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Nouveau règlement de la NCAA: 4 scénarios pour comprendre comment tout pourrait changer

Getty Images via AFP

Kevin Dubé et Jonathan Bernier

2024-11-02T04:00:00Z
2024-11-02T15:18:16Z

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L’adoption d’une nouvelle réglementation par la NCAA permettant dorénavant aux joueurs de la LCH de s’y joindre offrirait de nombreuses options supplémentaires aux joueurs.

Le Journal a proposé quatre scénarios différents à des intervenants du milieu afin de comprendre quelles seront les nouvelles possibilités offertes aux joueurs.

Scénario no1: un joueur québécois de 15 ans, qui joue M18 AAA, veut jouer dans la NCAA.

Avec une réglementation différente, l'attaquant Sacha Boisvert aurait pu évoluer quelques saisons dans la LHJMQ avant de joindre la NCAA, plutôt que d'avoir à s'exiler aux États-Unis à un jeune âge.
Avec une réglementation différente, l'attaquant Sacha Boisvert aurait pu évoluer quelques saisons dans la LHJMQ avant de joindre la NCAA, plutôt que d'avoir à s'exiler aux États-Unis à un jeune âge. Getty Images via AFP

En ce moment: il devait s’exiler soit aux É.-U., soit dans la BCHL, pour conserver son admissibilité.

Avec le nouveau règlement: il pourra jouer dans la LHJMQ et faire le saut dans la NCAA à 18 ou 19 ans.

Le sujet des joueurs «récalcitrants» revient à chaque année avant le repêchage. En ce moment, un joueur peut se présenter au camp d’une équipe de la LHJMQ pour 48h, sans y disputer de match hors-concours. Après ça, s’il décide de rester, il perd son admissibilité à la NCAA. La nouvelle réglementation devrait donc faire en sorte que la grande majorité des Québécois qui veulent aller aux États-Unis pourront quand même jouer quelques années dans la LHJMQ avant.

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Cette situation pourrait toutefois entraîner des défis supplémentaires pour les équipes de la LHJMQ dans la façon dont ils construisent leurs équipes. Repêcher un joueur talentueux en sachant quand même qu’il risque de quitter la ligne avant que ton équipe soit arrivée à maturité pourrait être un dilemme auquel les directeurs généraux feront face.

Tout ça, en plus d’avoir à composer avec les programmes américains qui pourront à tout moment faire de l’œil à leurs meilleurs joueurs.

«Il va falloir s’asseoir ensemble et tracer les lignes, sinon, ça va être le Far West», estime le directeur général du Phoenix de Sherbrooke, Philippe Sauvé.

Scénario no2: un joueur de 20 ans, non repêché, termine son stage junior sans contrat professionnel en poche.

L'attaquant de 20 ans Antonin Verreault pourrait bénéficier d'un assouplissement des règles de la NCAA. Photo fournie par les Huskies de Rouyn-Noranda
L'attaquant de 20 ans Antonin Verreault pourrait bénéficier d'un assouplissement des règles de la NCAA. Photo fournie par les Huskies de Rouyn-Noranda Photo fournie par les Huskies de Rouyn-Noranda

En ce moment: il devait soit continuer dans les circuits professionnels mineurs ou dans le circuit universitaire canadien.

Avec le nouveau règlement: il pourra poursuivre son développement dans la NCAA et espérer signer un contrat comme agent libre à 22, 23 ou 24 ans.

Il semble que cette catégorie de joueurs soit celle qui, à première vue, intéresse le plus les dépisteurs des collèges américains. Déjà, ils sont visibles dans les amphithéâtres des formations de la Ligue canadienne de hockey.

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Par conséquent, les plus grandes perdantes de cette nouvelle règle risquent d’être les formations du circuit universitaire canadien qui visent exactement la même clientèle.

Marc-Étienne Hubert, entraîneur-chef des Patriotes de l’UQTR, s’attend à ce que ses collègues de l’Université McGill, de l’Université Concordia et lui doivent travailler encore plus fort pour garder le talent et les cerveaux québécois de ce côté-ci de la frontière.

«Les universités américaines ne visent pas seulement les mêmes joueurs que nous visons. Elles essaient également de venir chercher ceux qui sont déjà avec nous. Il faudra donc qu’on se batte pour garder les nôtres.»

En parallèle, le projet d’ajouter des équipes québécoises dans le circuit universitaire canadien avance lentement. Plus d’équipes offriraient inévitablement une plus grande possibilité de rétention.

«On le voit dans les autres sports: la majorité des athlètes qui partent pour la NCAA ne reviennent pas au Québec, a souligné Hubert. C’est l’exode des cerveaux et des talents.»

Scénario no3: un joueur évoluant dans la Ligue canadienne est repêché dans la LNH à 18 ou 19 ans.

Les joueurs repêchés depuis la LCH comme Ethan Gauthier en 2023 pourraient avoir plus d'options avant de devoir signer leur contrat professionnel.
Les joueurs repêchés depuis la LCH comme Ethan Gauthier en 2023 pourraient avoir plus d'options avant de devoir signer leur contrat professionnel. Photo d'archives, AFP

En ce moment: l’équipe qui le réclamait avait deux ans pour lui faire signer un contrat, sans quoi il redevenait admissible au repêchage.

Avec le nouveau règlement: à 19 ans, il pourrait vraisemblablement décider de s’en aller dans la NCAA et obtenir deux ans de plus pour se développer avant de devoir signer.

En ce moment, un joueur repêché depuis la LCH a deux ans pour signer un contrat, contrairement à quatre pour un hockeyeur recruté depuis la NCAA. Si un joueur est repêché depuis la LCH, puis décide ensuite d’aller dans la NCAA, sera-t-il assujetti aux règles de la LCH ou de la NCAA? Il y a un flou, ici, et les agents consultés n’ont pas tous la même interprétation.

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À l’article 8,6b de la convention collective de la LNH, toutefois, il est clairement indiqué qu’un joueur repêché à 18 ans et qui quitte le «junior majeur» par la suite demeure la propriété de l’équipe qui l’a réclamé jusqu’au quatrième 1er juin suivant sa sélection. Si certains agents croient que la situation devra être éclaircie dans la prochaine convention collective de la LNH, prévue pour 2026, Philippe Lecavalier estime que tout est déjà noir sur blanc.

«Personne n’y pensait avant parce que ce n’était pas une option et que les joueurs de la LCH n’étaient pas admissibles. Par contre, de la façon dont c’est écrit, le règlement est le même pour tous les joueurs juniors.»

Rappelons que le fait que les joueurs de la LCH devaient signer après deux ans jouait contre eux au repêchage de la LNH, surtout dans les rondes tardives; les équipes préférant repêcher des joueurs qu’ils peuvent évaluer et faire développer plus longtemps avant d’avoir à prendre une décision contractuelle.

Scénario no4: une équipe de la LHJMQ repêche un joueur américain.

Plusieurs joueurs américains sont repêchés annuellement par des équipes de la LHJMQ, sans ne jamais y jouer. Ce fut notamment le cas de Jack Eichel, sélectionné en première ronde du repêchage de la LHJMQ de 2012 par les Mooseheads d'Halifax.
Plusieurs joueurs américains sont repêchés annuellement par des équipes de la LHJMQ, sans ne jamais y jouer. Ce fut notamment le cas de Jack Eichel, sélectionné en première ronde du repêchage de la LHJMQ de 2012 par les Mooseheads d'Halifax. Getty Images via AFP

En ce moment: les équipes de la LHJMQ doivent essayer de le convaincre de venir malgré un bassin peu favorable où sont situées des universités de renom. Ça n’arrive quasiment jamais.

Avec le nouveau règlement: elle pourra lui offrir un plan de développement de deux ans, à 16 et 17, dans une ligue supérieure à la USHL ou la BCHL, avec l’option d’aller dans la NCAA ensuite.

La LHJMQ n’attire plus de joueurs américains. C’est aussi simple que ça. Le circuit québécois n’arrive pas à rivaliser avec les grosses universités placées sur le territoire qui leur est attitré et où les joueurs de la Nouvelle-Angleterre rêvent de jouer.

Avec un assouplissement des règles dans la NCAA, les équipes de la LHJMQ auraient maintenant le loisir de courtiser les joueurs américains sur leur territoire en leur vendant leur programme comme le meilleur pour se préparer pour la NCAA.

Ce faisant, ils pourraient les attirer et, dans le pire des cas, les voir quitter la ligue après deux ou trois ans et, dans le meilleur, les faire tomber en amour avec l’organisation et compter sur eux pour leur carrière junior au complet.

Certes, les plus cyniques diront que c’est une situation qui va encore une fois favoriser les plus gros marchés puisque ce sont déjà ces derniers qui attirent les rares Américains à accepter de jouer ici. Peut-être, mais, au moins, les plus petits marchés auront le loisir de monnayer les joueurs américains qui veulent jouer dans la LHJMQ, mais pas pour leur équipe.

Des directeurs généraux de la LHJMQ nous ont d’ailleurs confié avoir conservé quelques joueurs américains de plus sur leur liste de protection en prévision de cette nouvelle réglementation.

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