Collision à l’aéroport LaGuardia: un problème de communication en cause?

Thierry Bastien
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Un problème de communication pourrait être en cause dans l’accident impliquant un avion d’Air Canada Express et un véhicule de pompiers lors de l’atterrissage à l’aéroport LaGuardia, dimanche soir, selon deux experts en aviation.
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Le pilote et le copilote ont été tués lors de l’incident qui a aussi fait plusieurs blessés, dont certains « grièvement ». Quarante et une personnes, dont des passagers, des membres d’équipage et des pompiers, ont été transportées à l’hôpital, selon la directrice générale de l’Autorité aéroportuaire de New York et du New Jersey, Kathryn Garcia.
Un incident du genre avec un tel impact au sol est très rare, selon Mehran Ebrahimi, directeur de l’Observatoire international de l’aéronautique et de l’aviation civile à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
« Pour qu’une telle chose arrive, il doit y avoir une rupture de la chaîne de communication, c’est-à-dire quelqu’un qui était là où il ne devait pas être. On sait que l’avion roulait plus vite que la vitesse qu’il pouvait avoir. On sait que la tour de contrôle remarque brusquement la présence de camions de pompiers sur la piste et ordonne de façon très ferme de s’arrêter. Alors, il faut voir maintenant dans cette espèce de communication qui a fait l’erreur », mentionne-t-il en entrevue, lundi, à LCN.

Dans l’enregistrement audio, on peut entendre le contrôleur aérien donner l’autorisation aux véhicules d’urgences de traverser la piste et ensuite parler à un autre avion (Frontier), un élément qui aurait pu le distraire, selon un ancien pilote de ligne.
« Déjà là, on a un contrôleur qui s’occupe des avions en approche finale et un avion qui circule au sol. Donc, ce contrôleur-là peut être occupé de deux positions », dit le commandant de bord et expert en aviation Dominic Daoust, en entrevue à LCN.
Un échange enregistré après la collision à l’aéroport LaGuardia tend à confirmer cette hypothèse alors qu’on entend un contrôleur aérien dire : « J’ai cafouillé ».
Un élément à considérer, selon lui, est un grincement qui survient à un certain moment dans l’enregistrement audio.
« Il y a un drôle de son. C’est souvent dû à une radio VHF, qui est une radio conventionnelle. Quand deux personnes parlent en même temps, bien, ça bloque tout le monde. S’il y a deux transmissions, ça peut faire en sorte que le message ne se rende pas. Donc, ce qu’on a entendu : “stop, stop, stop”, on peut soupçonner que le message ne s’est pas rendu », indique Dominic Daoust.

Selon Mehran Ebrahimi, ce qui rend cet accident étrange est qu’il s’agit d’un avion fiable et que l’aéroport est rodé.
« À part la pluie qui était très, très forte, on est dans une situation très normale, si je peux me permettre d’employer ce terme-là, ce qui rend encore la chaîne des événements plus incompréhensible », explique-t-il.

Les enquêteurs vont maintenant « isoler la scène » et évaluer l’état de la piste, les commandements, les communications et les boîtes noires de l’avion afin de déterminer ce qui a causé l’accident.
Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) va déployer des enquêteurs sur place pour appuyer le Conseil national de la sécurité des transports (NTSB) dans cet incident en vertu d’accords internationaux.
En vertu d’accords internationaux, le #BSTAir déploie des enquêteurs pour appuyer le @NTSB à la suite d’une collision d’aéronef à l’aéroport #LaGuardia, New York. https://t.co/IQCg5eaYFn
— BST du Canada (@BSTCanada) March 23, 2026
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.