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Comment Gregory Charles a marqué l’enfance d’Éric Paulhus

Marjolaine Simard

2026-03-19T10:00:00Z

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Dès son enfance, Éric Paulhus se distinguait par sa voix mélodieuse au sein des Petits chanteurs de Laval, guidé par l’oreille experte de Gregory Charles. Ce talent précoce l’a naturellement conduit vers les planches, où il brille dans des comédies musicales comme Les Misérables et bientôt Le Petit Roi pour toujours. Connu pour son humour dans Lâcher prise et son ton dérangeant dans le rôle de Hugo Janson, dans Indéfendable, Éric célèbre cette année 25 ans de carrière. Une occasion parfaite pour revenir sur son parcours exceptionnel.

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Éric, tu seras bientôt sur scène dans la comédie musicale Les Misérables. Qu’est-ce qui te plaît dans ce projet ?

Je joue Combeferre, qui est l’un des étudiants révolutionnaires. C’est un personnage très intéressant dans l’univers des Misérables. Dans cette grande fresque, il y a plusieurs figures fortes, mais les étudiants fonctionnent beaucoup comme un collectif. Pour moi, c’est vraiment ça qui est le fun : pouvoir participer à tous les grands tableaux. Ce qui est amusant, c’est que j’ai pris part à cette œuvre il y a 17 ans. On commence les répétitions en mai. C’est très excitant, surtout avec la belle distribution qu’on a, dont Debbie Lynch-White, Roger Larue et plusieurs autres interprètes. On est une trentaine.

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La musique semble très présente dans ta vie depuis l’enfance. Ta mère était chanteuse. Est-ce elle qui t’a transmis cet amour ?

Ma mère était chanteuse avant même la création de l’Opéra de Montréal. Elle a été formée à l’école Vincent-d’Indy. Elle chantait dans les chœurs, participait à des émissions de radio, elle a même travaillé avec Gilbert Bécaud. La musique faisait donc partie de sa vie professionnelle, mais à la maison, elle ne chantait pas tout le temps. Pour elle, c’était un métier. Par contre, on avait toujours de la musique à la maison, des disques qui tournaient, et je pense que ça a nourri quelque chose en moi.

Quand as-tu compris que tu avais une belle voix ?

Ça s’est fait très simplement. En première année du primaire, quelqu’un m’a dit : « Toi, tu chantes bien. » À Noël, je me suis retrouvé à chanter devant toute l’école. Je n’avais jamais pensé à ça avant. Ça s’est installé très naturellement.

Très jeune, tu as aussi chanté avec les Petits chanteurs de Laval, dirigés par Gregory Charles. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

J’ai fait partie des Petits chanteurs de Laval entre environ 7 et 10 ans, et ç’a été extrêmement important pour moi. À l’époque, Gregory Charles n’était pas encore la personnalité publique que tout le monde connaît aujourd’hui. C’était avant ou au tout début de Chambres en ville, mais déjà, il avait une rigueur incroyable. On chantait en latin, on faisait du gospel, des chansons québécoises... J’ai même fait une tournée en France à l’âge de neuf ans. C’était la première fois que je traversais l’Atlantique. Pour un enfant, c’est quelque chose d’assez exceptionnel.

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Tu as revu Gregory Charles bien des années plus tard. Cette rencontre a, semble-t-il, été très émotive...

Oui, c’est arrivé un peu par hasard. J’allais enregistrer quelque chose à la radio et je l’ai croisé dans le corridor     ; je ne l’avais pas revu depuis mes 10 ans. J’ai demandé à mon équipe d’attendre parce que je voulais absolument lui dire merci. En lui parlant, je me suis mis à pleurer spontanément, en réalisant combien cette période avait été importante pour moi. Les Petits chanteurs avaient été une vraie stabilité dans des années parfois tumultueuses, entre les déménagements et la séparation de mes parents. C’était un endroit où je me sentais bien. Plus tard, il m’a engagé dans la comédie musicale La mélodie du bonheur, dont il faisait la mise en scène. On s’est retrouvés 30 ans après. C’était magnifique comme boucle.

Tu as aussi étudié la musique plus sérieusement au secondaire...

Oui, j’ai joué de la clarinette pendant cinq ans. Dans mon école secondaire, il y avait un programme d’option musique assez intensif. On avait plusieurs périodes par semaine consacrées à la musique plutôt qu’aux arts plastiques.

À quel moment le théâtre est-il entré dans ta vie ?

C’est la comédie musicale qui m’a amené sur scène, puis l’impro au secondaire. En secondaire 5, j’ai obtenu un gros rôle dans une pièce et j’ai vécu une expérience intense     ; un mélange de stress et d’excitation indescriptible. Les gens venaient me dire : « Toi, tu as quelque chose. » En musique, j’étais bon, mais au théâtre, j’ai senti qu’il se passait quelque chose de particulier.

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On ne peut passer à côté de ton rôle dans Indéfendable. Parle-nous de ton personnage d’avocat, Hugo Janson ?

Hugo, c’est un personnage qui agace un peu les téléspectateurs, et j’adore ça. Jouer quelqu’un de pas très gentil me permet de m’amuser, et parfois j’en rajoute pour provoquer des réactions. C’est drôle de voir les gens dans la rue me dire : « Je ne t’aime pas dans Indéfendable ! » Ça veut dire qu’ils sont plongés dans l’émission. Et puis, les monologues de plaidoiries sont uniques à la télé : longs, intenses, ils me donnent une vraie liberté d’interprétation.

Tu es un acteur accompli, mais tu n’as pas immédiatement choisi cette voie étant plus jeune...

Après le secondaire, je me suis inscrit en administration au cégep. Je n’osais pas vraiment m’assumer comme futur acteur, même si je faisais du théâtre amateur. Puis une dame m’a dit : « J’ai toujours regretté de ne pas avoir passé mes auditions quand j’étais jeune. » Cette phrase m’a frappé. Le lendemain, je me suis dit : « Je vais au moins essayer les auditions », et là j’ai compris que c’était vraiment ce que je voulais faire. J’ai croisé cette femme récemment lors de la tournée du spectacle hommage à Serge Lama, Lama - D’aventures en aventures à Gatineau. Je ne l’avais pas vue depuis que j’avais 19 ou 20 ans. Je lui ai dit : « Tu sais, cette phrase que tu m’as dite un jour... C’est ce qui m’a poussé à faire mes auditions. »

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Tu as été diplômé du Conservatoire en 2001. Cette année marque donc tes 25 ans de carrière...

Oui, quand on le dit comme ça, c’est impressionnant. Je me considère extrêmement chanceux. Depuis ma sortie de l’école, j’ai travaillé presque sans arrêt.

Tu es très lié à Sophie Cadieux. Comment cette amitié a-t-elle influencé ton parcours ?

Sophie, c’est une amie de longue date, on a fait l’école de théâtre ensemble. On joue ensemble depuis près de 27 ans. C’est elle qui avait donné mon nom pour le rôle de Kevin Bergeron dans Lâcher prise. Au-delà de ça, c’est vraiment une alliée, une personne de confiance sur qui tu peux compter, sur le plan tant artistique qu’humain. On a une compagnie de théâtre avec d’autres comédiens de notre cohorte, depuis 24 ans. Ça s’appelle La banquette arrière.

As-tu des frères et sœurs ?

Oui, j’ai une sœur qui est psychologue scolaire et travaille beaucoup avec des enfants. Parfois, nos univers se rejoignent : je passe beaucoup de temps à analyser mes personnages, et un jour elle m’a dit en riant : « Wow, tu analyses ça comme un psychologue ! » C’était drôle de voir à quel point nos réflexions pouvaient se croiser.

Et tu as un chien que tu adores, Jean-Charles...

Oui, bien sûr ! Jean-Charles a 11 mois et déborde d’énergie. Je fais en sorte qu’il puisse se dépenser pour être bien dans ses pattes. Ce qui me frappe le plus chez lui, c’est sa douceur : c’est un chien très affectueux, sans aucune méchanceté.

En terminant, quel projet s’en vient pour toi ?

J’ai un nouveau projet musical, Le Petit Roi pour toujours. C’est un projet qui va m’occuper toute l’année prochaine. C’est un hommage en chanson à Jean-Pierre Ferland, avec cinq chanteurs : Johanne Blouin, Kevin Parent, Marc-André Fortin, Julie Anne Saumur et moi. Il n’y a pas de texte ni de personnages, mais plutôt des archives vidéo et des anecdotes qui accompagnent les chansons. Chacun de nous a pu choisir ses coups de cœur parmi le vaste répertoire de Ferland.

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