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Comment surpasser le rendement de 6,4% sur cinq ans de la Caisse de dépôt?

Photo portrait de Michel Girard

Michel Girard

2024-06-01T04:00:00Z

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Compte tenu de l’évolution des marchés financiers durant cette période allant de 2019 à 2023, un rendement annualisé de 6,39% représente-t-il une belle performance de la part des gestionnaires de la Caisse?

Je la qualifierais de «correcte», mais sans plus.

Au cours des cinq dernières années, la Caisse de dépôt et placement du Québec a dépensé 9,8 milliards de dollars en coûts de gestion interne et externe. Lors de cette même période de cinq ans, la Caisse a notamment versé 892 millions $ en primes à ses 1600 employés, dont 56 millions $ aux six membres de sa haute direction. À lui seul, le PDG Charles Emond a encaissé 16,2 millions $ en primes.

Combien ces colossales dépenses de gestion de portefeuille de la Caisse nous ont-elles rapporté sur cinq ans? Un rendement annualisé de 6,39%. C’est un brin au-dessus du rendement moyen (6%) auquel les déposants de la Caisse s’attendent pour pouvoir répondre à leurs besoins financiers. 

  • Écoutez le segment économie avec Michel Girard via QUB :

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Le petit épargnant

Chose certaine, avec les Obligations boursières d’Épargne Placements du Québec, un placement totalement sûr, le petit épargnant québécois n’a rien à envier aux grands gestionnaires de portefeuille de la Caisse de dépôt et placement.

Prenons comme exemple les deux émissions d’Obligations boursières de 5 et 10 ans qui sont venues à échéance à la fin de décembre 2023. Le terme de 5 ans a rapporté un rendement annualisé de 7,85%, comparativement à 6,39% pour les experts de la Caisse avec leur vaste portefeuille équilibré. Concernant le terme de 10 ans, il a procuré à ses détenteurs un rendement annualisé de l’ordre de 7,4%, tout comme la Caisse.

Je vous rappelle que le rendement des Obligations boursières est axé sur la performance boursière de l’Indice IQ-30, lequel indice québécois est composé des 30 grandes sociétés inscrites à la Bourse de Toronto qui ont leur siège social au Québec. Les détenteurs de ces Obligations boursières ne courent aucun risque. C’est Épargne Placement Québec qui prend tous les risques, en échange de quoi il conserve les dividendes versés sur les titres de l’Indice IQ-30. 

On jase...

Lorsque je regarde évoluer la performance desdites Obligations boursières, j’en suis rendu à me demander s’il vaut vraiment la peine pour la Caisse de dépenser annuellement des milliards de dollars en coût de gestion de portefeuille pour finalement se ramasser avec un rendement «correct», mais sans plus.

À preuve, sur un an au 31 décembre 2023, la Caisse a rapporté un rendement de 7,2% et l’Obligation boursière a accumulé un rendement de 8,8%. Sur 3 ans, le rendement annualisé est de 4,69% pour la Caisse et de 7% pour l’Obligation boursière. Sur 4 ans, soit depuis que Charles Emond dirige la Caisse, le rendement annualisé est de 5,42% à comparer à 5,9% pour l’Obligation boursière. 

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Photo Francis Halin
Photo Francis Halin
Cela dit...

Évidemment, la Caisse, avec son colossal actif net de 434 milliards $, ne peut absolument pas mettre tous ses œufs dans le même panier et ne miser que sur les sociétés québécoises.

C’est pourquoi elle diversifie, à juste raison, ses investissements dans le monde entier.

Lors des cinq dernières années, avec son rendement annualisé de 6,39%, la Caisse a réussi à engranger une plus-value de 108 milliards de dollars.

Quand la haute direction de la Caisse nous présente sa performance sous l’angle de cette plus-value, force est de constater que c’est impressionnant comme résultat.

Toutefois, quand je regarde le ratio «coûts de gestion de 9,8 milliards $ versus plus-value de 108 milliards $», cela revient à verser l’équivalent d’une onéreuse «commission» de 9% sur les gains obtenus. C’est de la grosse commission!

On me répondra que créer une telle plus-value, ça ne pousse pas dans les arbres. Ça prend des gestionnaires de portefeuille efficaces pour réussir à faire fructifier le bas de laine des Québécois. J’en conviens... 

Les attentes sont élevées

En retour des primes élevées (communément nommées la rémunération variable) que l’on verse aux membres de la haute direction de la Caisse, on s’attend à une solide performance.

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Avec son rendement annualisé de 6,39% sur 5 ans, non seulement la Caisse s’est-elle fait «battre» par les Obligations boursières d’Épargne Placements Québec, mais c’est également le cas par rapport au rendement médian (7,72%) obtenu par les fonds diversifiés des caisses de retraite canadiennes, selon la firme Telus Santé.

Qui plus est, avec un portefeuille composé de seulement trois fonds indiciels que l’on achète à la cote de la Bourse de Toronto, soit le XBB (35% d’obligations canadiennes), le XIC (32,5% d’actions canadiennes), et le XWD (32,5% d’actions mondiales), le petit investisseur aurait obtenu un rendement annualisé de 7,9%. 

Voici les huit plus grands déposants de la Caisse, avec leur actif net: 

1. Retraite Québec: 121,4 milliards $ (Régime de rentes du Québec)
2. Fonds d’amortissement des régimes de retraite du gouvernement: 115 milliards $
3. RREGOP: 86,6 milliards $ (Régime de retraite du personnel employé du gouvernement et des organismes publics)
4. Commission de la construction: 31 milliards $ (Régime supplémentaire de rentes pour les employés de l’industrie de la construction du Québec)
5. CNESST: 20,3 milliards $ (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail)
6. Fonds des générations: 19,4 milliards $
7. Société de l’assurance automobile du Québec: 13,6 milliards $
8. RRPE: 11,8 milliards $ (Régime de retraite du personnel d’encadrement) 

Ces huit déposants représentent 96,5% de l’actif net de la Caisse! 

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