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Comment «STAT» a poussé Antoine Marchand-Gagnon à réfléchir à sa masculinité

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-01-15T11:00:00Z

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Antoine Marchand-Gagnon, que l’on peut voir dans STAT, n’en est pas à son premier rôle marquant. Après Les moments parfaits et Mes petits malheurs, il s’est aussi illustré au cinéma. Habité par une passion grandissante pour le milieu qui l’a vu grandir, Antoine est convaincu que sa place est devant la caméra. Retour sur une grosse année et découverte de l’humain derrière l’acteur.

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Auguste, ton personnage dans STAT, est un homme assez troublé. Que va-t-il vivre cette fois-ci?

Il vit des choses difficiles, mais il va aussi en faire vivre aux gens autour de lui. On commence à comprendre la direction qu’il prend avec la fin de cette première partie de saison. On le voit notamment sur des sites masculinistes. C’est dans l’air du temps et c’est un problème de fond important. Souvent, ce n’est pas le genre de choses qu’on soupçonne chez ce type de personne, mais c’est pourtant très présent chez beaucoup d’hommes. On l’a vu, entre autres, dans la série Adolescence. Je pense que le personnage et sa trame s’en inspirent beaucoup. On aborde ainsi les thèmes de la masculinité intériorisée, toxique, et de la haine envers les femmes. Mon personnage sera présent et tentera d’agir face aux menaces. Est-ce qu’il va réussir? Je ne peux pas en dire plus, mais c’est certain qu’on ne vous a pas laissés en suspens pour rien.

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Comment trouves-tu le fait de jouer ce genre de personnage?

C’est particulier, surtout que, lorsque j’ai eu le rôle, la majorité des épisodes n’étaient pas écrits. Ce que je savais d’Auguste, c’est qu’il est le fils de Laurent Lamy et que son père est sur le bord de mourir. En recevant les autres épisodes, j’ai réalisé la tournure que prenait mon personnage. Il a fallu s’adapter. En même temps, je trouvais le parallèle intéressant, puisque chez ce genre de personne, il n’y a souvent pas beaucoup de signes avant-coureurs. Je l’ai donc abordé comme un gars gentil, propre, bien élevé, chez qui une violence finit par émerger. C’est toujours plaisant de jouer les méchants; s’éloigner de qui on est permet plus de liberté et de créativité. Cela dit, faire face à Suzanne Clément et la traiter de «bitch», c’est tout un défi! (rires)

Patrick Seguin / TVA Publications
Patrick Seguin / TVA Publications

Ce personnage t’a-t-il fait réfléchir à ta propre masculinité?

C’est tellement dans l’air du temps que, oui, je me suis posé des questions. Ce n’est pas une violence à laquelle j’ai été confronté de manière intime. Mes amis sont des gars qui parlent de leurs sentiments et qui n’ont pas de difficulté à exprimer ce qu’ils ressentent. Mais c’est sous-jacent: il suffit de regarder les réseaux sociaux pour voir que certains cherchent à diviser les hommes et les femmes. C’est très polarisant.

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Sens-tu la réaction du public dans ta vie personnelle?

Je commence à être de plus en plus reconnu, mais je ne me sens pas encore détesté. On me voit plutôt comme un petit tannant. J’ai l’impression que la deuxième partie de la saison va empirer les choses. J’aurai sûrement droit à d’autres types de commentaires! (rires)

Comment est-ce de jouer avec de grands acteurs d’expérience?

Emmanuel Bilodeau, qui joue mon père, est aussi très généreux avec moi, même s'il était couché dans un lit avec de fausses broches dans la bouche dans la majorité des scènes que nous avons tournées ensemble. Il est incroyablement drôle: il arrive le matin au maquillage, il déborde d’énergie, il fait des blagues, il réveille tout le monde. C’est un privilège de tourner avec lui. J’ai aussi énormément de bonheur à être dirigé par Julie Perreault. Le fait qu’elle soit comédienne change tout. Le rythme est rapide, mais l’équipe est tellement bien préparée que tout se fait plus facilement. Je me sens d’ailleurs très chanceux d'avoir travaillé avec plusieurs collègues qui ont croisé ma route. Je pense à Rose-Marie Perreault, qui jouait ma grande sœur dans Mes petits malheurs, avec qui j’ai gardé une très belle relation, ainsi qu’à Catherine Proulx-Lemay. Toute l’équipe de la série Les moments parfaits, dont Catherine Trudeau qui jouait ma mère, m’a aussi beaucoup fait grandir comme acteur.

Photo : Daniel Auclair / TVA Publications
Photo : Daniel Auclair / TVA Publications

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Photo : Patrick Seguin / TVA publications
Photo : Patrick Seguin / TVA publications

Sens-tu qu’on te fait davantage confiance pour des rôles plus complexes?

Absolument. J’ai souvent joué des petits tannants et, quand j’ai obtenu le rôle d’Auguste, je pensais que ce serait encore le cas. Il développait une relation avec le docteur Lemaire et je croyais qu’il allait intégrer l’équipe comme stagiaire. Je pensais m’inscrire dans un casting assez précis: le gars frais chié, sympathique, qui ne se prend pas pour un autre. Je crois que mon interprétation a peut-être influencé la suite de l’écriture du personnage. Une fois que la scénariste connaît les comédiens, ça lui permet de donner plus d’ampleur à certaines trames. Je le prends comme une belle preuve de confiance et j’ai hâte que le public en découvre davantage.

En ce début d’année, quels sont tes souhaits pour 2026?

J’aimerais faire plus de cinéma. Ce n’est pas contre la télévision, mais pour s’accomplir comme acteur, c’est précieux de prendre le temps, de travailler un rôle en profondeur et de collaborer avec de nouveaux réalisateurs. Je me souhaite aussi de belles rencontres. En 12 ans de carrière, mes meilleurs souvenirs sont liés aux gens que j’ai croisés. Si je peux continuer à rencontrer des collaborateurs avec qui j’ai envie de travailler à long terme, je serai comblé.

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Patrick Seguin / TVA Publications
Patrick Seguin / TVA Publications

Où pourra-t-on te voir prochainement?

L’année 2025 a été très chargée, même si elle n’a pas commencé ainsi. J’ai travaillé en restauration pendant les premiers mois, puis tout a débloqué d’un coup. J’ai enchaîné cinq mois de tournages, avec aussi des conflits d’horaires à gérer. J’ai joué dans Le pacte et, une semaine plus tard, j’apprenais que j’avais un rôle dans La nuit devant nous, la nouvelle série d’Adib Alkhalidey, déjà en ligne. Je serai aussi dans un film en 2026, mais il n’a pas encore été annoncé. Là, je suis de retour à la case départ: le rush est terminé et j’ai quelques mois devant moi sans tournage. La joie d’être acteur! (rires)

Comment vis-tu la transition d’enfant acteur à acteur adulte, avec les doutes que ça implique?

C’est particulier, parce que mon casting change sans changer complètement. Je suis un peu dans un entre-deux. Cela dit, il y a de la place pour ce genre à la télévision québécoise, et mon année bien remplie en est la preuve. Je ne suis pas à plaindre. Évidemment, on est plusieurs de mon âge à vivre la même réalité. Je ne suis pas trop inquiet: un jour, j’aurai une moustache, une barbe et je pourrai jouer des pères! (rires) Je suis à l’aise avec ma situation. Bien sûr, il y a des doutes, surtout avec la pression d’être présent sur les réseaux sociaux. Personnellement, je vis mal ce type de visibilité. J’aime jouer avant tout. On ne fait pas ce métier pour les mêmes raisons et c’est important de s’en souvenir.

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Patrick Seguin / TVA Publications
Patrick Seguin / TVA Publications

À quoi ressemble ton quotidien quand tu ne joues pas?

Voyage, amis et sport: ces trois mots me résument bien. Je fais beaucoup d’escalade, une passion que j’ai découverte grâce à Willia, avec qui j’ai joué dans Les moments parfaits. J’en fais aussi régulièrement avec ma petite sœur. Mon amoureuse est passionnée de voyages et rêve d’en faire son mode de vie. J’adore la suivre dans ses aventures. On partira au Mexique cet hiver, où son père possède une maison. Je travaille aussi sur des projets d’écriture avec un ami, notamment un projet de série. J’ai d’ailleurs complété un certificat en scénarisation l’an dernier pour développer cette facette de mon métier.

Peux-tu nous en dire plus sur ta conjointe?

Elle s’appelle Juliette et elle étudie en journalisme. Sa grande passion, ce sont les voyages, sous toutes leurs formes. Ça fait quatre ans que nous sommes ensemble et nous vivons en appartement. Nous avons voyagé à plusieurs reprises, et je suis même allé la rejoindre en Asie il y a quelques années. Elle aime aussi voyager seule, ce que je respecte complètement: je n’ai aucun problème à la laisser vivre ses expériences.

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À quoi penses-tu pour la suite de ta carrière?

La scénarisation et la réalisation m’intéressent beaucoup, mais si je pouvais jouer toute ma vie, je serais heureux. Cela dit, ce métier n’est jamais garanti, alors il faut penser à un plan B. Idéalement en lien avec le milieu, mais pas nécessairement. J’ai même pensé suivre des cours en ébénisterie, apprendre à travailler le bois. J’ai l’impression que plus on développe ses compétences, plus ça nourrit le jeu d’acteur. Le défi, c’est que ce métier demande une grande confiance, souvent nourrie par le regard des autres. Quand on vit plusieurs mois sans projet et que les auditions se passent moins bien, cette confiance peut vite s’effriter.

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