Coco Belliveau signe un sans-faute avec son premier spectacle solo


Frédérique De Simone
Partager
Coco Belliveau tape dans le mille avec son premier spectacle solo, Cocologie, qu’elle a officiellement lancé mardi soir au Gesù.
Dix ans après sa sortie de l’École nationale de l’humour, la Néo-Brunswickoise – « sur qui on peut entendre la mer si on colle l’oreille » – présente un premier opus très bien écrit, très bien joué, mais surtout très drôle.
Sans temps mort, son spectacle entraîne le spectateur dans les dédales de sa tête et de ses réflexions arborescentes avec une efficacité comique désarmante et maîtrisée.

La vilaine de Big Brother Célébrités, connue pour ses nombreux appels à la ligne 1-800-trahison, a donné peu de répit au public montréalais mardi soir. Elle aborde aussi bien ses scénarios érotiques fétiches, dont celui impliquant un serpent venimeux et un paramédic de la jungle, que son grave problème de collations, sa collection de roches, sa relation avec son corps et son TSA.
Elle parvient aisément à emmener le spectateur dans des zones peu explorées par ses collègues avec une couleur bien à elle, tout en restant dans une formule de stand-up classique.
L’un des numéros les plus efficaces de la soirée – celui qui n’a laissé absolument aucune chance au public du Gesù de reprendre son souffle – est sans contredit cette savoureuse anecdote sur l’humiliation publique qu’elle a vécue à 12 ans pour faire partie du talent show de l’école.

Persuadée d’avoir inventé « le mime sur musique », c’est avec toute la confiance du monde – et l’appui de sa sœur, aussi vile qu’un vampire – qu’elle s’est présentée sur la scène de la cafétéria avec son solo d’air bongo.
Nourrissant le spectateur de détails gênants en lui faisant vivre chaque seconde de cette interminable prestation comme s’il y était, l’humoriste a raconté se revoir sur scène et y avoir son tout premier éveil spirituel.
« Je perçois... oh my God, je suis perçue », a-t-elle lancé alors que le public se tordait de rire, précisant qu’à ce moment elle n’avait fait que trois minutes de son numéro et qu’il lui en restait encore cinq à faire.
« J’ai tapé le vide pendant un bout... c’était long... J’ai laissé dans cette cafétéria-là des affaires que je ne vais jamais ravoir... Et j’ai eu mon diagnostic d’autisme à l’âge adulte... Je ne peux pas croire qu’il n’y a pas un adulte qui s’est dit : “La petite fille qui joue du bongo est weird, non ?”. »

Salutation à son personnage d’homme, Réjean, à travers qui elle se permet de faire des blagues grivoises ou encore de dire des mots doux comme « t’as raison » et « je m’excuse ».
Pour ce spectacle, Coco Belliveau s’est entourée de Guillaume Girard et de Sébastien Tessier à la mise en scène. Elle a également fait appel à l’humoriste Anne-Sarah Charbonneau, avec qui elle a déjà partagé les planches dans une formule 30-30, pour assurer sa première partie.
L’humoriste fera escale à Mont-Laurier le week-end prochain, puis poursuivra sa tournée à Gatineau (6 mars), à Laval (20 mars), à Sutton (11 avril) et à Victoriaville (17 avril) avant de se terminer à Jonquière, le 18 avril.
Pour suivre la tournée de Cocologie, c’est par ici.