Comment un petit défenseur engagé comme agent libre est devenu le meilleur joueur sur la glace en finale de la LHJMQ


Kevin Dubé
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SAGUENAY | Il y avait quelque chose de frappant, mardi soir, lors du match no 3 de la finale entre les Wildcats de Moncton et les Saguenéens de Chicoutimi : le jeu du jeune défenseur Tommy Bleyl.
Frappant, dans le bon sens du terme. C’était le premier match que l’auteur de ces lignes voyait de Bleyl, en personne, depuis le Match des meilleurs espoirs de la LHJMQ en octobre dernier (où il avait été excellent, d’ailleurs).
Quand on le regarde, on comprend très rapidement pourquoi il a battu le record pour le plus de points par un défenseur recrue dans l’histoire de la LHJMQ, pourquoi il est maintenant considéré comme un espoir de première ronde dans la LNH et pourquoi il a été nommé défenseur de l’année dans le circuit Cecchini.
Honnêtement, ça saute aux yeux. D’ailleurs, les collègues présents au centre Georges-Vézina mardi étaient unanimes : le défenseur américain des Wildcats a été le meilleur joueur sur la patinoire lors du match no 3.
Mais, comment ce jeune arrière un peu chétif de 6 pieds et 170 lb a-t-il pu devenir aussi bon, aussi rapidement ?
Une surprise même à Moncton
Il va sans dire, Bleyl est l’une des raisons qui ont permis aux Wildcats de demeurer dans l’élite de la LHJMQ malgré le départ de nombreux vétérans, l’an dernier.
« Ça aide quand tu as les moyens d’attirer des futurs choix de première ronde et qu’ils ne te coûtent rien », diront certains.
C’est vrai. Toutefois, personne ne s’attendait à ce qu’il ait un tel impact, même pas lui !
« Je suis arrivé à Moncton avec des objectifs, mais j’ai vraiment excédé mes attentes », note-t-il avec humilité.
Le directeur général des Wildcats Taylor MacDougall connaissait Bleyl depuis un certain temps. Dans son ancienne vie d’agent, des contacts lui avaient recommandé de surveiller ce petit défenseur au coup de patin fluide.
« La première fois que je l’ai vu, il devait avoir six pouces de moins. J’ai continué de le suivre au fil des années et, chaque fois, ce qui revenait était ses qualités de patineur. »
Sous les recommandations de leur recruteur américain Pete Judge, les Wildcats lui ont donc fait de l’œil durant l’été, tout comme les Knights de London, d’ailleurs.
Une progression fulgurante
Après une visite à Moncton, il a pris la décision de poursuivre sa carrière au Nouveau-Brunswick plutôt que de joindre les Fighting Saints de Dubuque, dans la USHL.
À son arrivée au camp, les Wildcats ont la confirmation qu’ils ont fait un bon coup : il se démarque au camp des recrues, puis au camp principal de l’équipe, et dans les matchs présaison.
Puis son impact se fait également sentir dès le début de la saison régulière.
« Il n’a fait que s’améliorer toute la saison. Quand il connaît un mauvais match, il rebondit lors du suivant. Les gens remarquent le coup de patin, les aptitudes en attaque et sur l’avantage numérique, mais on lui confie aussi le rôle de neutraliser les meilleurs trios adverses. C’est rare de voir un joueur offensif d’élite jouer contre les meilleurs », note l’entraîneur-chef Gardiner MacDougall, soulignant au passage le travail de son adjoint Mikaël Tam.
« Il est visqueux »
Caleb Desnoyers est aussi très franc, quand on lui demande s’il croyait que Bleyl aurait un impact aussi important sur son équipe, lorsqu’il l’a vu débarquer à Moncton pour la première fois.
« Pour être franc, non. La première fois que je l’ai vu, je voyais qu’il était vraiment bon et agile et je pensais qu’il pouvait être un très bon défenseur pour nous, mais jamais au point de faire tout ce qu’il a fait cette saison.
« Sa rapidité et sa fluidité sautent aux yeux. Il n’a que 17 ans, mais c’est déjà le meilleur défenseur de la ligue. Les adversaires veulent le frapper, mais il n’est pas frappable. Il est visqueux, on dirait. Il passe partout ! », ajoute le coloré capitaine des Wildcats.
« Visqueux », un terme qu’on n’entend pas souvent, mais à la lumière de ce qu’on a vu de lui, qui s’applique parfaitement.