Comme une répétition avant les Olympiques


Jonathan Bernier
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Il y avait quelque chose de magique à voir Connor McDavid marquer le but gagnant, jeudi soir, face aux Américains. D’abord parce qu’il permettait au Canada de remporter la Confrontation des 4 nations. Mais surtout parce qu’on a eu l’impression d’assister à la passation du flambeau.
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McDavid, le visage de la nouvelle génération marquant un but en or 15 ans moins une semaine après que Sidney Crosby eut réussi le même exploit lors de la finale des Jeux olympiques de Vancouver de 2010.
Contre ces mêmes Américains, faut-il la peine de rappeler.
Tourné vers l’Italie
«Sidney sera encore là dans 12 mois. Alors, je doute qu’on ait réellement assisté à une passation du flambeau», a déclaré le héros de la soirée, modeste.
«Sidney l’a fait aux Jeux olympiques, alors que moi, c’est en un tournoi de plus petite envergure, a poursuivi le capitaine des Oilers d’Edmonton. Nous voudrons gagner encore une fois en février 2026. C’était bien, c’était génial, mais nous regardons déjà vers les Jeux olympiques.»
Cette victoire, ce titre, ces médailles, cet hymne national entonné alors que le drapeau canadien est hissé à l’intérieur d’un amphithéâtre, ce sont des moments que les joueurs de la nouvelle génération n’avaient pas encore eu la chance de vivre.
Ça donne faim
Aucun d’entre eux n’avait fait le saut chez les professionnels lors de la dernière présence des patineurs de la LNH aux Jeux de Sotchi, en 2014. De cette équipe qui a gagné la médaille d’or, Crosby et Drew Doughty sont les derniers survivants.
Ils ont hâte d’avoir, à leur tour, l’occasion de représenter leur pays sur la plus grande scène au monde. Et la victoire face aux Américains dans un tournoi à quatre pays leur a donné encore plus faim.
«C’est un sentiment incroyable. Le feu a pris à ce tournoi, a indiqué Nathan MacKinnon, élu joueur par excellence de la compétition. Si les États-Unis nous avaient battus, ç’aurait été un dur coup dans les flancs.»
«On est fiers d’être la meilleure nation de hockey. On a acquis le droit de se vanter de l’être pendant une année de plus. Et on espère le faire une fois de plus dans 12 mois», a-t-il poursuivi.
De l’expérience en banque
De ce groupe, on peut, sans crainte de se tromper, affirmer que McDavid, MacKinnon, Crosby, Cale Makar, Mitch Marner, Devon Toews, Brayden Point et Sam Reinhart représenteront de nouveau l’unifolié en février 2026, aux Jeux olympiques de Milan. Il y en aura assurément d’autres (à lire en page 101).
Le titre acquis jeudi viendra solidifier leurs liens. À tout jamais, ils pourront dire qu’ils ont gagné quelque chose ensemble. Mais c’est également venu prouver que ce groupe pouvait arriver à de grandes réalisations.
Une victoire attendue
Ce qui leur permettra assurément d’aborder le tournoi olympique avec beaucoup de confiance.
«C’était important d’avoir un avant-goût de ce qui nous attend l’an prochain. On est arrivés dans cet événement comme si on était tous des enfants, a raconté MacKinnon. On ne savait pas trop comment on allait s’intégrer dans le groupe. Maintenant, on le sait. Alors, dans un an, nous allons être encore plus à l’aise.»
Par ailleurs, ce tournoi avait beau ne regrouper que quatre formations et ne pas être une réelle compétition mondiale chapeautée par la Fédération internationale de hockey sur glace, il a néanmoins permis au hockey canadien de retrouver certaines de ses lettres de noblesse après deux éliminations consécutives en quarts de finale du Championnat mondial junior.
«Le Canada avait besoin d’une victoire. Les joueurs ont pris ce mandat sur leurs épaules, et ils y ont mis du sérieux, a lancé l’entraîneur Jon Cooper. Cette victoire était différente. Elle n’était pas pour eux. Elle était pour les quelque 40 millions de personnes. Les gars ont livré la marchandise.»
C’est vrai que ça a fait du bien.