Comparé à Gretzky, Ovechkin est le plus grand buteur de l'histoire

Jean-Charles Lajoie
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894 buts. Un sommet historique qu’on ne croyait jamais possible à rejoindre.
Wayne Gretzky, le meilleur marqueur de l’histoire du hockey, a disputé 21 saisons dans la Ligue nationale (LNH). Il a eu besoin de 1487 matchs pour atteindre la marque de 894 buts. Le «tzar» Alex Ovechkin écoule sa 20e campagne dans le circuit Bettman et il est aujourd’hui à 12 buts de rejoindre la «Merveille».
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Or, je trouve ordinaire ceux qui tentent de minimiser le record à venir d’Ovechkin. De dire qu’il a scoré beaucoup trop de buts dans un filet désert alors qu’il en a scoré seulement huit de plus que Gretzky dans cette circonstance. Ces mêmes qui avancent qu’Ovi est essentiellement un spécialiste du jeu de puissance.
Vrai qu’il en a mis 319 dedans depuis son célèbre bureau hors l’aile à la droite des gardiens adverses, mais Gretzky en a toujours bien scoré 204 avec un homme en plus de son bord.
Wayne a enfilé 91 buts gagnants. Quand on y pense, c’est bon mais peu sur un total de 894 réussites. «Ovi» a jusqu’ici 135 buts gagnants sur ses 882 buts, un meilleur ratio.
Et si on veut vraiment aller en profondeur dans le jeu des comparaisons, il faut absolument tenir compte des époques. Gretzky a disputé sa première saison en 1978-1979, sa dernière en 1998-1999 ; Ovechkin sa première en 2005-2006 tandis que sa dernière se dispute peut-être actuellement.
Lorsque Wayne est entré dans la ligue, celle-ci comptait 21 équipes dont 16 accédaient aux séries. Sur 21 clubs, au moins cinq étaient carrément pourris chaque saison. Le jeu était ultra ouvert comme en témoigne la moyenne de 6,85 buts marqués par match à travers la ligue durant la carrière de Gretzky comparativement à une moyenne de 5,83 par match depuis le début de la carrière d’Ovechkin. Carrément un but de moins par rencontre...
Afin d’encore mieux illustrer cette nuance, la saison la plus productive d’«Ovi» a été de 65 filets en 82 matchs, soit 1,35% de tous les buts marqués dans la ligue cette saison-là. Le record de 92 buts de Wayne en 1981-1982 équivalaient à 1,37% de tous les buts enfilés à travers la LNH cette saison-là, seulement 0,02% de plus.
À ces statistiques plus que pertinentes, il faut ajouter l’accrochage. Tandis que Wayne patinait librement et élégamment, «Ovi» a vécu la période la plus sombre de l’histoire moderne du hockey soit cette du «left wing lock», de la trappe.
Le fameux système de Jacques Lemaire, reproduit et copié partout dans la ligue, béni par les arbitres qui toléraient en plus qu’on obstrue sans gêne et à outrance les meilleurs joueurs adverses. On ne peut pas quantifier ce que ça a couté en production à Ovechkin, mais on peut l’estimer sans peur de se tromper.
Il y a cinq ans, «Ovi» a enfilé le 700e but de sa carrière. Je pense qu’il aurait pu enfiler son 800e dans le même laps de temps s’il avait bénéficier des charmes de l’époque Gretzky.
Ovechkin, au-delà des époques creuses de la trappe et de l’accrochage, vit la période faste de la parité qui emmène un niveau de compétitivité jamais atteint auparavant. Il n’existe plus beaucoup de «match gratisse» où tu peux engraisser ta fiche de trois ou quatre buts de plus contre un club de «Mickey Mouse».
Pour moi, tout bien pondéré, il est clair qu’Alex Ovechkin est le plus grand buteur de l’histoire de la LNH, bien devant Wayne Gretzky et sur un pied d’égalité avec le légendaire Mike Bossy, mon regretté collègue et ami qui aurait possiblement battu le record de Gretzky si son dos le lui avait permis.
Hélas on ne le saura jamais...