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CH: Scotty Bowman ne ferme pas la porte

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

Louis-André Larivière

2022-07-14T11:47:10Z

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Après avoir œuvré pendant 14 ans comme consultant dans l’organisation des Blackhawks de Chicago, Scotty Bowman a décidé de tourner la page. L’homme de 88 ans a fait cette annonce par le biais de son compte Twitter en ajoutant qu’il souhaite demeurer dans le milieu du hockey.

Joint par le TVASports.ca peu après ce gazouillis viral partagé plus de 700 fois et aimé par plus de 6500 internautes, mardi après-midi, le Verdunois était d’une humeur guillerette.

«Je suis comme tous les autres! Je suis joueur autonome!», a-t-il déclaré depuis la région de Buffalo.

La décision de quitter les Blackhawks a été prise au milieu du mois de juin, puisqu’il disait «ne pas faire grand-chose». Ajoutez à cela le tumulte dans lequel l’organisation a nagé au cours de la dernière année et il est évident que Bowman avait besoin d’un nouveau défi.

«C’était le moment de partir, informe-t-il. J’ai eu la chance de travailler avec mon fils (Stan), une expérience que j’ai aimée. Il est tombé malade, mais il est rétabli maintenant. Ce fut une année difficile, mais elle est terminée. Je regarde en avant.»

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Un intérêt pour le CH?

Bowman a remporté neuf coupes Stanley comme entraîneur-chef, dont cinq avec les Canadiens de Montréal. Son nom a été gravé cinq autres fois sur le prestigieux trophée alors qu’il travaillait dans l’administration des Penguins de Pittsburgh, des Red Wings de Detroit, et, plus récemment, des Blackhawks.

C’est donc dire que l’une des plus grandes têtes de hockey de l’ère moderne est prête à écouter les 31 autres équipes du circuit au moment où le Club de hockey Canadien est au cœur d’une reconstruction, tant au niveau de la glace qu’au septième étage.

Pourrait-il être tenté par un poste de consultant avec la Sainte-Flanelle?

«Je ne ferme pas la porte, mais je ne l’ouvre pas non plus, a-t-il fait savoir en tergiversant quelque peu. J’ai beaucoup de beaux souvenirs et je n’ai aucun regret là-bas. Je leur souhaite le meilleur.

«Je crois qu’il y aura des ondes positives autour de ce club. Il n’est pas si loin du but.»

Ces paroles-là, Bowman les prononce avec aisance, sans retenue. Dès le début de l’entretien téléphonique, il a lui-même tenu à faire l’éloge du travail de la nouvelle administration au repêchage amateur, la semaine dernière.

«J’ai trouvé qu’ils ont obtenu de bons joueurs. J’aime ce qu’ils ont fait. Kent Hughes et Jeff Gorton font du bon boulot», de souligner celui qui dit toujours avoir un attachement envers la métropole québécoise.

«Les deux équipes que j’ai le plus suivies, c’est Montréal et Detroit. J’ai commencé avec le club-école du Canadien après avoir été recruteur à Peterborough et à mon arrivée derrière le banc (en 1971), on a gagné la coupe à ma deuxième saison.»

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Le plaisir de regarder le hockey

Bowman passe la saison de hockey à Sarasota, en Floride, et épiait tout récemment presque la totalité des matchs du Lightning de Tampa Bay dans le cadre de son mandat avec les «Hawks». Il jure n’avoir raté que six matchs.

«Ils m’ont assigné un bon siège sur la galerie de presse. Je me plais à regarder les parties et parler avec les éclaireurs. Certains sont de passage pour un ou deux matchs. Plusieurs sont d’anciens joueurs, comme Adam Creighton, des Bruins de Boston. C’est moi qui l’ai repêché (en 1983) avec les Sabres de Buffalo!»

Bien entendu, Bowman possède toujours d’excellents contacts dans le monde du hockey et il demeure à l’affut malgré l’évolution du sport depuis l’époque où il entretenait une relation amour-haine avec ses joueurs, d’abord pendant la dynastie montréalaise des années 1970.

Steve Shutt, qui a joué sous les ordres de Bowman de 1972 à 1979, a déjà ironisé qu’il était le type d'entraîneur qu'un joueur déteste 364 jours par année, jusqu’à ce qu’il glisse sa bague de championnat au 365e jour.

«Le sport a tellement changé. Il y a des choses que j’ai faites qui étaient bien. D’autres, moins bien.»

Autres temps, autres mœurs.

Certains voient donc le charismatique stratège comme faisant partie de «l’ancienne école» pendant que la pédagogie et la psychologie des joueurs constituent des enjeux cruciaux pour un entraîneur dans la modernité. Le côté analytique a aussi pris de l’ampleur et influence plus que jamais les décideurs.

Il reste que Bowman ne cherche pas à revenir derrière un banc : «récemment, j’ai consacré la plupart de mon temps à aider les entraîneurs et discuter du rôle d’instructeur», précise-t-il.

Pour ce qui est de son prochain défi, Bowman ne veut rien précipiter. Il sait trop bien que chaque club doit traverser un cycle, tôt ou tard.

«Je viens tout juste de quitter (les Blackhawks). Je ne leur ai pas dit que je voulais aboutir ailleurs. J’aimais ce que je faisais et je pars de l’organisation dans le même état qu’elle l’était à mon arrivée.

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