Comment Cole Eiserman a-t-il pu passer de possible premier choix à 8e espoir chez les attaquants?


Jonathan Bernier
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Il y a une quinzaine de mois, le débat faisait rage à savoir qui de Macklin Celebrini ou de Cole Eiserman serait l’espoir le plus convoité lors du repêchage de 2024. Aujourd’hui, non seulement la tête de série ne fait plus aucun doute, mais Eiserman n’est même plus dans le portrait.
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«Au championnat des moins de 18 ans, tout le monde s’est énervé parce qu’il possède un bon tir. Mais Celebrini n’est pas dans la même catégorie, a déclaré un dépisteur qui a suivi l’évolution des deux espoirs. Celebrini, c’est un joueur complet qui distribue la rondelle et qui marque des buts. Ça n’a rien à voir avec Eiserman.»

Sur la dernière liste de la Centrale de recrutement de la LNH, le nom de l’Américain apparaît au septième rang chez les attaquants nord-américains. Si on ajoute celui d’Ivan Demidov, du côté international, Eiserman pointe donc au huitième rang.
On parle quand même du gars qui vient de fracasser le record de buts du programme national de développement américain. Record qui, jusque-là, appartenait à Cole Caufield. 127 buts en deux ans, c’est des goals en ta.
Peu impliqué défensivement
C’est quoi le problème? Il est pourri défensivement. Du moins, c’est ce que les statistiques compilées par Sportlogiq tendent à démontrer.
Parmi les attaquants de la USHL, circuit dans lequel évolue l’équipe du programme national de développement américain, Eiserman peine à se classer parmi les 200 premiers.
Que ce soit pour les passes bloquées (195e), les batailles à un contre un remportées (199e), les rondelles libres récupérées (207e) et les rondelles harponnées (221e).
À l’inverse, il survole la compétition dans tout ce qui concerne les statistiques offensives. Il domine pour la moyenne de buts par match (1,04), de buts attendus (0,58) et d’occasions de marquer en cycle offensif (1,83).
Quant à la moyenne de tirs cadrés (4,63), de tirs sur réception (1,75), d’occasions de marquer (4,58) et de tirs de l’enclave (2,88), le futur membre des Terriers de l’Université de Boston se classe au deuxième rang.
Bref, quand il est en possession de la rondelle, il est le joueur le plus dangereux sur la patinoire. Mais quand il ne l’a pas, il ne faut pas compter sur lui pour aller la chercher.
Un joueur têtu?
Voilà qui ne concorde pas vraiment avec la culture que Jeff Gorton, Kent Hughes et Martin St-Louis tentent d’implanter à Montréal. D’autant plus qu’il a l’air un peu au-dessus de ses affaires.
Dans une entrevue accordée récemment à TVA Sports, l’ailier gauche de 6 pieds et 195 livres affirmait ne pas accorder une grande importance au classement de la Centrale.
«Les gens derrière la création de ces listes ne sont pas ceux qui effectueront les choix plus tard, donc je n’y porte pas attention», avait-il affirmé.
Or, il appert que ceux qui prennent les décisions voient la même chose que ceux qui dressent la liste. Du moins, c’est le cas des hommes de hockey sondés par Le Journal.
On le dit unidimensionnel, inconstant et gangréné par plusieurs mauvaises habitudes.
«On se demande tous s’il peut faire autre chose que shooter le puck du top des cercles. Il est sûrement capable, mais est-ce qu’il veut le faire?, a lancé l’un d’entre eux. Ce sera la grande question à laquelle il devra répondre lors du Combine.»
Que le jeune se le tienne pour dit.
«Un coup de circuit ou un strikeout»
Les débats sur Eiserman risquent d’être animés au sein des 32 équipes.
Au cours des prochains jours, les décideurs de chacune des 32 équipes se réuniront pour débattre des candidats qu’ils prioriseront lorsque leur droit de parole viendra, le 28 juin, à Las Vegas. Le cas de Cole Eiserman risque d’être le plus polarisant.
«Eiserman, ce sera un coup de circuit ou un strikeout», a indiqué une source qui devra justement se pencher sur le cas de l’Américain au cours des prochains jours.

Il y a longtemps que l’on sait que le repêchage est une science inexacte. Combien de fois revient-on dans le passé pour souligner les erreurs et les omissions?
«S’il marque 35 à 40 buts par saison, l’équipe qui le repêchera sera morte de rire. Et il a le profil pour le faire. Il a faim et il a l’instinct. Mais si ce n’est pas le cas, le gars qui a poussé pour le repêcher va se le faire remettre sur le nez.»
«C’est un marqueur, il n’y a pas de doute. Mais dans la LNH, tu ne peux pas faire juste ça, a poursuivi notre intervenant. Lui, et les statistiques de Sportlogiq le démontrent, il reste en périphérie et il attend la rondelle.»
Une longue glissade
Les drapeaux rouges sont tellement nombreux que notre homme croit même qu’Eiserman pourrait glisser jusqu’au 25e rang. À moins qu’une formation qui détient deux choix de premier tour veuille tenter sa chance.
Comme les Sharks (1er et 14e), les Blackhawks (2e et 20e), les Ducks (3e et 24e).
«Une équipe qui se trouve dans cette position, c’est certain qu’elle va le repêcher. Elle commence par un choix sûr et après elle peut prendre le risque avec lui.»
Le Canadien détiendra également deux choix de premier tour: le 5e et un autre qui devrait se situer entre le 25e et le 27e rang. Mais puisqu’il a un joueur au profil très similaire en Cole Caufield, Kent Hughes risque de passer son tour deux fois plutôt qu’une.
| Par match | Rang, attaquants USHL | |
|---|---|---|
| Buts | 1,04 | 1er |
| Buts attendus | 0,58 | 1er |
| Occasions sur le cycle offensif | 1,83 | 1er |
| Tirs cadrés | 4,63 | 2e |
| Tirs sur réception | 1,75 | 2e |
| Occasions de marquer | 4,58 | 2e |
| Tirs de l’enclave | 2,88 | 2e |
| Tirs tentés | 7,75 | 3e |
| Tirs du bas de l’enclave | 1,21 | 4e |
| Par match | Rang, attaquants USHL | |
|---|---|---|
| Rondelles harponnées | 0,88 | 221e |
| Passes bloquées | 1,83 | 195e |
| Batailles 1 contre 1 remportées | 1,13 | 199e |
| Rondelles libres récupérées | 1,54 | 207e |