Cole Caufield devrait peut-être se fâcher un peu...

Marc de Foy
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Il a été évidemment question de Cole Caufield lorsque Kent Hughes a répondu aux questions des journalistes portant sur la première moitié de saison du Canadien, hier matin. Sur un ton neutre, Hughes a mentionné que Caufield n’avait atteint la cible que dans une proportion de sept pour cent de ses tirs au but. Il a ajouté que parmi les marqueurs de 11 ou 12 buts, cette moyenne plaçait Caufield plaçait au 110e rang dans la Ligue nationale.
Le directeur général du Tricolore a renchéri en disant qu’il s’agit d’une baisse significative comparativement à l’an dernier. Caufield avait eu le temps d’inscrire 26 buts en 46 matches et de maintenir une moyenne de précision de 16,5% avant qu’une blessure à une épaule ne mette fin à sa saison.
« Est-ce de la malchance ou est-ce qu’il y a quelque chose (qui ne va pas) dans son lancer ? » s’est-il demandé.
C’est peut-être une combinaison des deux.
De 16,5% qu’il était la saison dernière, le pourcentage de précision de Cole Caufield n’est que de sept pour cent avant le match de lundi soir. PHOTO MARTIN CHEVALIER
Stressé par son contrat?
N’empêche, l’attaquant de 23 ans s’est vu accorder un généreux contrat d’une valeur globale de 62,8 millions sur huit ans pour marquer des buts.
Quand j’ai demandé à Hughes si c’était décevant ou inquiétant, il n’a pas voulu utiliser ses mots.
« Mais c’est sûr que tu veux que tes marqueurs marquent des buts, a-t-il répondu.
« Après les gardiens, les marqueurs sont les joueurs pour qui la régularité est la chose la plus difficile à maintenir d’une saison à l’autre et en cours de saison.
« Mais je ne voudrais pas qu’il joue différemment ou qu’il ressente de la pression de la direction à cause de son contrat. On veut que Cole soit Cole.
« Ce qui m’impressionne de lui, c’est qu’il garde le sourire dans la chambre. Il est tellement important. Il amène de la vie dans l’équipe. »
Hughes serait inquiet si c’était le contraire.
« S’il ressent de la pression, il ne le montre pas », a-t-il conclu.
Bon ou pas?
Est-ce la bonne approche?
Oui et non.
Caufield devrait peut-être se fâcher un peu. Se dire avec conviction que ça a assez duré et que le temps est venu de prendre le taureau par les cornes.
Le fait est que les joueurs ne réagissent pas tous de la même façon devant l’adversité. Certains vont garder leurs problèmes pour eux tandis que d’autres s’emportent.
Max Pacioretty bougonnait quand il traversait une léthargie. Son comportement lui a valu des reproches, mais on ne pouvait l’accuser d’être indifférent. D’ailleurs, j’ai toujours pensé que certains y étaient allés trop fort avec lui.
Beau temps, mauvais temps, Pacioretty se présentait devant les journalistes à tous les jours et n’essayait pas de se disculper quand il ne produisait pas.
Ça dépend de la personnalité et du caractère du joueur.
Saint-Louis ne riait pas
Celui qui dirige Caufield, Martin Saint-Louis lui-même, avait un sens de l’autocritique élevé quand ça n’allait pas à son goût. Je me rappellerai toujours d’une discussion que j’avais eue avec lui dans les dernières semaines de la saison qui avait suivi le lock-out qui avait mené à l’annulation de la campagne 2004-2005.
En 2003-2004, Saint-Louis avait remporté le championnat des marqueurs de la LNH et mérité le trophée Lester B. Pearson – renommé depuis le trophée Ted Lindsay -, accordé au joueur le plus utile à son équipe par l’Association des joueurs. Lors du retour au travail, le Ligntning de Tampa l’avait gratifié d’une entente de six ans d’une valeur de 31,5 millions $.
En parcourant mes vieilles archives poussiéreuses, ma rencontre avec Saint-Louis eut lieu exactement le 4 mars 2006. Il avait une face d’enterrement alors qu’il se tenait debout devant son casier à l’amphithéâtre du Lightning.
« C’est vrai que je ne réponds pas aux attentes, avait-il convenu.
« La seule chose qu’un joueur peut contrôler quand les choses ne fonctionnent pas, c’est son ardeur au travail. C’est la première fois que je ne suis pas à la hauteur. Ce n’est pas imputable à un manque d’effort, mais je travaille mal. »
Saint-Louis le prenait dur.
« C’est très difficile sur le plan psychologique, avait-il ajouté.
« On ne veut décevoir personne ni soi-même, mais je commence à comprendre que ça fait partie d’une carrière. Il est difficile de répéter chaque année le genre de saison que j’ai connu il y a deux ans. »
À partir de là, Saint-Louis avait inscrit 13 buts et totalisé 18 points en 23 matchs pour clore la saison avec une fiche de 31 buts et 30 mentions pour un total de 61 points en 80 matchs.
L’année suivante, il avait connu ce qui devait être probablement le retour de l’année. Rien de moins qu’une récolte de 102 points (43-59) pour la saison la plus productive de sa carrière.
Saint-Louis devrait peut-être en souffler un mot à Caufield...