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Comprendre la polyarthrite rhumatoïde, la maladie invisible qui touche près de 500 000 Canadiens

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Félix Desjardins

2026-05-02T04:00:00Z

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Incomprise, invisible et imprévisible, la polyarthrite rhumatoïde est une des maladies auto-immunes les plus répandues au pays.

Voici quelques clés pour mieux comprendre cette maladie chronique.

• À lire aussi : « Je ne souhaiterais cette maladie à personne »: sa vie bouleversée par la polyarthrite rhumatoïde depuis la préadolescence

• À lire aussi : Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, un « jeu d’essais-erreurs »

Différencier arthrose, arthrite et polyarthrite rhumatoïde
Dr Éric Rich est rhumatologue au Centre hospitalier de l'université de Montréal. Crédit: Photo fournie par le CHUM
Dr Éric Rich est rhumatologue au Centre hospitalier de l'université de Montréal. Crédit: Photo fournie par le CHUM Photo fournie par le CHUM

Il est important de différencier ces maux, dont la gravité et la prévalence sont grandement différentes, souligne le Dr Éric Rich, rhumatologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

  • Arthrite : Il s’agit de la grande famille de maladies chroniques concernant l’inflammation des articulations et d’autres parties du corps. Un adulte canadien sur cinq en souffre, selon la Société de l’arthrite du Canada.
  • Arthrose : « C’est le cartilage, le téflon qui s’use année après année. À 20 ans, c’est rare. À 60 ans, ça commence à être commun », explique le Dr Rich concernant ce type d’arthrite, qui est le plus courant.
  • Polyarthrite rhumatoïde : Une maladie auto-immune qui peut autant toucher les enfants que les adultes.
Une braise qui consume le corps

Le Dr Rich compare la polyarthrite rhumatoïde à une braise qui grignote doucement les os. « C’est la maladie de l’enveloppe des articulations, précise-t-il. Celle-ci est habituellement mince comme une pellicule moulante, mais elle devient gonflée. Ça libère du liquide dans les jointures et à la longue, ça peut les endommager. »

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Contrairement à d’autres maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques ou le diabète de type 1, les composants du système immunitaire s’attaquent aux tissus qui recouvrent les articulations, et non à une molécule précise, ce qui rend le traitement plus compliqué.

Éric Boilard est professeur titulaire au Département de microbiologie et immunologie de la Faculté de médecine de l'Université Laval. Il est aussi cofondateur du Centre de recherche ARThrite. Crédit: Photo fournie par Éric Boilard
Éric Boilard est professeur titulaire au Département de microbiologie et immunologie de la Faculté de médecine de l'Université Laval. Il est aussi cofondateur du Centre de recherche ARThrite. Crédit: Photo fournie par Éric Boilard Photo fournie par Éric Boilard

« Pour certaines personnes durement touchées, on peut rentrer une aiguille dans leur genou et sortir 150 ml de liquide rempli de cellules immunitaires qui attaquent l’articulation, ajoute Éric Boilard, cofondateur du Centre de recherche ARThrite. Pour une personne normale, tu peux à peine prendre quelques gouttelettes. »

La difficulté du diagnostic

On ne connaît toujours pas la cause de la maladie, mais on a pu identifier certains facteurs de risque comme l’obésité, le tabagisme et une prédisposition génétique.

Les premiers signes de la polyarthrite rhumatoïde sont variables, mais elle se manifeste souvent par l’inflammation simultanée d’articulations des deux côtés du corps.

L’analyse de sang et de liquide articulaire ainsi que des examens d’imagerie permettent habituellement de poser un diagnostic.

Vieillir avec la polyarthrite rhumatoïde

Jusqu’au tournant des années 2000, précise le Dr Rich, la polyarthrite rhumatoïde n’était pas traitée de façon assez proactive. Les cas de déformations articulaires sévères étaient légion, puisque les médecins attendaient une inflammation grave avant de traiter la maladie. « Depuis 30 ans, nos chirurgiens opèrent tellement moins de gens atteints de polyarthrite. C’est une preuve que les choses ont changé. »

En tant que maladie auto-immune, elle ne peut être complètement guérie, mais les personnes qui en souffrent peuvent être en rémission complète en suivant le bon traitement. Sinon, la maladie peut faire des ravages sur le corps, et pas seulement aux articulations. Les personnes atteintes sont plus propices à développer des problèmes liés aux artères coronaires et des maladies osseuses précoces.

La polyarthrite rhumatoïde en chiffres

  • Touche 1,2 % de la population de 16 ans et plus au Québec ;
  • Les femmes sont plus de 2 fois plus touchées par la maladie ;
  • Au Canada, 483 850 personnes sont atteintes ;
  • Plus de 2 millions de Canadiens consultent un professionnel de la santé chaque année pour un problème d’arthrite.

Source : Système canadien de surveillance des maladies chroniques, année financière 2023-2024

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