«Comme si un autobus m’avait roulé dessus plusieurs fois»: Weber souffrait le martyre

TVA Sports
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C’est un secret de Polichinelle que Shea Weber ait joué les séries de 2021 dans un très piteux état. Mais le corps de Weber, semble-t-il, était en lambeaux depuis beaucoup plus longtemps qu’on ne le soupçonnait.
L’ancien capitaine des Canadiens s’est ouvert plus en profondeur sur ses ennuis à l’infirmerie en fin de carrière lors d’une entrevue avec le journaliste de The Athletic Arpon Basu, qui est allé à sa rencontre dans le cadre de son intronisation au Temple de la renommée de la Colombie-Britannique.
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Weber n’a plus jamais eu la même qualité de vie après d’importantes opérations à un pied en mars 2018 et à un genou en juin 2018.
Le numéro 6 devait alors composer avec une nouvelle réalité. Il devait arriver à Brossard plusieurs heures avant les séances d’entraînement pour recevoir les soins des thérapeutes de l’équipe. Des heures de préparation, donc, simplement pour prendre part à un entraînement.
«Ç’a commencé avant les séries de 2021, a confirmé Weber à Basu. C’était probablement un an et demi avant cela. Je savais que le calendrier n’était pas idéal en raison de la COVID-19, mais je voulais tenter ma chance. Mais cette année-là [2020-2021], je ne pouvais pas marcher. C’était tellement douloureux. Jouer dans la LNH à un haut niveau de compétition, c’est juste une autre bête.»
Weber a également avoué qu’il a dû consommer une bonne dose de médicaments pour tenir le coup durant les séries.
«Je ne veux même pas m’étendre sur la quantité de médicaments que je devais prendre en raison de la douleur. Tu en prends tellement que tu ne peux plus rien sentir et puis quelque chose d’autre lâche. Ton épaule. Je me suis déchiré l’aine. C’était de l’accumulation. À la fin, j’étais comme: "Ayoye!"»
Quand la finale de la Coupe Stanley s’est terminée, le retour sur terre a été pour le moins brutal.
«Toute la médication a arrêté de faire effet, l’adrénaline des séries s’est estompée. C’était comme si un autobus m’avait roulé dessus plusieurs fois», a confié Weber, qui n’a plus jamais rejoué par la suite.
Réalisant la piètre condition de son capitaine, Marc Bergevin avait décidé de ne pas protéger Weber au repêchage d’expansion servant à former le Kraken de Seattle.
«J’ai essayé de revenir au jeu, a raconté Weber. J’ai essayé d’appeler mon agent et de lui dire que je tenterai un retour, mais il m’a fait comprendre qu’il n’y avait aucune chance que cela se produise si je voulais pouvoir continuer à marcher.»
La douleur physique de Weber est aussi devenue psychologique pour un athlète qui n’était pas prêt à accrocher ses patins ni prêt à accepter le fait qu’il avait vraiment tout laissé sur la patinoire et qu’il ne lui restait plus rien à donner.
Voilà qui remet en perspective le mutisme du vétéran, qui avait suscité une certaine gronde à Montréal. Avant que Nick Suzuki n'obtienne le «C», c'était encore Weber, en théorie, le capitaine de l'équipe. Or, il ne donnait pratiquement aucun signe de vie.
Dans une visioconférence organisée fin juin par le Temple de la renommée du hockey, Weber a d'ailleurs présenté ses excuses.
«Mentalement, ça n’allait pas et physiquement non plus, a expliqué le colosse. Je savais que je ne pouvais plus jouer et ça me frustrait. Mon agent m’appelait pour savoir ce qui se passait, mais je ne voulais parler à personne, que ce soit la famille, les amis, les journalistes ou les autres. Je suis désolé pour cela, ce n’était pas intentionnel», a-t-il affirmé.
Le contrat de Weber prendra officiellement fin à l'été 2026, mais il n'appartient plus aux Canadiens. Il a été échangé aux Golden Knights de Vegas à l'été 2022, puis aux Coyotes de l'Arizona (maintenant la formation de l'Utah) en février 2023.