Trois semaines après avoir levé les patins de l’aréna olympique à Milan, l’équipe nationale de patinage de vitesse sur courte piste est de retour à l’action cette semaine à Montréal pour le Championnat du monde. Si l’évènement disputé à guichets fermés est un dernier tour de piste pour Kim Boutin, une revanche des Jeux pour Félix Roussel et William Dandjinou, il est aussi une nouvelle montagne à gravir pour Steven Dubois et toute la formation qui défend son globe de cristal.
L’aventure italienne a laissé des marques et vidé les réservoirs d’énergie. En performant toutefois devant leurs partisans à l’aréna Maurice-Richard situé au pied du Stade olympique, les patineurs se serviront de leur appui et de leurs encouragements en s’avançant sur la ligne de départ à chacune des épreuves.

« Le retour des Jeux est vraiment difficile, parce qu’en plus du pic émotionnel, on a le pic physique. Dans la semaine après les Jeux, tout crashe, a imagé le médaillé d’or sur 500 mètres, Steven Dubois, et champion du monde en titre sur la distance. C’est comme une montagne. Plus la montagne est haute, plus tu en descends vite après avoir atteint le sommet. Ça fesse. »

Comme plusieurs de ses coéquipiers l’ont mentionné en point de presse, mardi avant-midi, l’athlète de 5 pi 6 po entamera les compétitions en mode de survie afin de passer les qualifications. Il estime ses réserves d’énergie à 70 %. Au fil des prochains jours, il reprendra ses aises sur la patinoire. La brume mentale causée par la fatigue se dissipera, l’agilité reviendra et sa batterie tapera les 100 % d’efficacité.
Appui de la foule
Simplement à l’idée de penser au massif appui de la foule qu’avait reçu Charles Hamelin lors du Championnat mondial 2018 d’où il était rentré des Olympiques de Pyeongchang, Dubois trépigne d’impatience de vivre un moment semblable ce week-end.
Dandjinou, passionné de patinage sur courte piste voulant toujours rendre son sport plus populaire, ne pouvait demander mieux que des gradins remplis de 4500 spectateurs tous les jours.
Celui qui visait cinq médailles à Milan dans sa saison axée sur les Jeux olympiques veut venger certaines performances italiennes. Il a participé à toutes les finales en rentrant au bercail avec la médaille de bronze du relais mixte.
« Il y a certainement une partie de revanche dans ce que je vais faire ici, mais je suis déjà champion du monde, a rappelé le tenant du titre sur 1500 mètres l’an dernier en Chine.

« Ce Championnat est très près des Jeux. Je suis très content d’avoir gardé ma forme physique olympique. On peut s’attendre à voir une équipe canadienne très en forme même si on est fatigué. Il y a une différence entre les deux. Avoir l’appui de la foule pour nous motiver, ce sera incroyable. »
Aucun drapeau blanc
Peu importe son niveau d’énergie, Courtney Sarault compte tout donner sur la glace afin de cocher un autre rêve de sa « bucket list » où se trouve un titre de championne du monde. L’an dernier, elle était grimpée sur la deuxième marche du podium à deux reprises.

« Je vais me battre, peu importe ma forme physique », a lâché la gagnante de quatre médailles olympiques, l’une des reines canadiennes des Jeux à Milan.
Sans objectif collectif
Si la direction de l’équipe nationale avait déclaré viser un ambitieux objectif de sept médailles à Milan, elle n’a toutefois pas encerclé de chiffre magique à ce championnat mondial.
Le directeur de la haute performance, Marc Schryburt, a préféré parler d’objectifs personnels.
« En les réunissant tous, on devrait s’attendre à compter entre 5 et 10 podiums », a-t-il fait savoir.

L’an dernier, son équipe avait raflé cinq médailles d’or et compté neuf podiums, en plus de gagner le globe de cristal collectif.
Schryburt n’est pas inquiet des réserves d’énergie de sa troupe, puisqu’il la constate à chaque fin de cycle olympique. Déjà, à l’entrainement, il a observé de bons chronos.
« La fatigue est davantage mentale. À l’approche de la compétition, ils commencent à mettre l’interrupteur en marche. Ils sont fiers et ils veulent conserver leur globe. L’aréna sera rempli pour notre sport. Ils vont bien performer. »

