Clavel l’emporte à l’arraché


Dave Lévesque
Partager
Kim Clavel voyait son affrontement contre Anabel Ortiz comme un tremplin vers un combat de championnat du monde, elle en a eu plein les bras.
Clavel (23-2, 3 K.-O.) a défait la Mexicaine (34-8, 4 K.-O.) par décision unanime des juges (96-94, 98-92, 98-92) jeudi soir pour mettre la main sur les titres vacants WBC International et IBF Intercontinental des poids paille (105 lb).
«Ç’a été plus compliqué que je pensais, mais on a la victoire et c’est ce qui est important, a confié Clavel quelques minutes après sa victoire. C’est un combat qui a été dur mentalement, elle m’a beaucoup fait réfléchir la petite maudite, elle a énormément d’expérience et elle a tout mon respect.»
C’était un premier test dans cette catégorie de poids pour la boxeuse de 34 ans qui a passé toute sa carrière à 108 lb. Elle en a eu plein les bras contre celle qui a été championne du WBC (2009-2001) et de la WBA (2013-2021).
Clavel a été forcée d’aller sur le territoire d’Ortiz, une boxeuse qu’Yvon Michel décrivait comme capable de faire de la boxe sale. Et en effet, ça n’a pas toujours été beau.
La boxeuse de Joliette, qui a souvent une approche plus analytique, a été forcée de se salir les mains après une amorce de combat difficile où Ortiz distribuait beaucoup de bons coups pendant que Clavel s’exposait défensivement quand elle tentait d’attaquer.
«Sa vitesse m’a surpris, ça m’a pris un peu de temps avant de m’ajuster. J’ai dû laisser mon petit style «cute» de côté et que je marche vers elle.
«Danielle me disait que je faisais son combat à elle, je n’ai pas eu le choix de prendre les bouchées doubles et à avancer sur elle. À partir du troisième ou du quatrième round, j’ai trouvé mon rythme.»
Combats expéditifs
Une chance que ce combat a livré la marchandise parce que la sous-carte, amputée trois combats au cours de la semaine, a été désolante avec deux combats qui ont duré respectivement moins d’une minute et moins de deux minutes tandis que le troisième s’est terminé avant la fin de la deuxième reprise.
Pour résumer, les amateurs de boxe présents ont eu droit à 267 secondes (4 min 27 s.) de boxe avant que Kim Clavel ne monte dans le ring. Ça fait cher de la seconde, peu importe le prix du billet.
La frayeur s’est emparée du Cabaret du Casino dès le premier round de la soirée quand le lourd-léger (190 lb) montréalais Ayoub Maanni (3-0, 3 K.-O.) a envoyé l’Argentin Maximilo Ledesma (2-2, 2 K.-O.) à trois reprises en moins d’une minute. La troisième fois, le puissant crochet de gauche de Maanni a envoyé son adversaire au pays des rêves à 1 min 53 s. et il a mis quelques minutes à reprendre connaissance pour ensuite se relever.

Dans le second combat de la soirée, Theo Owusu (7-0-1, 4 K.-O.) de Pierrefonds a été à peine moins expéditif chez les super-légers (142 lb). Il a envoyé l’Argentin Joel Manriquez (6-7, 0 K.-O.) au plancher tôt au deuxième round et l’arbitre Albert Padulo fils a commencé le compte et a finalement mis fin à l’affrontement après 1 min 55 s.
Ça n’a pas été mieux lors de la demi-finale de la soirée lors de laquelle le super—léger (145 lb) montréalais Omar Alieh (2-0, 2 K.-O.) a fait flancher le Hongrois Karoly Botos (2-3, 2 K.-O.) avec une solide gauche au foie. L’arbitre Érick Philipeaux a jugé que ç’en était assez, ça n’aura duré que 39 secondes.
Le gala a été amputé de trois combats au cours des derniers jours. Le Québécois Victor Tremblay a déclaré forfait après d’être blessé à l’entraînement. L’adversaire de Loïck Lahaie ne s’est jamais présenté tandis que celui de Kirill Bazhenov a raté le poids de 14 livres, ce qui enfreint les règles de la Régie des alcools, des courses et des jeux.
Un gala dans le flou
Le sort du gala dont GYM est le copromoteur vendredi au Casino du Lac-Leamy n’était pas encore connu jeudi.
Un litige oppose l’organisation d’Yvon Michel à New Era d’Yan Pellerin qui était le promoteur des boxeurs Alexis Barrière et Derek Pomerleau, deux des têtes d’affiche de la soirée qui est coorganisée par l’entreprise anglaise Matchroom.
La situation contractuelle de Barrière est nébuleuse, lui qui était auparavant sous contrat avec New Era. Pellerin allègue d’ailleurs avoir un premier droit de refus pour une période de douze mois, mais la date de fin de cette période varie selon les interprétations. Dans le cas de Pomerleau, il est sous contrat avec New Era jusqu’en 2026.
Pellerin a déposé une demande d’injonction à la Cour supérieure de Longueuil afin d’empêcher les deux boxeurs de se battre à Gatineau vendredi.
Le juge Shaun E. Finn a pris la cause en délibéré et rendra une décision vendredi matin.