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Combien vaut Jake Evans?

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Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-01-21T16:30:00Z

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Que vaut Jake Evans? Une question simple mais qu’à peu près tout le monde se pose, présentement.  

L’attaquant du Canadien de Montréal connaît présentement la meilleure saison de sa carrière, à tous les niveaux. Offensivement, s’il maintient ce rythme, il s’approchera des 20 buts et 45 points, ce qui serait, de loin, sa meilleure production en carrière après les 29 points en 72 matchs qu’il avait récoltés en 2021-2022.

Maintenant, le débat fait rage chez les partisans et observateurs: Kent Hughes doit-il échanger Jake Evans, qui sera joueur autonome sans compensation à la fin de la saison, d’ici la date limite des transactions, ou doit-il s’assurer de conserver ses droits?

Comme dans tout bon dilemme, il y a des pour et des contre. On a tenté d’évaluer, pour vous, combien mérite Evans lors de son prochain contrat et, à l’inverse, ce qu’il pourrait rapporter aux Canadiens s’ils décidaient de s’en départir d’ici le 7 mars.

Une saison remarquable qui fausse la donne? 

Photo MARTIN CHEVALIER
Photo MARTIN CHEVALIER

Pour tenter d’établir la valeur d’Evans, on s’est basé sur plusieurs facteurs.

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On a tout d’abord demandé à la firme Sportlogiq d’établir une liste de joueurs présentant un impact similaire à Evans cette saison, dans toutes les facettes du jeu.

Et les résultats sont surprenants. Les cinq joueurs dont le profil statistique se rapprochait le plus de celui d’Evans cette saison sont les suivants: Anthony Cirelli (Tampa Bay), Brayden Schenn (St. Louis), Mikael Granlund (San Jose), Morgan Frost (Philadelphie) et Alex Wennberg (San Jose).

Outre Frost, qui en est à la dernière année d’un contrat de deux ans qui lui rapporte 2,1 M$ par saison, ce sont tous des joueurs qui commandent présentement entre 5 M$ et 6,5 M$ annuellement.

Et, pour que ce soit clair, on n’est pas en train de dire que c’est ce qu’Evans vaut! Il s’agit plutôt d’une preuve de la saison remarquable qu’il connaît présentement.

Mais d’apporter des noms comme Schenn ou Cirelli sur la table de négociation serait assurément une fin de non-recevoir pour le Canadien, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de la première véritable bonne saison offensive de Jake Evans dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

La grande question demeure de savoir s’il ne s’agit que d’une exception ou s’il a réellement éclos. En regardant ses chiffres, on n’a d’autres choix que de penser que c’est davantage l’exception que la règle.

Présentement, Evans présente un impressionnant pourcentage de lancers de 25,6%. En d’autres mots, il marque tous les quatre tirs qu’il dirige au filet. Ce rythme est quasi insoutenable pour un joueur comme Evans, puisqu’il appartient à l’élite de la LNH. Pour comparer, Leon Draisaitl (22,8%), Mark Scheifele (25,5%) et Sam Reinhart (23,1%) font aussi partie des meilleurs à ce niveau, et on parle de joueurs offensifs d’élite.

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D’autres comparables 

Photo Getty Images / AFP
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L’un des contrats signés récemment qui a fait jaser est celui de l’attaquant des Sénateurs d’Ottawa Ridly Greig. L’attaquant de 22 ans a paraphé une entente de quatre ans qui lui rapportera 3,25 M$ par saison.

Selon Sportlogiq, l’impact d’Evans sur son équipe est plus marqué, autant offensivement que défensivement, que celui de Greig qui, il faut l’avouer, ne connaît pas sa meilleure saison.

Toutefois, il a 22 ans et serait devenu agent libre avec compensation à la fin de la saison, rendant son pouvoir de négociation inférieur à celui d’Evans, qui peut simplement décider de partir et obtenir le montant qu’il souhaite ailleurs.

Brett Howden, des Golden Knights de Vegas, est aussi un joueur dont le nouveau contrat (cinq ans à 2,5 M$ annuellement) a été relié à la situation d’Evans, surtout qu’il serait lui aussi devenu agent libre sans restriction.

Toutefois, Howden ne connaît pas l’éclosion offensive du joueur du CH cette saison et gageons qu’on peut se permettre d’accepter un peu moins dans un marché comme Vegas, l’un des plus avantageux sur le plan fiscal dans la LNH.

En prenant tout ça en considération, Evans pourrait très bien justifier une augmentation de salaire d’au minimum 3,5 M$ à 4 M$ par saison, pour une période de quatre ans. 

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D'ailleurs, la firme AFP Analytics, qui fait des projections annuellement sur la valeur des contrats des joueurs autonomes à venir dans la LNH, a d'ailleurs publié son premier rapport de mi-saison, mardi. Dans son évaluation, Evans est en mesure de demander un contrat de quatre ans, à un peu plus de 3,4M$.

Et l’échanger, ça rapporterait quoi? 

Photo Getty Images / AFP
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Si les demandes d’Evans sont jugées trop élevées par la direction du CH, ils devront analyser l’option de l’échanger.

Mais à quel prix? Le journaliste de TSN Darren Dreger rapportait récemment dans une entrevue à une radio montréalaise que les Flyers de Philadelphie demandaient un choix de premier tour pour l’attaquant Scott Laughton et qu’au moins huit équipes lui avaient mentionné que ça n’arriverait pas. Donc, si Laughton vaut un choix de deuxième tour, est-ce qu’Evans en vaut autant?

Pour les plus optimistes, il y a un parallèle à tirer avec Artturi Lehkonen. L’ailier du CH avait rendu de fiers services à l’équipe, sans produire des chiffres offensifs mirobolants, et avait finalement été échangé en retour d’un choix de deuxième tour et Justin Barron, un ancien espoir de première ronde.

Avant de quitter Montréal, Lehkonen avait inscrit 149 points en 396 matchs, pour une moyenne de 0,38 point par rencontre. À l’heure actuelle, Evans présente une moyenne de 0,37 point par match depuis le début de sa carrière.

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L’an dernier, Alexander Wennberg, un joueur dont le profil ressemble à celui d’Evans cette saison, avait été échangé du Kraken de Seattle aux Rangers de New York en retour de choix de deuxième et de quatrième tour. Il gagnait toutefois beaucoup plus cher qu’Evans (4,5M$). À 1,7M$, Evans demeure une aubaine.

Des exemples de transactions réalisées à la date limite

On a fouillé les dernières dates limites des transactions pour trouver des échanges impliquant des attaquants considérés «d’utilité», donc pas nécessairement des hockeyeurs pouvant remplir un rôle sur l’un des deux premiers trios d’une équipe aspirante, sur une base régulière, et qui devenaient agents libres sans compensation. Voici ce qu’on a trouvé. Ces transactions ont eu lieu lors de la date limite ou quelques jours avant.

  • 16 mars 2022: Calle Järnkrok passe du Kraken aux Flames en retour de choix de deuxième, de troisième et de septième tour.
  • 21 mars 2022: Andrew Copp passe des Jets de Winnipeg aux Rangers de New York avec un choix de sixième ronde en retour de choix conditionnels de premier et de deuxième tour ainsi qu’une sélection de cinquième ronde.
  • 21 mars 2022: Le Canadien envoie Artturi Lehkonen au Colorado en retour de Justin Barron et d’un choix de deuxième ronde.
  • 25 février 2023: Nino Niederreiter passe des Predators aux Jets en retour d’un choix de deuxième ronde.
  • 1er mars 2023: Lars Eller est échangé au Colorado par les Capitals de Washington, qui reçoivent un choix de deuxième tour en plus de retenir 31% du salaire d’Eller.
  • 1er mars 2023: Les Predators de Nashville échangent Mikael Granlund aux Penguins de Pittsburgh contre un choix de deuxième ronde.
  • 5 mars 2024: Anthony Mantha passe aux Golden Knights de Vegas en retour d’un choix de deuxième ronde en 2024 et de quatrième ronde en 2026. Les Capitals de Washington conservent aussi 50% du salaire de Mantha.
  • 6 mars 2024: Alex Wennberg passe aux Rangers de New York et ils envoient des choix de deuxième et de quatrième ronde au Kraken de Seattle, qui conservent 50% du salaire de Wennberg.
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