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Coincée sous les bombardements à Beyrouth: une Québécoise terrifiée fait ses adieux préventifs à ses proches

Israël a promis de bombarder une banlieue au sud de la capitale au point où elle ressemblera à Gaza

Un bombardement israélien dans la banlieue sud de Beyrouth jeudi soir.
Un bombardement israélien dans la banlieue sud de Beyrouth jeudi soir. AFP
Photo portrait de Olivier Faucher

Olivier Faucher

2026-03-06T05:00:00Z

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Une Québécoise coincée chez sa famille au Liban a tellement eu peur de mourir sous les bombardements israéliens, dont l’annonce a semé la panique dans le pays jeudi, qu’elle a déjà fait ses adieux à ses enfants et à son mari, encore au Québec.

« J’ai envoyé des messages à mes proches pour leur dire que si je ne les vois plus, qu’ils sachent comment ils sont précieux pour moi », a confié Nadia Naffi, une résidente de Montréal.

Avec ses deux neveux, sa nièce et son père, la femme dans la cinquantaine s’était mise à l’abri dans le corridor d’un immeuble à logements de Beyrouth jeudi.

Plus tôt dans la journée, Israël avait promis de détruire une banlieue du sud de la capitale libanaise en la transformant en Gaza. Selon Israël, ce secteur est un bastion du mouvement islamiste Hezbollah, qui a attaqué Israël après le début de la guerre avec l’Iran la semaine dernière. 

Un immeuble détruit après un bombardement à Beyrouth mercredi.
Un immeuble détruit après un bombardement à Beyrouth mercredi. AFP
Chaos dans les rues

La population a été appelée à évacuer immédiatement le secteur, où vivent entre 600 000 et 800 000 personnes. La panique s’est alors emparée des résidents, qui ont quitté leur maison et envahi les rues de la capitale.

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Sur des images diffusées par les chaînes locales et sur les réseaux sociaux, on peut voir des foules fuyant le sud de la capitale à pied, à moto ou en voiture. 

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« Terrifiée » et à quelques kilomètres de la banlieue visée, Nadia Naffi a quand même pris quelques minutes pour raconter ses derniers jours au Journal.

Professeure au Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de l’Université Laval, Mme Naffi a devancé un voyage dans son pays d’origine voué à un projet de recherche pour voir son frère qui a eu un accident d’auto. Lui et plusieurs membres de sa famille habitent encore Beyrouth, alors que son mari et ses trois enfants sont au Québec.

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE L'UNIVERSITÉ LAVAL
PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DE L'UNIVERSITÉ LAVAL

Quelques semaines après son arrivée, le Liban s’est retrouvé sous les bombardements israéliens.

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Trop dangereux de rentrer

« Ma première réaction a été que je devais absolument quitter. Mais pour aller à l’aéroport, il faut passer par un chemin qui traverse la banlieue visée par Israël sur lequel il y a eu deux voitures attaquées par des drones hier », explique-t-elle.

Une colonne de fumée après un bombardement israélien à Beyrouth mercredi. Derrière, on peut voir l'aéroport.
Une colonne de fumée après un bombardement israélien à Beyrouth mercredi. Derrière, on peut voir l'aéroport. AFP

Ainsi, elle a passé la journée de jeudi à se préparer à survivre à un bombardement, notamment en mettant tout ce qui est en verre par terre en cas d’éventuelle déflagration.

« Mes étudiants à l’université m’écrivent et j’ai dû leur répondre des messages d’adieu », s’attriste-t-elle.

Sami Aoun, politologue associé à la Chaire de recherche Raoul-Dandurand et spécialiste du Moyen-Orient, estime que le scénario qui se dessine au Liban est « très grave ». Il s’inquiète notamment du déplacement massif d’un million de chiites à travers le pays causé par les attaques israéliennes.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

« L’unité du territoire libanais et sa société seraient en péril. Cela pourrait créer des incidents qui pourraient se détériorer en confrontations sectaires entre chiites, sunnites et chrétiens », dit-il à propos du pays où cohabitent plusieurs groupes religieux et qui a déjà connu la guerre civile.

– Avec l’AFP

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