Chirurgies bariatriques: de longues négociations avec le privé
TVA Nouvelles
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Des tracasseries administratives, qui ont duré plus de quatre mois, n'ont fait qu'augmenter la liste d'attente des chirurgies bariatriques à Québec.
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Alors que le gouvernement se vante d'avoir des ententes avec des cliniques privées, la machine gouvernementale a mis du sable dans l'engrenage.
«Actuellement, on a 39% des chirurgies qui sont reportées, mais grâce au privé, on a réussi à baisser ça à 27%», déclarait François Legault.
Certes, 21 500 chirurgies de toutes sortes ont été réalisées, grâce à 22 ententes avec les cliniques privées.
La pandémie aura cependant un impact majeur sur les chirurgies bariatriques à Québec.
«Plus de 350 patients, opérations ont été annulés», note le Dr Simon Marceau, chef du département de chirurgie, IUCPQ.
Les chirurgiens demandent à leurs centres hospitaliers d'entreprendre des discussions avec la clinique privée Opéra, afin d'imiter ce qui se fait à Montréal avec la clinique Rockland. Les discussions ont débuté l'automne dernier.
«On espérait être effectifs peut-être en septembre, octobre, initialement. On a eu différentes embûches. On est rendus à la mi-février et ce n’est toujours pas signé», déplore le Dr Marceau.
Pour des considérations fiscales et financières, les attentes n’aboutissent pas.
Toujours plus de délais
Plusieurs patients sont en attente d’une rencontre avec un chirurgien bariatrique de Québec. Le délai pour une première consultation est passé de deux ans et demi à trois ans.
«Si un patient doit se piquer un an de plus qu'il devrait pour l'insuline, ses organes s’usent à vitesse grande V, deux fois plus vite, pendant cette année-là. Est-ce que c'est deux ou trois années de sa vie qu'on est en train de lui faire perdre? Je vous laisse faire le calcul, mais c'est très cher payé pour ces gens-là», ajoute Dr Marceau.
Les chirurgiens jugent qu’ils seraient capables d’opérer probablement six à huit patients par semaine supplémentaires.
Mis au fait de la situation lundi dernier, le cabinet du ministre de la Santé est intervenu pour que la clinique privée ouvre ses portes.
La clinique privée Opéra, qui a déjà des attentes avec le gouvernement pour réaliser d'autres chirurgies, ouvrira maintenant ses quatre salles d'opération pour le bariatrique.
«On aurait pu sauver du délestage, si on avait fait plus rapidement. Est-ce qu'il y a des gens dans la machine qui étaient dogmatiques et qui ne voulaient pas que ça arrive? Peut-être», indique le ministre de la Santé Christian Dubé.
«Malheureusement, je ne suis pas surpris. Ça démontre qu'il y a encore du gras à aller chercher au privé», juge pour sa part le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.
Les portes du bloc opératoire de cette clinique privée devraient s'ouvrir à la mi-mars, pour permettre les opérations bariatriques.
- D'après un reportage d'Alain Laforest