C'est quoi un «coach moderne» au hockey?
Les qualités d’un bon entraîneur ont changé au fil des ans, selon l’agent Dominic Ricard


Kevin Dubé
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Le nouveau directeur général du Canadien, Kent Hughes, a mentionné qu’il était important pour lui de compter sur un « coach moderne ». Mais c’est quoi, un entraîneur moderne ? Chose certaine, ça n’a rien à voir avec l’âge, selon l’agent de joueurs Dominic Ricard.
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Celui qui travaille à la firme CAA avec Pat Brisson a connu une longue carrière de 16 saisons dans la LHJMQ, majoritairement passées comme directeur général des Voltigeurs de Drummondville. Il a aussi occupé le poste d’entraîneur-chef au cours de quatre d’entre elles.
Se considérant lui-même, à l’époque, comme un instructeur utilisant des méthodes de la vieille garde, il a vu le métier évoluer au fil des ans.
Aujourd’hui, avec ses clients, il sait exactement ce que les jeunes recherchent chez un pilote.
« Ça n’a rien à voir avec l’âge. Certains jeunes entraîneurs sont encore old school. Pour moi, un entraîneur moderne se caractérise par son approche humaine. Certains diront qu’ils sont modernes en raison du style de jeu qu’ils préconisent ou de leur mentalité axée sur l’attaque. À mon avis, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, les clubs jouent tous de la même manière. »
RESSOURCES HUMAINES
Pour Ricard, le succès d’un instructeur avec la génération Z va donc bien au-delà des X et des O.
« Le rôle d’un entraîneur-chef de nos jours, c’est d’être un gestionnaire des ressources humaines. Les bons entraîneurs sont ceux qui ont de bonnes habiletés sociales et qui vont comprendre l’humain à qui il s’adresse. Il se passe beaucoup de choses dans la vie d’un jeune millionnaire de 22 ans. Si l’entraîneur ne se soucie pas de lui et que tout ce qu’il lui dit, c’est de virer à gauche ou à droite et d’aller devant le filet en avantage numérique, il va le perdre. »
GÉRER 20 PME
À ses yeux, le défi le plus colossal avec lequel ont à négocier les pilotes d’aujourd’hui, c’est de parvenir à convaincre tous les joueurs – et leur ego – de travailler dans un but commun.
« Quand tu as 20 joueurs sous ton aile, tu gères 20 PME. De ce nombre, il y en a beaucoup qui estiment qu’ils doivent faire partie du premier tiers d’importance. Le défi d’un entraîneur, c’est de convaincre ces joueurs, qui ont été des vedettes partout où ils ont joué, de se retrouver dans les tiers plus bas. »
LA LIGNE DURE
L’agent de joueurs tient toutefois à spécifier que les entraîneurs qui ont su s’adapter à la génération d’aujourd’hui n’ont pas complètement mis de côté certains principes utilisés par l’ancienne garde.
« Il y a encore place à la ligne dure, à la rigueur et à l’intransigeance sur certaines choses importantes, comme être à l’heure à une rencontre. Ce que les jeunes veulent, c’est que ce soit fait dans le respect. Si tu leur manques de respect ou que tu leur contes de la bullshit, ils ne vont même pas te confronter. Ils vont bouder et baisser leur niveau d’engagement jusqu’à ce que tu te fasses mettre dehors. »
Quelques instructeurs modernes dans la LNH

| Gerard Gallant | 58 ans | Rangers de New York |
| Jon Cooper | 54 ans | Lightning de Tampa Bay |
| André Tourigny | 47 ans | Coyotes de l’Arizona |
| Rod Brind’Amour | 51 ans | Hurricanes de la Caroline |