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Comment Oliver Kapanen brise la calculatrice

Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2026-01-28T05:00:00Z

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Oliver Kapanen pourrait réaliser un exploit qui appartient à une autre époque : marquer 25 buts en tant que recrue du Canadien. Pourtant, à Montréal, ça ne se bouscule pas pour acheter son chandail. En fait, vous ne pouvez même pas acheter un tee-shirt à son effigie sur le site de Tricolore Sports.

Vingt-cinq buts comme recrue, réalisez-vous à quel point c’est rare? Moi-même, je croyais que c’était arrivé bien plus souvent.

Dans toute l’histoire du CH, six joueurs l’ont fait : Joe Malone, Kjell Dahlin, Boom Boom Geoffrion, Guy Lafleur, Mats Naslund et Michael Ryder.

Le plus récent exemple, c’est Ryder, en 2004. Quand il y est parvenu, Facebook n’avait pas encore été lancé et ma mère me suppliait de couper l’internet pour recevoir un appel. 

Alors pourquoi ne respecte-t-on pas Oliver Kapanen?

Tout ce qu'on retient en ce moment, c'est qu'il traverse un (rare) passage à vide. Il affiche quand même un rythme de 25 buts, sans jouer sur la première vague d'avantage numérique. Si ce n'est pas lui le joueur le plus sous-estimé du club, je ne sais pas qui l'est.

Il déjoue les pourcentages

Quand le CH a placé Kapanen au centre du deuxième trio pour amorcer le camp d’entraînement à Brossard, on a vu beaucoup de sourcils se lever.

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Lors des premiers matchs préparatoires, d’ailleurs, les partisans lui préféraient généralement Owen Beck.

Encore aujourd’hui, 16 buts et 27 points plus tard, son statut de deuxième centre est contesté. Même si le DG Kent Hughes a dit y croire sans l’ombre d’un doute.

Ses détracteurs aiment rappeler qu’il marque sur 17% de ses tirs et que c'est absurde. Ce taux est très difficile à maintenir à moins d’être un franc-tireur élite.

Des données plus poussées démontrent en revanche que c’est plus soutenable qu’on pourrait le penser.

Elles prouvent que l’intelligence de Kapanen déjoue les pourcentages. Le Finlandais a un style tellement peu flamboyant, mais il a une qualité élite : celle d’être toujours à la bonne place au bon moment quand une rondelle libre jaillit près du filet.

Selon la firme Sportlogiq, Kapanen a marqué seulement 2,5 buts* de plus que ce que le modèle statistique aurait prédit selon la qualité de ses occasions. Bref, il ne joue pas au-dessus de sa tête; il est simplement bon pour se démarquer.

Pour les buts attendus et les tirs de l’enclave, seul Cole Caufield le surpasse chez le Canadien. Pour les tirs du bas de l’enclave, il est devant Caufield, et dépassé seulement par Samuel Blais (qui n’a pas le choix de se salir le nez, on s'entend).

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Kapanen est aussi celui qui se rend coupable du moins grand nombre de revirements en zone offensive parmi les attaquants du club et celui qui prévient le plus de passes de l’équipe adverse.

La compréhension du hockey, il l’a depuis qu’il est petit. Peut-être parce qu’il a grandi dans l’une des plus grandes familles de hockey en Finlande.

«Il était l’un des plus jeunes joueurs de notre club et il était déjà prêt à jouer dans les deux sens de la patinoire, se souvient Iiro Maukonen, qui a dirigé Kapanen l’année de son repêchage, en Finlande, chez les moins de 20 ans. Il absorbait rapidement l’information et il a progressé constamment.»

Son père, Kimmo, a été gardien au niveau pro. Son grand-père, Hannu, un ex-attaquant, a été intronisé au Temple de la renommée du hockey finlandais. Son oncle Sami a disputé 831 matchs dans la LNH. Son cousin Kasperi est un choix de 1er tour qui joue encore, avec les Oilers. 

Les schémas de hockey sont pratiquement écrits à l'intérieur de ses veines.

Donnant-donnant

Kapanen, un simple produit d’Ivan Demidov. En voilà une autre qu’on entend souvent. Jusqu'à tout récemment, Juraj Slafkovsky n'était d'ailleurs qu'un produit de Nick Suzuki et de Caufield selon la même logique.

Est-ce que Demidov aurait autant de mentions d’aide cette saison si Kapanen ne convertissait pas ses jeux avec autant d’efficacité? N’est-ce pas donnant donnant? 

Kapanen a un tir sous-estimé qu’il peut décocher rapidement et dans un rayon large. Autrement dit, même quand la passe n’est pas parfaite, il est capable de s’ajuster rapidement pour prendre un bon tir.

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«L’un de ses favoris à l’époque était Steven Stamkos, raconte Maukonen, son ancien entraîneur. Kapanen peut tirer de différentes positions sur réception. On l’encourageait à développer ça lors des entraînements. Il était toujours l’un des derniers à quitter la glace parce qu’il demandait à ses coéquipiers de rester pour lui faire des passes.»

C’est un talent que Martin St-Louis a observé et mentionné à son tour cette saison en découvrant Kapanen.

Dans l’ombre

C’est le recruteur finlandais Hannu Laine qui a poussé pour que le CH repêche Kapanen en 2020. Aucun lien de parenté avec Patrik.

Kapanen sera à jamais l’un des plus beaux coups de la carrière de ce travailleur dans l’ombre, à l’emploi du CH depuis 1998, sous le régime de Réjean Houle.

«C’est Hannu, probablement, qui m’a regardé le plus, confirme Kapanen. J’avais davantage parlé au Canadien qu’à toute autre équipe.»

Il y avait un peu d’immaturité dans le jeu de Kapanen avec la rondelle à l’époque, mais son sens du jeu était tellement développé que le CH le voyait devenir, sur plusieurs années, un très bon joueur de hockey. Un bon calcul de Trevor Timmins et ses sbires.

Ah oui, pour illustrer à quel point le repêchage est une science inexacte, vous rappelez-vous qui le CH a repêché tout juste avant Kapanen, cette année-là?

Riley Kidney, présentement avec les Lions de Trois-Rivières.

*Les statistiques en provenance de Sportlogiq ont été fournies avant les matchs du samedi 24 janvier

**Les autres statistiques, tirées du site web de la LNH, ont été comptabilisées avant les matchs du mardi 27 janvier

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