Cinq choses à surveiller au camp de la Victoire de Montréal

Patric Laprade
Partager
Le 14 mai dernier, Montréal était éliminée par Boston dans la première ronde des séries de la LPHF. Six mois plus tard, l’équipe dirigée par Kori Cheverie reprend le collier pour une deuxième saison, alors que le camp d’entraînement se met en branle cette semaine.
Voici les cinq points à surveiller lors du camp de la Victoire de Montréal.
1) L’état de santé des troupes
L’an dernier, les blessures ont fait mal. La fin de saison abrupte de l’équipe aurait pu être différente si tout le monde avait été en santé. Et en marge du camp d’entraînement, certaines questions demeurent.
La joueuse de défense et premier choix de l’équipe au dernier repêchage, Cayla Barnes, est entrée en collision avec, ironiquement, Marie-Philip Poulin lors du premier match de la Série de la rivalité, la semaine dernière. L’Américaine a lourdement chuté, son patin droit frappant de plein fouet la bande, si bien qu’elle n’a pu mettre de poids sur son pied en sortant de la glace et n’a pas joué les deux matchs suivants.
Lors du deuxième match de cette série, Poulin a été poussée de dos contre la rampe par Hayley Scamurra et est demeurée sur la patinoire pendant de nombreuses minutes. Bien qu’elle soit revenue dans le match et qu’elle ait aussi participé au troisième match de son équipe, il est à se demander si elle arrive au camp d’entraînement à 100%, elle qui a manqué quelques matchs la saison dernière.
Et qu’en est-il de Dominika Laskova et de Kennedy Marchment, qui n’ont combiné que 16 matchs la saison dernière? Le camp répondra à plusieurs de ces questions.
2) La filière suédoise
Après un an d’attente, Lina Ljungblom s’amène à Montréal avec un contrat de trois ans en poche et plusieurs étoiles à son dossier.
Forte de ses 46 points en 36 matchs avec MoDo dans la SDHL, en Suède, la saison dernière, la Suédoise de 23 ans a été nommée attaquante de l’année et joueuse la plus utile, en plus d’être nommée joueuse de l’année dans son pays natal. Elle aura un impact dès son arrivée avec l’équipe.
Au plus récent repêchage, Danièle Sauvageau a jeté son dévolu sur Anna Kjellbin, une défenseuse de 30 ans. La vétérane a pris part aux Jeux olympiques une fois, a participé à cinq championnats mondiaux, dont les plus récents à titre de capitaine de l’équipe de Suède, et a remporté le championnat de la SDHL lors des trois dernières saisons. Elle arrive en ville sans contrat, mais elle est une joueuse de défense d’expérience qui répondrait à un grand besoin du côté de Montréal.
3) Le nombre de Québécoises
L’an dernier, Montréal a vu 11 Québécoises être mises sous contrat sous une forme ou une autre, alors que neuf ont joué au moins un match.
Ce sera très différent cette année, alors que plusieurs ont décidé de se retirer. Au camp, outre Poulin et Desbiens, les deux seules Québécoises assurées d’un poste, cinq autres représentantes du Québec tenteront de faire leur place: les attaquantes Catherine Dubois, Gabrielle David et Alexandra Labelle, les joueuses de défense Catherine Daoust et Kelly-Ann Nadeau ainsi que la gardienne Tricia Deguire.
Du lot, seule Dubois a un contrat en poche, d’une seule saison et par conséquent, non garanti. Toutefois, ne serait-ce que d’un point de vue marketing, l’équipe devra avoir plus de trois Québécoises sous contrat.
4) Les postes permanents se feront rares
Avec 11 attaquantes, 6 joueuses de défense et 2 gardiennes de but sous contrat, les postes permanents seront rarissimes chez la Victoire.
Rappelons que l’équipe doit mettre sous contrat 23 joueuses, dont trois gardiennes, à des contrats réguliers, ainsi que trois réservistes. C’est donc dire que sur les 31 joueuses invitées au camp, trois devront se contenter d’un salaire de 15 000$ en devises américaines, alors que cinq retourneront chez elles bredouilles ou tenteront leur chance avec une autre formation.
5) Qui se démarquera?
À la ligne bleue, il serait surprenant que le septième poste ne soit pas attribué à Anna Kjellbin, qui ne traverse certainement pas l’Atlantique pour se contenter d’un contrat de réserviste. La recrue Kelly-Ann Nadeau sera aussi à surveiller.
Devant le filet, l’Allemande Sandra Abstreiter a l’avantage d’avoir joué trois matchs dans la LPHF la saison dernière, en plus d’avoir de l’expérience internationale. Toutefois, Tricia Deguire arrive au camp avec un très fort désir de rebondir après une année complète sans jouer.
À l’attaque, Clair DeGeorge et Alexandra Labelle sont les favorites. DeGeorge a joué 23 matchs l’an dernier au Minnesota, en plus d’avoir passé une saison universitaire avec Jennifer Gardiner et tout son secondaire avec Maureen Murphy. De son côté, Alexandra Labelle a joué à New York la saison dernière et a passé huit saisons, universitaires ou professionnelles, avec Catherine Dubois. Les deux se complètent très bien.
Ce sera donc plus difficile pour Gabrielle David et Sarah Bujold, qui ont passé la dernière saison avec la Victoire.