Claire Dalton fait sa loi à Verdun

Patric Laprade
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Elle est plus grande que Joe, plus cultivée que William, plus réfléchie que Jack et plus intelligente qu’Averell. Et hier après-midi, elle a littéralement volé le spectacle à Verdun! Je vous présente Claire Dalton!
Bien qu’elle n’ait rien à voir avec les célèbres personnages de la bande dessinée Lucky Luke, Claire Dalton a offert une performance presque aussi légendaire samedi à l’Auditorium de Verdun : trois buts, incluant un but à la Bobby Orr.
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C’est le 10 mai 1970 que le défenseur des Bruins de Boston a marqué, puis plongé sur la patinoire, laissant ainsi en héritage l’une des photos les plus marquantes de l’histoire du hockey. Presque 54 ans plus tard, avec moins de deux minutes à jouer en deuxième période, alors que son équipe était en désavantage numérique, Dalton a coupé vers le filet de la gardienne d’Ottawa, a marqué pour ensuite plonger et s’étendre de tout son long.
Si le but d’Orr a permis aux Bruins de remporter la Coupe Stanley, celui de Dalton a permis à Montréal de s’imposer dans le match.
« Quand tu marques, ça amène toujours une part de confiance et de momentum, a expliqué Dalton en point de presse après la rencontre. Mais l’échec avant en désavantage numérique est quelque chose de spécifique sur laquelle on avait travaillé et c’est le fruit du travail des quatre personnes qui étaient sur la patinoire. »
Bien modeste Claire. Laissons maintenant la parole à la capitaine Marie-Philip Poulin.
« Je pense que Claire ne l’a pas dit assez, mais son but a été extrêmement important! Le momentum a changé, c’était un très gros but. Surtout en désavantage numérique et de la façon qu’elle l’a fait, je pense que ça nous a donné encore plus d’ailes. Je suis tout de suite allé la voir et j’ai dit ‘Claire Bobby Dalton Orr!’ »
Contrairement aux frères Dalton, Claire n’a pas souvent manqué sa cible. Sur les quatre lancers qu’elle a dirigés vers Emerance Maschmeyer, elle a marqué trois fois, son premier tour du chapeau depuis aussi loin qu’elle peut se souvenir. C’est la deuxième joueuse à Montréal à enfiler trois buts dans une partie après Poulin, qui a tout de même amassé trois passes hier.
Après une bonne première période, la deuxième a été plus difficile pour Montréal. Seulement six tirs au but, aucun dans le seul avantage numérique de la période, une punition de banc. Pendant 18 minutes, on n’aurait pas donné cher de la peau de l’équipe, mais le but de Dalton est venu donner une dose d’énergie à son équipe. Si
bien que l’équipe a éclaté avec quatre buts en troisième période, en route vers une victoire de 6 à 3.
Une première réponse en français!
Malgré une deuxième période plus difficile, Kori Cheverie considère qu’il s’agit du meilleur match de la saison de son équipe. D’ailleurs, en réponse à la première question de son point de presse, sur l’importance de bien commencer le match et de jouer 60 minutes, Cheverie a fait savoir aux journalistes qu’elle désirait répondre en français, une première pour elle. Tout n’était pas parfait, et ce n’est pas ce qui lui est demandé, mais elle s’est très bien débrouillée.
L’équipe a essuyé beaucoup de critiques lors de la nomination de Cheverie, une unilingue anglophone de la Nouvelle-Écosse. Et je ne m’en cache pas, j’en faisais partie. J’ai peut-être même douté du sérieux derrière les leçons de français qu’on disait que Cheverie prenait. Mais à force de suivre l’équipe, je me suis rendu compte que l’entraîneuse-cheffe était sérieuse dans son désir de s’améliorer et d’apprendre la langue de Béliveau. Dès le premier point de presse d’après-match à la partie d’ouverture, elle a souhaité la bienvenue aux journalistes avec quelques mots de français. Je me souviens qu’elle nous avait dit qu’elle espérait pouvoir se rendre à répondre à une question en français. Ça lui aura pris une demi-saison!
Je trouve ça important de le souligner. On vit dans une société où on tire rapidement sur la gâchette, mais dans laquelle on se rétracte rarement lorsqu’on a tort. Et je suis content de dire que j’avais tort, car en fin de compte, si l’équipe peut compter sur une entraîneuse compétente qui de plus, prend l’unicité de la situation linguistique au Québec avec sérieux, c’est aussi bon que si l’équipe avait choisi une personne bilingue.
Une semaine de congé qui va faire du bien
L’équipe sera en congé pour la prochaine semaine, alors qu’elle jouera son prochain match samedi prochain à l’Auditorium de Verdun contre Boston. L’horaire n’a pas été de tout repos ces dernières semaines, principalement pour celles qui ont participé à la Série de la rivalité et au match des étoiles. Cette semaine arrive donc à point.
« Je ne te mentirai pas, ça fait un petit bout qu’on s’ajuste, qu’on est sur la route, qu’il y a beaucoup de parties, je pense que ça va être une belle semaine pour nous, a confirmé Poulin. Prendre un peu de temps pour soi-même, prendre soin de notre corps, le mental aussi et on va avoir une belle semaine de pratique ici où on va pouvoir progresser sur notre jeu. Et on est contente de finir avec une victoire avant notre pause. »
Un bal masqué rafraîchissant!
Au bal, au bal masqué, ohé, ohé
Au bal, au bal, au bal, au bal masqué
Elle ne peut pas s'arrêter, ohé, ohé
De danser, danser, danser, danser, danser
Qui n’a jamais entendu ses paroles au rythme de la musique de la Compagnie Créole?
Certainement pas un quatuor de joueuses de l’équipe de Montréal, qui a commencé une danse après chaque victoire à domicile sous les notes de la chanson Le Bal Masqué.
Ainsi, Gabrielle David, Ann-Sophie Bettez, Mariah Keopple et Sarah Bujold se réunissent au centre de la patinoire, performent une chorégraphie qui ressemble à un set carré et terminent le tout avec un câlin collectif, sous les applaudissements de la foule et des nombreux cellulaires qui filment le tout.
À une époque où la célébration est presque mal vue et où il faut quasiment être gênée d’avoir fait un beau jeu ou d’avoir remporté la victoire, je trouve que c’est tellement rafraîchissant. Ça permet aux amateurs sur place de quitter avec le sourire et d’avoir assisté à un beau moment, ça permet d’être viral sur les réseaux sociaux, ça démontre qu’on peut aussi avoir du plaisir dans le sport professionnel, sérieusement, je trouve que ça coche toutes les cases.
On en veut d’autres!
Un premier match pour Rosalie Demers
Du côté d’Ottawa, une joueuse participait à son premier match dans la LPHF et c’est la Québécoise Rosalie Demers.
La native de Blainville, qui a joué son hockey universitaire à l’Université Colgate dans l’état de New York, était membre de l’équipe de réserve depuis le début de la saison. Toutefois, après avoir libéré Mikyla Grant-Mentis, une place s’est ouverte et Demers a signé un contrat régulier avec l’équipe.
« C’est gros honnêtement. J’ai reçu l’appel samedi passé, j’ai fait mes valises et je suis allé rejoindre l’équipe à Boston, a expliqué l’athlète de 23 ans. Je suis vraiment reconnaissante du personnel d’entraîneurs qui me donnent cette opportunité-là. J’ai pratiqué ici tout l’été, alors même si je suis de l’autre côté, c’est le fun d’entendre les amateurs être autant dedans, a -t-elle ajouté en parlant de l’Auditorium de Verdun. Ça a été un 24 heures qui a passé très vite, mais qui a été très le fun aussi! »
Demers est ainsi devenue la 14e Québécoise à jouer un match dans la LPHF.
Méli-mélo
- Lors du premier but de Montréal, un but marqué en avantage numérique, celle qui a retenu mon attention est Catherine Dubois. L’attaquante a été chercher la rondelle dans le coin, a bataillé fort pour la garder en zone adverse et c’est ce jeu qui a permis à l’équipe de reprendre le contrôle et de marquer quelques secondes plus tard. C’est exactement l’une des choses que Kori Cheverie aime de Dubois, lorsqu’elle utilise son gabarit pour aller chercher des rondelles dans le coin de la patinoire.
- Bon an mal an, c’est un troisième but en avantage numérique en autant de matchs pour Montréal, qui grimpe maintenant au troisième rang de la ligue à ce chapitre.
- C’est la première fois qu’une équipe marque six buts dans un match cette saison, ainsi que quatre buts dans une même période. Le total de neuf buts est aussi un sommet dans la ligue, ligue qui maintient une moyenne d’environ quatre buts au total par partie. Par la même occasion, les 12 joueuses de Montréal qui ont obtenu un total de 17 points dans un même match est aussi un sommet cette saison.
- Il s’agissait de la première victoire de l’équipe à Verdun cette année.
- Montréal a maintenant quatre joueuses dans les 10 meilleures pointeuses du circuit et six dans les 20 meilleures, plus que toute autre équipe. Erin Ambrose est la troisième meilleure pointeuse chez les défenseuses. De son côté, Ann-Renée Desbiens est quatrième pour la moyenne de buts alloués et le taux d’efficacité parmi les gardiennes ayant joué au moins sept parties. Toutefois, l’écart est très faible entre les quatre premières.
- Avec sa victoire et les trois points qui viennent avec, l’équipe de Montréal est maintenant seule au premier rang avec 24 points, trois points devant Minnesota qui a cependant un match en main. Minnesota joue justement ce match cet après-midi contre Boston.