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Chantal Lamarre et Michel Laperrière, ont le désir de créer un projet ensemble

Sabin Desmeules

2026-03-09T10:00:00Z

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Alors qu’elle présente son premier one woman show, Chantal Lamarre n’a pas envie d’être comparée aux autres humoristes. Et elle ne veut pas non plus qu’on lui dise qu’elle n’a plus sa place parce qu’elle est trop vieille...

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Ne vous attendez pas à du stand-up comique dans la plus pure tradition si vous allez voir le tout premier one woman show de Chantal Lamarre. Steppettes et cornemuse est un ovni dans l’univers des spectacles solos comiques. « Quand on me dit que je suis courageuse de me lancer dans une tournée avec un premier show d’humour, en ce moment, alors qu’il y a plein d’humoristes qui en proposent, je réponds que je ne me sens pas du tout en compétition avec eux ! »

Alors que certains souligneraient 40 ans de carrière avec un gros party, elle le fait en se mettant en danger avec ce spectacle. « J’avais une envie, un appétit pour de la fébrilité. À un moment donné, tu fais : “ Hé, moi, ma vie, ça va quand même bien ! ” Je suis quelqu’un qui a beaucoup généré ses affaires, dans la vie. Ce métier-là, je me le suis gossé moi-même. Mais on m’a souvent offert des choses dans le même registre, admet-elle. Il y a eu un vrai déclic qui s’est fait en moi quand j’ai recommencé à faire du théâtre, juste un peu avant la pandémie. J’ai joué dans Les nonnes, un spectacle qui était dans un registre feel good, dynamique, enjoué... quelque chose de joyeux. Un spectacle dont les gens sortent contents d’avoir fait autre chose que de regarder les écrans et l’état du monde. C’est là que je me suis dit : “ Je veux, si je peux, recréer cet état le plus souvent possible ! ” Et ma seule façon d’y arriver était d’inventer mon propre spectacle et de faire en sorte qu’il voyage bien. L’idée derrière ça était que, avant l’époque où on avait des écrans, même avant la télévision, on devait sortir pour se divertir. À une époque où la vie était difficile, il n’y a rien qui faisait plus de bien aux gens que de se ramasser en groupe dans une salle et de rire tout le monde ensemble ! C’est un état qui nous protège de beaucoup de choses. Ça a des bienfaits, ça crée des endorphines naturelles ! »

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Elle met son âge de l’avant

Si de nombreuses femmes préfèrent cacher leur âge, la comédienne et animatrice de 63 ans met le sien de l’avant. Pour elle, c’est important de le nommer pour mettre de l’avant une réalité : l’âgisme. « J’en ai subi un peu, de l’âgisme, déplore-t-elle. On te dit qu’il faut carburer à la nouveauté, qu’à un moment donné, on t’a un petit peu vue... Ça, je n’en souffre pas tellement. Mais, des fois, entendre le sempiternel « Il faut rajeunir la clientèle ! » et lire des commentaires qui disent « Coudonc, elle n’a pas le goût de prendre sa retraite ? », ça touche un nerf sensible. Alors, c’est le fun de rappeler que j’ai peut-être 63 ans, mais que je peux avoir un cœur très adolescent, une vitalité, un regard... Excusez-moi, mais on ne se sent pas vieux quand on est alerte et qu’on aime encore la vie. On est vieux quand on est dépassé. »

Des craintes pour les jeunes

Son spectacle s’adresse à toutes les générations, même aux jeunes. « Il y a des jeunes qui sont curieux. Et moi, j’ai toujours eu la curiosité envers ceux qui étaient passés avant moi. » Elle les adore et se réjouit de leur présence dans les salles. Et en tant que maman d’Agathe, 23 ans, et de Timothée, 20 ans, elle les côtoie. A-t-elle des craintes pour eux ? « Ils ne peuvent pas avoir les mêmes aspirations ou la même insouciance que nous autres, on avait. Le monde est laid ! On est dans une ère où on essaie de nous faire gober plein d’affaires et ça marche, il y a un recul ! Il y a plus de jeunes homophobes parce qu’ils sont soumis à toutes sortes d’idées qui leur passent devant les yeux... Il y a plus de jeunes qui sont soumis à des idées sexistes, misogynes... Trump salue le retour de la jeunesse vers les églises, c’est de l’endoctrinement ! Il faut que les jeunes voient le deuxième degré, gardent leur sens critique, le droit de rêver et d’avoir des aspirations, comme nous on avait ! Là, ils ont plein d’injonctions : la difficulté de se trouver un logement, le coût de la vie... Je n’avais pas imaginé ça, moi, en faisant des enfants. »

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Sa fille, qui est à Paris où elle travaille comme sommelière, n’a pas vu son spectacle. Mais fiston, qui étudie en littérature et qui s’intéresse à la scène culturelle, l’a vu deux fois. « Il a amené ses amis. J’aurais accepté qu’il me dise : “ Ma mère est un peu gênante ! ”... mais pas du tout ! Il la trouve drôle et badass, sa mère ! Je pense que je suis un modèle positif pour lui. Et pour ma fille aussi. Ils trouvent que j’ai de l’abandon. »

Un projet de couple

Cela fait maintenant 26 ans qu’elle forme un couple avec le comédien Michel Laperrière. L’un et l’autre s’appuient dans leur carrière respective. « Il est venu me voir en show et il m’a donné des conseils. » Et ils ont peut-être le désir de créer un spectacle ensemble. « Des fois, il me dit : “ Quand ça va être fini, j’en ferais bien un avec toi ! ” »

Chantal Lamarre sera de passage les 11 et 12 mars au Théâtre Outremont, à Montréal, avec son spectacle Steppettes et cornemuse. Puis elle se promènera en tournée un peu partout au Québec (chantallamarre.com).

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