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Afghanistan : poursuite des combats pour empêcher les talibans de s’emparer de grandes villes

AFP

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2021-08-02T10:53:49Z

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Les forces afghanes affrontaient toujours lundi les talibans dans la ville de Lashkar Gah, dans le sud de l’Afghanistan, pour empêcher qu’une première capitale provinciale ne tombe aux mains des insurgés qui resserrent leur étau sur plusieurs grandes villes. 

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Censée s’achever d’ici le 31 août, l’opération de retrait des forces étrangères, présentes depuis 20 ans dans le pays, est désormais quasiment terminée.

M. Ghani a affirmé avoir élaboré un plan sur six mois pour briser l’élan des talibans, sans en dévoiler les détails. Un porte-parole des insurgés, Zabihullah Mujahid, a qualifié les propos de M. Ghani d’« absurdités ». 

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Face à la « hausse des violences », Washington, qui a déjà octroyé des visas d’immigration spéciaux à des interprètes et autres auxiliaires afghans de l’armée américaine, a annoncé son intention d’accueillir des milliers d’Afghans supplémentaires, qui pourraient être en danger en raison de leur proximité avec les États-Unis.

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Le gouvernement afghan a annoncé lundi le déploiement de centaines de membres d’unités commando à Lashkar Gah.

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Dans la nuit, les talibans y ont mené une « attaque coordonnée » sur la prison, mais ont été repoussés par « une contre-offensive des forces afghanes au sol et des frappes aériennes », a indiqué l’armée afghane.

« La vie s’est arrêtée »

« Il y a des combats, des coupures d’électricité (...) les réseaux de télécommunications sont hors service, il n’y a plus de médicaments, les pharmacies et centres de santé sont fermés », a déclaré à l’AFP Hawa Malalai, une habitante de Lashkar Gah.

Ataullah Afghan, le chef du Conseil provincial du Helmand (sud), dont Lashkar Gah (200 000 habitants) est la capitale, a accusé les talibans de « s’abriter dans des maisons de civils » et de s’en servir comme bouclier.

« Il y a sans arrêt des coups de feu, des frappes aériennes et des tirs de mortiers dans des zones densément peuplées. Les maisons sont bombardées et beaucoup de gens ont été grièvement blessés », a indiqué dans un communiqué Sarah Leahy, coordinatrice de Médecins sans frontières (MSF) dans le Helmand.

« C’est juste beaucoup trop dangereux et la vie s’est arrêtée », a-t-elle ajouté, précisant que MSF avait procédé à de nombreuses opérations chirurgicales sur des personnes blessées par les combats.

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Le Helmand, une place forte des talibans, a été le théâtre de certains des combats les plus intenses au cours des 20 ans d’intervention internationale et la province la plus meurtrière pour les forces de l’OTAN.

Les talibans se sont emparés ces trois derniers mois de vastes territoires ruraux d’Afghanistan lors d’une offensive éclair lancée à la faveur du retrait des forces internationales.

Les forces afghanes n’ont opposé qu’une faible résistance et ne contrôlent plus que les capitales provinciales — dont certaines sont encerclées —, qu’elles doivent désormais défendre bec et ongles.

« Bévue stratégique »

La chute d’une première capitale provinciale aurait un impact stratégique et psychologique désastreux sur le gouvernement afghan et son armée, dont le moral est déjà sérieusement entamé par les récentes conquêtes des talibans.

Cela renforcerait encore les doutes sur la capacité des forces afghanes à empêcher les talibans de prendre à nouveau le pouvoir.

Les combats se poursuivaient également dans les faubourgs et autour de Kandahar, grande ville du Sud (650 000 habitants) et berceau des talibans qui en avaient fait l’épicentre de leur régime islamique ultrarigoriste (1996-2001).

« Au cours des dernières 24 heures, ont été admis 18 civils blessés » lors de combats dans les faubourgs de Kandahar et les districts environnants, a indiqué à l’AFP le directeur de l’hôpital Mirwais de Kandahar, Daud Farhad.

Dimanche, les talibans avaient tiré des roquettes sur l’aéroport de Kandahar, endommageant la piste également utilisée par les appareils militaires afghans et cruciale pour le ravitaillement et le soutien aérien des troupes.

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Dans l’ouest du pays aussi, des combats avaient lieu dans les faubourgs d’Hérat, notamment à quelques kilomètres à l’ouest de la ville, selon un correspondant de l’AFP.

Lundi, les forces afghanes « ont lancé des opérations de nettoyage dans les faubourgs d’Hérat » et « progressent désormais », a affirmé le porte-parole du ministère de la Défense, Fawad Aman.

Selon le chercheur Nishank Motwani, « si les villes afghanes tombent (...) la décision américaine de se retirer d’Afghanistan restera dans les mémoires comme une des bévues stratégiques les plus notables de la politique étrangère américaine ».

Les ambassades américaine et britannique en Afghanistan accusent les talibans d’avoir « massacré » des dizaines de civils

Les ambassades américaine et britannique à Kaboul ont accusé lundi les talibans d’avoir « massacré des dizaines de civils » à titre de représailles dans le district de Spin Boldak, dans le sud de l’Afghanistan, dont ils se sont emparés le 14 juillet.

« Ces meurtres sont susceptibles de constituer des crimes de guerre ; ils doivent faire l’objet d’enquêtes et les combattants ou chefs talibans responsables doivent rendre des comptes », indiquent les deux ambassades en termes similaires sur leurs comptes Twitter respectifs, renvoyant à un rapport de la Commission afghane indépendante des droits de l’homme (AIHRC), un organisme public.

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Les deux ambassades estiment que « la direction des talibans doit être tenue responsable des crimes de leurs combattants. Si vous n’êtes pas capables de contrôler vos combattants maintenant, vous n’avez rien à faire au gouvernement plus tard ».

Dans son rapport, l’AIHRC écrit avoir « découvert qu’après avoir pris le district de Spin Boldak, les talibans ont recherché et identifié les responsables gouvernementaux passés et présents, et ont tué ces gens n’ayant aucun rôle combattant ».

La Commission dit avoir identifié 40 personnes tuées dans le district par les talibans, mais « selon certaines allégations, qui n’ont pu être vérifiées dans l’immédiat, leur nombre pourrait être supérieur ».

Les insurgés ont aussi exercé des représailles contre des habitants qui ont accueilli favorablement les forces afghanes lors d’une tentative de reconquête du district ayant finalement échoué, pillant notamment leurs domiciles. Des civils ont également été tués pour « motifs personnels » et des « conflits passés », selon l’AIHRC.

Ces meurtres dans le district de Spin Boldak par les talibans sont une violation claire du droit international humanitaire et peuvent être assimilés à des crimes de guerre, estime la Commission.

Selon elle, « alors que la direction des talibans a officiellement affirmé que ses combattants ne s’en prendraient pas aux civils ou aux bâtiments civils, cet épisode et d’autres similaires montrent qu’au contraire de ce qu’il affirme, le mouvement n’adhère pas dans la pratique aux principes du droit international en matière de droits de la personne et de droit humanitaire ».

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