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«Chaque partie veut la fin de l’autre»: trêves fragiles et négociations bloquées au Moyen-Orient

Photo portrait de Mina Collin

Mina Collin

2026-05-17T13:43:06Z

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Entre frappes au Liban et pourparlers avec l’Iran, les efforts diplomatiques se heurtent à une réalité de terrain marquée par la méfiance et la poursuite des hostilités entre les différentes parties.

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De nouvelles frappes israéliennes ont visé dimanche l’est et le sud du Liban, malgré l’annonce faite vendredi par les États-Unis de la prolongation d’une trêve entrée en vigueur le 17 avril, à l’issue d’une deuxième journée de pourparlers entre Israël et le Liban à Washington.

AFP
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Selon le chercheur spécialiste du monde arabe Sébastien Boussois, le vocabulaire utilisé pour décrire les conflits mérite d’être revu, puisque la notion de trêve ne semble pas avoir la même portée en temps de guerre.

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« Que ça concerne la guerre, que ça concerne la paix, que ça concerne le cessez-le-feu, que ça concerne aussi la trêve. On a eu la même démonstration à Gaza quand Israël a continué à mener des opérations ciblées contre certains éléments du Hamas [malgré un cessez-le-feu]. On a la même chose au Liban », a-t-il fait valoir.

Celui qui est également directeur de l’Institut Géopolitique Européen (IGE) souligne que la notion même de trêve n’est pas perçue de la même manière au Liban et en Israël. Selon lui, ce type de pause dans les hostilités constitue surtout un répit pour les forces armées, mais aussi une occasion de reconstituer les arsenaux et les stocks.

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« Et ça, c’est un véritable problème, évidemment, pour Israël parce qu’il sait très bien que derrière ce mot de trêve, il n’y a pas véritablement de statu quo et que les objectifs des uns et des autres sont toujours d’en finir avec les uns et avec les autres », a-t-il ajouté.

Relance des négociations

Aucun accord de paix n’avait encore été conclu dimanche entre l’Iran et les États-Unis. Washington affirme n’avoir accordé « aucune concession concrète » dans sa réponse aux propositions iraniennes, notamment sur le dossier nucléaire, principal point de divergence entre les deux pays. Un ministre pakistanais se trouve d’ailleurs à Téhéran afin de faciliter les pourparlers entre les deux pays en guerre.

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Selon Sébastien Boussois, aucune des deux parties n’a intérêt à céder aux demandes de l’autre : Donald Trump chercherait à préserver sa survie politique, son électorat étant opposé à la guerre, alors que les élections de mi-mandat approchent, tandis que l’Iran aurait démontré ces derniers mois sa capacité de résistance et de riposte.

Sébastien Boussois
Sébastien Boussois Capture d'écran | LCN

« Ils ne sont pas prêts à céder pour rien leur place et encore moins à capituler. Donc chaque partie a davantage de confiance. [...] Quand vous demandez au régime iranien de rogner sur son programme nucléaire, pourquoi est-ce qu’il le ferait à partir du moment où quelque part dans le rapport de force, Donald Trump est plus ou moins en situation de faiblesse actuellement. Et chaque partie veut la fin de l’autre », a-t-il souligné.

Le même schéma s’appliquerait aux relations entre l’Iran et Israël, selon l’expert, notamment dans des discussions portant sur des enjeux centraux, mais entravées par le fait que chaque camp chercherait ultimement la disparition de l’autre.

« Donc, comment vous voulez discuter et négocier pour faire avancer les éléments ? C’est évidemment extrêmement compliqué », a-t-il résumé.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.

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