'au cou. Son diaphragme étant paralysé lui aussi, Édouard a dû être intubé. Son cas était si sérieux qu'il a été transporté en avion ambulance d'Alma jusqu'au CHU Sainte-Justine, à Montréal. 

Cinq jours plus tôt, le receveur et lanceur disputait la Classique Bob-Bissonnette, à Québec, où il avait notamment pris part au concours de circuits. Il se retrouvait désormais devant une longue réadaptation, qui allait principalement se dérouler au Centre Marie Enfant, à cinq heures de sa maison où il n'allait revenir que 11 mois plus tard. 

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Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Le lanceur aux balles de feu

La vie de la famille Tremblay allait aussi changer du tout au tout à la suite de ce malheureux coup du destin, nous raconte son père, Sébastien. Ce dernier allait cesser de travailler afin de prendre soin de son garçon. Il fallait aussi changer la configuration de la demeure pour l'ajuster aux nouveaux besoins du jeune homme. 

Puis il y avait le baseball. Ce baseball qui faisait partie de la vie d'Édouard Tremblay depuis ses 4 ans et auquel il ne pourrait plus jouer, même si ses progrès en réadaptation ont été impressionnants: l'adolescent a notamment pu recommencer à bouger les bras. Et grâce à une récente intervention chirurgicale, il reprend aussi peu à peu le contrôle de ses doigts. 

Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Photo Agence QMI, Roger Gagnon

«Édouard avait commencé à jouer pour être avec ses amis», raconte son père, Sébastien, qui est lui-même entraîneur depuis plusieurs années. D'ailleurs, comme Édouard est un jeune homme «de peu de mots» – comme c'est souvent le cas à son âge! –, c'est le père qui répondra à la majorité des questions du Journal

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«Ça commence souvent comme ça. Mais on a rapidement vu qu'il était doué. C'était un excellent frappeur, qui jouait comme receveur. [...] Mais c'était aussi notre lanceur, avec ses balles de feu. Pendant les séries, ou pendant un tournoi, il avait retiré sept coureurs en tentative de vol.» 

«Édouard me l'a déjà dit»

Sur son fauteuil roulant, Édouard Tremblay aurait donc pu se dire, le cœur brisé, que c'en était fini, du baseball. Mais ce serait mal connaître la persévérance de l'adolescent, qui clairement, veut mener une vie la plus normale possible. 

Ainsi, quand son père lui a demandé s'il voulait entraîner avec lui les Athlétiques d'Alma, dans le bantam A, Édouard a dit oui. 

Et il n'allait pas agir comme figurant: «Au premier entraînement, j'ai noté qu'une fille de l'équipe avait un problème avec son élan. Quand je suis allé la voir pour lui en parler, elle m'a répondu: “Édouard me l'a déjà dit!”», lance Sébastien Tremblay. 

«Lorsqu'il jouait, Édouard pouvait parfois dire que ça ne lui tentait pas, d'aller à un entraînement, ajoute-t-il. Mais maintenant, lorsque je lui propose de prendre une journée de congé, parce que l'équipe s'entraîne tôt le matin, il me répond: “Non, non, j'y vais!”»

«Content d'être en vie»

Édouard n'était donc pas qu'un excellent joueur de baseball: il avait aussi l'œil et l'attitude d'un entraîneur. 

Mais ce qui semble toucher encore davantage son père, c'est de voir tout le soutien et l'amitié qu'il reçoit de ces coéquipiers qui sont maintenant devenus ses joueurs. Et même des équipes adverses.

«Il y a toujours un joueur qui s'assoit près de lui durant les matchs», souligne-t-il. 

Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Photo Agence QMI, Roger Gagnon

Et lorsqu'on lui fait remarquer à quel point cette touchante histoire a de quoi inspirer tous ceux qui doivent surmonter des obstacles de la vie, des petits comme des gros, Sébastien Tremblay précise:

«Édouard, il ne pleure pas sur sa situation. Il ne s'apitoie pas. Lui, il est juste content d'être en vie.»

«Les docteurs lui ont tellement dit qu'il aurait pu mourir, qu'il aurait pu être paralysé à partir des épaules, qu'il aurait pu être nourri avec un tube ou avoir une machine pour respirer toute sa vie. Alors juste qu'il soit rendu où il est, c'est son petit miracle.»

- Avec la collaboration de Rodger Brulotte

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