La renaissance du gardien Emmett Croteau, l’espoir oublié du CH


Nicolas Cloutier
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Athlétique, intuitif, imposant. Emmett Croteau était tombé dans l’œil du Canadien au repêchage de 2022. Puisqu’il s’est rapidement retrouvé dans l’ombre des Dobes et Fowler, on oublie qu’il a été le premier gardien sélectionné par les tandems Hughes-Gorton et Lapointe-Bobrov.
Après une première saison minée par les blessures en 2023-2024 à l’Université Clarkson, sa carrière n’allait nulle part.
Mais Croteau est, peut-être bien, de retour. On revoit à Dartmouth College, université à laquelle il a été transféré en 2024, le potentiel de ce grand bonhomme agile comme un chat.
Avec une fiche de 10-3-1, une moyenne de buts accordés de 1,71 et un taux d’efficacité de ,929, Croteau est en considération pour le prix Mike Richter, remis au gardien par excellence de la NCAA cette saison.
«J’ai eu droit à un premier été complet d’entraînement depuis un bail, a expliqué le principal intéressé à TVA Sports. J’ai pu progresser à l’extérieur de la glace, et Dartmouth a mis à ma disposition tous les outils. Nutrition, sommeil, entraînement, j’ai amené toutes les habitudes à un autre niveau.»
«“Em” est devenu beaucoup plus assidu dans son approche, a vanté l’entraîneur des gardiens de Dartmouth, Jason Tapp. Il n’avait pas pu s’entraîner à fond les deux derniers étés. Il a transformé son corps.»
Une coach spéciale
Croteau a dû gagner en maturité physique, mais aussi en maturité tout court. Il déteste un peu trop perdre, ce qui explique ses 12 minutes de punition en seulement 28 matchs dans l’USHL en 2022-2023 et ses neuf minutes en 18 rencontres dans la NCAA la saison dernière. Des chiffres anormaux pour un gardien.
«Il est ultracompétitif et c’est une fine ligne, a concédé Tapp. Ça brûle à l’intérieur de lui.»
Il canalise mieux ses émotions, entre autres grâce à un suivi régulier avec Jen Wheaton, une experte de la méditation yogi qui a déjà travaillé avec Carey Price. Cela semble très ésotérique, mais Croteau n’est pas exactement un individu qui entre dans le moule: il parle souvent de la technique des gardiens comme d’un «chef-d’œuvre» à peindre.
«J’ai moi-même de la misère à vous expliquer exactement ce qu’elle fait pour moi, a avoué le jeune adulte. Je lui parle beaucoup, sur une base mensuelle. Il y a un côté de moi sur la patinoire, un autre à l’extérieur. Mais il y a aussi un équilibre qui connecte les deux. Je dois être dans le moment et avoir du plaisir.»
C’est peut-être un peu grâce à elle, qui sait, qu’il a arrêté sept tireurs de suite sans broncher un soir de janvier, en tirs de barrage, contre Clarkson.
«Honnêtement, j’avais un sourire sur ma face et j’étais complètement dans le moment, je m’éclatais, a-t-il raconté tout bonnement. Je faisais juste parler à mes amis au banc à l’entracte.»
En hausse
Nous avons invité une source de l’USHL, qui avait une opinion mitigée de Croteau à l’époque, à visionner ses plus récentes rencontres.
«Croteau s’est vraiment amélioré, a noté notre espion. Il a une bonne compréhension du jeu. Il a une posture un brin trop large et des mouvements superflus, mais je l’aime bien.»
«Quand je le suivais à Waterloo dans la USHL, je le trouvais vraiment agile et intelligent. Mais il avait besoin de structure. Il fallait lui donner des fondations. Son jeu de pieds était un peu chancelant», s’est rappelé Tapp, entraîneur des gardiens à Dartmouth.
Notre intervenant anonyme estime que Croteau pourrait devenir un solide gardien de la Ligue américaine dans le pire des cas et, dans le meilleur des scénarios, un bon auxiliaire dans la LNH.
«Une plus petite mouture de Dennis Hildeby ou un David Rittich», a-t-il ajouté.
Pour un choix de sixième tour, 162e au total, ce ne serait pas vilain du tout. Croteau sent d’ailleurs toujours un intérêt du Canadien, qui doit le mettre sous contrat d’ici le 15 août 2027.
«Vincent Riendeau et Marco Marciano continuent de prendre de mes nouvelles, a confié le principal intéressé. Le canal de communication est toujours ouvert. Vinny et Marco m’ont soutenu à travers tout.»