Conférences de la COP: plus d’un demi-million de dollars de frais de voyage payés
Des nuits d’hôtel, des repas et des billets d’avion ont été remboursés à des Québécois qui sont allés aux conférences de la COP


Francis Halin
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Billets d’avion, nuits d’hôtel, repas... plus d’un demi-million de dollars ont servi à payer la participation d’employés clés d’Investissement Québec, de la Caisse de dépôt et placement du Québec et de ministres du gouvernement Legault aux conférences sur le climat de la COP en trois ans.
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Au total, Investissement Québec (IQ) a payé 208 341$ pour que 15 de ses employés participent à la COP 26 (Royaume-Uni), la COP 27 (Égypte) et la COP 28 (Émirats arabes unis). À eux seuls, les déplacements ont coûté 106 323$, soit 51% de la facture (voir tableau).
Combien ont été dépensés en alcool? On l’ignore, car IQ n’a «aucun document ou système qui puisse compiler cette information», indique Danielle Vivier, à l’accès à l’information.

Marathon de rencontres
Au Journal, la porte-parole d'IQ, Catherine Salvail, souligne que l'organisation a pris part à une cinquantaine de rencontres d'affaires et une dizaines de pannels ces trois dernières années.
«Les équipes d’Investissement Québec Internationnal ont également organisé ou facilité 119 rencontres de maillage et 57 panels et activités économiques. Une dizaine d’annonces ont également été coordonnées», indique-t-elle.
«Au cours des quatre dernières années, nous avons contribué à plus que tripler les ventes fermes des entreprises qui nous font confiance dans leurs démarches d’internationalisation», illustre-t-elle.

De son côté, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a déboursé 125 477$ pour neuf personnes pour la même période. De cette somme, il y a 69 399$ de billets d’avion et de dépenses de transport, soit 55% des coûts de voyage (voir tableau).

À la Caisse, on dit avoir participé, lors de la COP 28, à une trentaine de tribunes et une cinquantaine de rencontres avec des partenaires. Certains échanges ont notamment porté sur des opportunités de décarbonation en Asie.

«Nous avons également profité de l’occasion pour faire découvrir la présence internationale de la CDPQ à d’importants partenaires en visitant deux actifs, soit le port de Jebel Ali et le métro de Dubaï (opéré par Keolis et voitures Alstom, deux entreprises en portefeuille)», souligne sa porte-parole Kate Monfette.
«En 2022, nos représentants ont participé à différents événements aux côtés de collaborateurs québécois comme Fondaction, de nos pairs canadiens comme OMERS et Investissements RPC, et d’acteurs internationaux et multilatéraux comme la Banque mondiale et plusieurs organismes spécialisés des Nations unies», ajoute-t-elle.
Fitzgibbon et Charette aussi
Dans le gouvernement Legault, des délégations des ministres de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, et de l’Environnement, Benoit Charette, étaient aussi présentes pour montrer les atouts du Québec.
En décembre dernier, Pierre Fitzgibbon a participé à la COP 28, aux Émirats arabes unis, avec sa sous-ministre adjointe et son directeur de cabinet adjoint. La facture jusqu’à présent? Un total de 34 868,55$, selon des documents publics du ministère.
En novembre 2022, le superministre et son directeur de cabinet s’étaient déplacés à la COP 27, en Égypte. Au total, le voyage avait coûté cette fois 42 589,29$.
Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, était aussi présent avec son sous-ministre, deux conseillers et un garde du corps. Le coût: 49 454,35$.
Une année avant, le ministre Charette et son équipe avaient pris part à la COP 26, au Royaume-Uni. La facture s’était élevée à 50 135,48$.
Pour les ministres, des rapports de mission peuvent être consultés en ligne. On y expose les objectifs, les faits saillants et les rencontres.
Retombées réelles?
Or, d’après Nicolas Gagnon, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables (FCC), ces factures restent salées et la transparence laisse à désirer.
«On ne sait pas si ces voyages-là ont eu de réelles retombées. On comprend que le gouvernement soit présent, mais pourquoi avoir autant de personnes?», s’interroge-t-il.
«Ont-ils voyagé en classe économique?», se demande-t-il à voix haute.
«Pas exagéré»
Mais pour Yan Cimon, professeur de stratégie à l’Université Laval, le Québec fait bien d’être présent à ces rencontres mondiales de haut niveau.

«Ça ne semble pas exagéré. Le Québec se positionne de plus en plus dans la filière de l’énergie verte, donc c’est normal d’être présent», nuance-t-il.
«Comme c’est le lieu de convergence mondial, et que c’est là que les décisions se prennent, c’est normal que le Québec veuille y être», conclut-il.
– Avec la collaboration de Sylvain Larocque
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