Cody Fajardo victime des circonstances


Benoît Rioux
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Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour Cody Fajardo qui, après avoir signé une prolongation de contrat avec les Alouettes il y a moins d’un an, se retrouve soudainement face à l’inconnu.
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Encore il y a deux semaines, lors du bilan de fin de saison, Fajardo disait rêver de se retirer dans l’uniforme des Alouettes et de procurer un nouveau championnat de la LCF à la ville de Montréal. C’était avant l’octroi, ces derniers jours, d’un nouveau contrat de trois ans au quart-arrière Davis Alexander, plus jeune et plus prometteur.
«À seulement 26 ans, Davis est l’avenir de cette concession», a tranché le directeur général des Alouettes Danny Maciocia, mercredi, par voie de communiqué.
«Nous lui confions maintenant les rênes de l’équipe», a-t-il ajouté.
Forcé de choisir
Difficile d’être plus clair! Selon toute vraisemblance, Fajardo devient une victime des circonstances alors que les contrats, à de rares exceptions près, ne sont pas garantis dans la Ligue canadienne de football.
Après avoir mené les Alouettes à la coupe Grey quelques semaines plus tôt, le vétéran quart-arrière avait pourtant eu droit, le 6 décembre 2023, à une prolongation de contrat menant jusqu’à la fin de la saison 2025.
«Cody a prouvé qu’il pouvait gagner et exceller sous pression, et nous sommes heureux de prolonger son association avec nous», avait alors déclaré Maciocia.
L’évaluation du directeur général n’a pas complètement changé, mais la réalité du sport professionnel l’a forcé à effectuer un choix. Il n’était pas question pour Maciocia de laisser partir Alexander, qui aurait pu devenir joueur autonome en février prochain, après avoir contribué à son développement et à son éclosion.
Sensation de déjà-vu
Fajardo, qui estime lui-même avoir joué le meilleur football de sa carrière au cours de la dernière saison, n’est pas devenu moins bon pour autant. Or, comme l’a répété le directeur général des Alouettes, il est difficile, voire un peu casse-cou de réunir au sein d’une même équipe deux quarts-arrière qui touchent un salaire de quart-arrière partant tout en respectant la masse.
Pour Fajardo, qui n'était pas disponible pour commenter mercredi, la situation actuelle n’est pas complètement étrangère à celle qu’il a vécue en 2022, à sa dernière saison avec les Roughriders de la Saskatchewan, quand Mason Fine menaçait de prendre son poste de quart-arrière numéro un.
«Tu veux être dans une équipe où tu sais que tu es le gars en qui on a confiance, plaidait d’ailleurs Fajardo, lors du récent bilan de fin de saison des joueurs. Tu ne veux pas sentir que ça peut changer dès que tu connais un mauvais match. C’est extrêmement difficile quand tu joues avec la peur de commettre une erreur.»
«Parfois, ce n’est pas une bonne chose de miser sur deux quarts-arrière extrêmement talentueux, car ça divise les gens, les partisans, les gars dans le vestiaire et les entraîneurs, avait également mentionné le vétéran quart-arrière. Parfois, ce n’est pas toujours la meilleure formule.»