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Conception et fabrication de jeux d’arcade: un savoir‐faire québécois méconnu

Evelyne Audet et Équipe Salut Bonjour

2026-04-11T15:00:00Z

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Rien qu’à entendre les sons des jeux d’arcade, on retrouve un petit bout de notre jeunesse. Et, malgré les consoles modernes, les téléphones et toutes les nouvelles façons de jouer, ce bon vieux divertissement a encore la cote. Au Québec, certains ateliers en fabriquent et les exportent aux quatre coins du monde. J’ai eu la chance d’aller visiter l’un de ces lieux où la magie opère : Adrénaline Amusement.

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Une entreprise qui maîtrise toutes les étapes

C’est un univers plutôt inusité ! Adrénaline Amusement existe depuis 2009. En 2013, l’entreprise a acquis Sarbakan, un studio situé à Québec et reconnu comme l’un des plus anciens et expérimentés au pays. Ensemble, ils couvrent désormais toutes les étapes : la conception du jeu vidéo (le software), la construction de la machine (le hardware), puis la fabrication et la distribution mondiale. Seulement une dizaine d’entreprises dans le monde font tout cela sous un même toit... dont deux ici même, au Québec.

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Concevoir un jeu d’arcade prend entre un et deux ans, souvent autour de 18 mois. Et cette conception inclut autant la réflexion sur le jeu que la planification des composantes physiques. Une fois les pièces approvisionnées auprès de divers fabricants, l’assemblage en usine ne prend que trois jours.

Une chaîne de montage impressionnante

C’est à Terrebonne que se trouve leur usine. Là, chaque arcade traverse 16 stations d’assemblage. Les employés, de véritables spécialistes, suivent un plan interactif sur écran, un guide visuel qui rappelle presque un immense plan IKEA numérique. Ils avancent étape par étape, jusqu’à ce que la machine soit prête à être emboîtée puis expédiée. L’un des copropriétaires, François Lachance, m’a fait parcourir le trajet complet que chaque arcade effectue avant d’être envoyée « partout sur la planète ».

Une production destinée au monde entier

Les arcades fabriquées ici aboutissent principalement dans des centres d’amusement, des parcs d’attractions, des salles de quilles et divers complexes récréatifs. Ils en vendent entre 1000 et 2000 par année. Les clients choisissent dans un catalogue d’environ huit jeux offerts. Comme la nouveauté attire toujours, le catalogue est revu fréquemment : on retire les deux ou trois titres les moins populaires et on en remplace autant par de nouvelles créations.

Une performance mesurée sur le terrain

Pour un exploitant, l’objectif est simple : une arcade doit rapporter. Adrénaline Amusement s’appuie sur des statistiques, mais aussi sur des observations terrain. Des membres de l’équipe vont dans les centres d’amusement pour analyser le comportement des joueurs. Parfois un jeu semble prometteur en test, mais, une fois en exploitation, les gens ne vont tout simplement pas y mettre leurs sous. C’est imprévisible – et normal dans cette industrie.

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Quand un jeu ne fonctionne pas, on le retire du marché, on retourne à la planche à dessin et on ajuste. Parfois, on modifie la programmation. D’autres fois, on ne change que l’esthétique... et le succès revient ! Comme développer un jeu coûte cher, on lui offre plusieurs chances avant d’abandonner.

Les valeurs sûres du monde des arcades

Certaines catégories fonctionnent toujours. Les jeux de course demeurent des classiques, surtout ceux où la plateforme bouge. Les jeux sous licence – Disney, Hot Wheels, etc. – ont aussi une longueur d’avance, même si obtenir ces droits est plus complexe et coûteux.

Les jeux pour enfants et les expériences sensorielles sont très populaires. Présentement, un jeu avec un petit canard propulsé par une pompe à eau fait fureur ! Et l’un de leurs plus grands succès demeure l’arcade Hungry Hippo, inspirée du jeu de société.

Les jeux qui permettent de gagner des coupons sont également en montée. Ils faisaient très « côte est américaine »... jusqu’à ce que ce type de jeu devienne légal au Québec récemment. On en verra beaucoup plus.

Les arcades ne sont donc pas qu’un souvenir du passé. Elles évoluent, se réinventent et continuent d’attirer les foules... et une partie de cette magie se fabrique juste ici, chez nous.

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