Tous les résultats
Publicité

Comment réfléchit un fan de Trump en 2022

Photo portrait de Joseph Facal

Joseph Facal

2022-08-11T09:00:00Z

Partager

Il a fallu qu’un juge soit saisi d’éléments sérieux pour octroyer un mandat de perquisition chez Donald Trump.

Cela vient s’ajouter au reste : allégations d’agression sexuelle, de fraude fiscale, mensonges répétés, incitation à attaquer le Capitole, diffusion de théories conspirationnistes, etc.

Voyez pourtant la mobilisation en sa faveur de millions d’Américains depuis trois jours.

Comment peuvent-ils encore, en 2022, défendre cet homme ?

Qui ?

Je ne parle pas ici des gens qui appuyaient Trump en 2016 parce qu’il n’était pas Hillary Clinton et parce qu’il n’était pas un politicien comme les autres. 

Dans le contexte de l’époque, je pouvais comprendre.

Je ne parle pas non plus des politiciens républicains qui l’appuient encore par opportunisme et parce qu’ils craignent de subir les foudres de sa meute.

Ils font un calcul cynique. Je peux aussi comprendre, à défaut d’approuver.

Je parle de ces gens qui le soutiennent encore, alors qu’ils n’ont personnellement rien à gagner.

Ils ne voient pas Trump comme un politicien, mais comme un sauveur, presque comme un messie.

La vérité objective est qu’ils ont un profil bien connu : ils sont très majoritairement blancs, peu éduqués, ont des revenus modestes, tendent à habiter les régions rurales.

Il y a évidemment des exceptions : vous trouverez des trumpistes noirs, riches et urbains.

Publicité

Il y a aussi des millions de gens peu éduqués, ruraux, pas très riches, qui sont allergiques à tout ce que Trump représente.

Néanmoins, on sait parfaitement dans quels milieux Trump obtient ses meilleurs scores et qui sont les gens les plus susceptibles de le soutenir.

Le trumpiste de 2022 est assez clairement quelqu’un de frustré, en colère, qui se sent méprisé, regardé de haut par l’élite intellectuelle, urbaine et médiatique (sauf Fox News).

Ce sont tous ces gens qu’Hillary Clinton avait jadis maladroitement qualifiés de « basket of deplorables ».

Ces gens mènent souvent des vies qui ne sont pas celles qu’ils auraient voulu mener, pour toutes sortes de raisons.

Plutôt que de se regarder dans le miroir, il leur faut blâmer quelqu’un d’autre pour leurs insuccès. 

Ils se diront donc que le « Système » a pipé les dés contre eux, qu’ils sont les victimes d’un vaste complot, d’une gigantesque dissimulation de la vérité.

Cynisme

En se faisant leur champion, leur porte-voix, Trump leur donne leur revanche, leur donne du pouvoir, grandit leur estime d’eux-mêmes, mène leur combat, les fait se sentir moins seuls, leur donne l’illusion réconfortante qu’ils ne sont pas responsables de leurs malheurs.

Ils voient certes ses failles, mais ils se disent : moi aussi j’ai pêché. 

Malgré sa fortune, Trump lui-même a toujours été regardé par l’élite traditionnelle comme un nouveau riche, un parvenu grossier et vulgaire, un Elvis Gratton made in USA.

Trump a parfaitement compris ce mélange de rage, de frustration et d’aliénation, et il l’exploite avec brio et cynisme.

Publicité
Publicité