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Conclusion de la trilogie Fanette: finale éblouissante pour la saga à succès

Photo portrait de Marie-France Bornais

Marie-France Bornais

2022-10-22T04:00:00Z

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La talentueuse Suzanne Aubry présente une fin en feux d’artifice pour conclure la grande saga Fanette. Un monde nouveau, la troisième et dernière partie de Fanette : la suite, replonge les lecteurs dans des intrigues passionnantes. Autour de cette héroïne bien vivante et motivée par de grandes causes, les conflits et les mystères abondent. Au fil des pages, Fanette se transforme, tout autant que le Québec dans lequel elle milite pour le droit des femmes et les droits des ouvriers. 

Les fans de la série retrouvent une Fanette qui est loin de baisser les bras dans ce nouveau tome. Ne pouvant exercer sa profession de journaliste tant que son mari est au pouvoir, elle s’engage dans le Cercle des femmes pour le progrès, alors que le Québec se transforme au gré de l’avancement lent, mais constant, du féminisme.

Marie-Rosalie, sa fille aînée, se retrouve seule à Paris, sans ressources financières, et décide de se présenter aux auditions du Conservatoire de musique.

En parallèle, Madeleine Portelance prend la fuite en France avec sa compagne. Le redoutable chef de police Georges Duchesne est toujours à leurs trousses et Madeleine craint d’être accusée du meurtre de son ancien amant. 

La série Fanette se termine en beauté. « C’est un genre de feu d’artifice – c’est quand même la fin d’une grande saga. C’est le dixième tome », commente Suzanne Aubry, en entrevue. 

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Dix tomes ! Un travail colossal. « Si j’avais su, quand j’ai commencé, peut-être que je n’aurais même pas embarqué ! Finalement, au fur et à mesure que j’écrivais, je sentais que j’avais toujours quelque chose à dire. Dans l’Histoire, il y avait des faits très intéressants qui m’inspiraient. »

Épidémie de variole

Pour la troisième et dernière partie, qui se déroule en 1885, Suzanne Aubry s’est beaucoup documentée sur l’épidémie de variole qui a sévi à l’époque. 

Ce qu’elle a découvert en faisant ses recherches l’a sidérée. 

« Ça m’a jetée par terre : c’est exactement la même chose qu’aujourd’hui. Il y avait des antivax, des gens qui ne voulaient pas se faire vacciner et qui avaient peur des vaccins. Un médecin disait que les vaccins étaient dangereux. Il y avait des gens qui descendaient dans la rue et qui protestaient. Tout ce qu’on a vécu, et tout ce qu’on vit avec la pandémie, ça existait à cette époque-là. »

C’était une manne pour elle. 

« J’adore trouver des faits dans le passé qui éclairent le présent. Pour moi, c’est extrêmement important d’éclairer nos perceptions contemporaines avec les événements du passé. Je ne suis pas une nostalgique. Je ne veux pas revenir au passé. Ce qui m’intéresse dans l’Histoire, c’est ce que ça nous apprend sur la vie d’aujourd’hui. »

Dans le roman, elle évoque aussi un fait historique très important dans l’histoire canadienne : le procès et la mort de Louis Riel, chef du peuple des métis dans les Prairies. 

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« Ça fait longtemps que je voulais en parler. En 1885, c’est son procès. Un procès injuste qui se passe en Saskatchewan, avec un jury complètement anglophone et une défense nulle. Ils n’arrivaient pas à le défendre comme il faut parce qu’il était déjà condamné à l’avance. Ça a été très injuste, et moi, l’injustice, ça me révolte. »

Militante et progressiste

Par ailleurs, Suzanne Aubry se retrouve dans le côté militant de Fanette, qui s’engage dans les causes féministes et ouvrières. 

« Elle s’affranchit de plus en plus et est élue présidente du Cercle des femmes pour le progrès. Elle va suivre les traces de sa mère adoptive. » 

Fanette reflète son idéal. 

« Pendant l’écriture de Fanette, j’étais plongée dans des combats syndicaux. Ça m’a influencée. Mon engagement social est profond et je m’intéresse à la société dans laquelle on vit. » 


♦ En librairie le 26 octobre.

♦ Suzanne Aubry est présidente de l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ) depuis 2017.

♦ Les sept premiers tomes de la saga historique Fanette, qui raconte le destin d’une orpheline d’origine irlandaise exilée à Québec en 1847, se sont vendus à plus de 100 000 exemplaires.

♦ Elle a publié plusieurs autres romans, dont La Cueva, Je est une autre et Ma vie est entre tes mains, finaliste pour le Prix des cinq continents de la francophonie en 2016.

♦ Elle travaille sur son prochain roman.

EXTRAIT

Photo courtoisie
Photo courtoisie

« Marie-Rosalie franchit les marches qui menaient à son logement, encore sous le choc de la manière brutale dont monsieur Sylvestre l’avait traitée. Si sa collègue Charlotte n’était pas intervenue, elle n’avait pas de doute que le directeur des ventes du magasin Au bonheur des dames n’aurait pas hésité à la violer.

Une fois à l’intérieur de l’appartement exigu, la jeune femme verrouilla la porte dans un réflexe de prudence et fit quelques pas vers la fenêtre donnant sur une ferblanterie. Elle tenta de mettre de l’ordre dans ses idées. Maintenant qu’elle avait perdu son emploi de pianiste au grand magasin, elle devait réfléchir à son avenir. Elle avait l’intention de continuer à participer aux spectacles du théâtre Gaîté à titre d’accompagnatrice, ce qui lui permettrait de gagner des sous, même modestement, mais elle n’avait toujours pas abandonné son rêve d’étudier au Conservatoire de musique de Paris. Toutefois, elle n’avait aucune idée de la façon de procéder pour y être admise. Il lui faudrait s’y rendre en personne pour se renseigner. »

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