Cinq raisons de sourire pour la direction du CH
Étienne Bouchard
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Le calendrier régulier est loin d’être fini et beaucoup d’eau coulera sous les ponts d’ici la fin des hostilités, mais Jeff Gorton et Kent Hughes peuvent se frotter les mains de satisfaction.
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Le Canadien a fait fi d’obstacles et de handicaps significatifs pour se tailler une place avantageuse au classement: avant la visite des Panthers de la Floride jeudi, il occupait le deuxième rang de la section Atlantique. Le Tricolore devançait entre autres les Maple Leafs de Toronto et leur as marqueur Auston Matthews, les Sénateurs d’Ottawa – que certains observateurs considéraient plus avancés dans leur processus de construction – et justement les Panthers, doubles champions en titre de la Coupe Stanley.
Si le CH maintient son rythme de croisière, le site spécialisé Hockey Reference prédit qu’il terminera à sa place actuelle avec 97 points au compteur. Ce rendement plus qu’intéressant est le résultat de quelques facteurs non négligeables. Voici cinq raisons pour lesquelles l’état-major du Bleu-Blanc-Rouge a le droit de sourire, même s’il ne s’agit pas d’une garantie de championnat au printemps.

Les nouvelles acquisitions rapportent
L’entraîneur-chef Martin St-Louis mise sur trois hockeyeurs qui ne se trouvaient pas dans l’organisation quand la première mise au jeu a été effectuée le 8 octobre: Alexandre Texier, Samuel Blais et Phillip Danault. Et jusqu’à maintenant, ces joueurs francophones ont répondu aux attentes. Texier a récolté 12 points en 29 sorties et son différentiel est de +4. Il a d’ailleurs obtenu tout un vote de confiance en étant jumelé à Nick Suzuki et Cole Caufield au sein du premier trio.
Ramené dans le giron du CH via le ballottage après un bref séjour chez les Maple Leafs de Toronto, Blais a inscrit quatre points en huit parties avec la Sainte-Flanelle et ajoute de la robustesse à la quatrième ligne pivotée par Joseph Veleno. Et Danault n’a pas perdu sa touche dans le cercle des mises au jeu. Depuis son retour à Montréal, il a remporté 63,39% de celles-ci. Le vétéran a permis entre autres à Juraj Slafkovsky de marquer le but égalisateur à Tampa le 28 décembre et à Lane Hutson de procurer un gain au CH dimanche à Dallas.
On gagne les matchs serrés
Quelques observateurs rappellent que l’équipe peine à gagner en temps réglementaire; Montréal a obtenu 15 de ses 24 victoires à l’intérieur de 60 minutes. Toutefois, cela signifie que le club a les nerfs assez solides pour se distinguer quand la situation est corsée. La fiche du CH dans les duels décidés par un écart d’un but, soit 12-4-6, l’illustre bien. En prolongation, il a savouré sept triomphes et subi deux défaites. À vrai dire, c’est surtout lorsque la marge s’agrandit que ça se complique: le Canadien présente un dossier de 9-8-0 dans les parties s’étant soldées par trois filets ou plus.

On obtient du succès malgré la plus jeune équipe de la ligue
Devons-nous rappeler que le CH a amorcé la saison avec l’effectif ayant la plus faible moyenne d’âge de la ligue? En date du 19 octobre, elle était de 25,7 ans, selon le site The Athletic. Or, cela n’empêche pas les Ivan Demidov, Oliver Kapanen, Slafkovsky, Hutson et Jacob Fowler de briller. Comme l’an dernier, les jeunes de l’organisation gagnent de l’expérience précieuse, tout en contribuant aux succès du groupe.
L’âge ne représente pas un gage de réussite dans la LNH. Il suffit d’en parler aux Jets de Winnipeg. Dans le premier mois de 2025-2026, ils employaient un effectif de 30,7 ans, soit la moyenne la plus élevée; celle du circuit est de 28,4 ans. Actuellement, les gagnants du trophée des Présidents en 2024-2025 occupent la cave du classement général.

On obtient du succès malgré les blessures
Le refrain est déjà usé à la corde, mais il est très différent de celui des trois années successives sans éliminatoires à Montréal (2022 à 2024). La profondeur accrue du CH lui permet de garder la tête hors de l’eau. Kaiden Guhle, Kirby Dach, Alex Newhook et Patrik Laine ont tous manqué un nombre important de matchs. Josh Anderson et Jake Evans sont aussi à l’infirmerie. Mais leurs remplaçants ont accompli le boulot.
De plus, une dizaine de joueurs ont participé à tous les duels du CH. Suzuki, Caufield, Hutson, Demidov et Slafkovsky sont du lot.

L’attaque va bien
La renaissance du Canadien sur la patinoire a pu s’orchestrer particulièrement par une production plus soutenue en attaque. Il est en sixième place de la LNH avec 3,33 buts inscrits par joute, tandis que son jeu de puissance, à 23,4%, est le huitième plus fructueux. Ces statistiques témoignent de la croissance du groupe dirigé par Martin St-Louis et contrastent avec le passé.
En 2021-2022, Montréal a fait scintiller la lumière rouge 2,66 fois par soir et son avantage numérique (au 31e rang à 13,7%) a souffert d’anémie toute l’année. Un an plus tard, ce fut à peine mieux (avantage numérique à 16,1% et 2,77 buts comptés), tandis qu’en 2023-2024, il a encore fini dans le dernier tiers de la LNH dans ces deux colonnes (17,5% sur l’attaque massive et 2,83 buts marqués).
Une amélioration a été constatée en 2024-2025, puisque le CH a tiré avantage de 20,1% de ses opportunités en supériorité numérique et s’est approché de la barre des trois filets inscrits par match.